Pierre-Antoine Gailly (CCI Paris-Île-de-France) : "Qu'on nous laisse la possibilité de trouver de nouveaux modes de financement !"

Jean-Claude Lewandowski
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Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI Paris-Ile-de-France © F.Daburon-CCIP
Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI Paris-Ile-de-France © F.Daburon-CCIP

Pourquoi ce projet de nouveau statut d'école d'enseignement supérieur consulaire (EESC) ?

Nous sommes partis d'un constat : les écoles consulaires, si elles veulent jouer en première division internationale, doivent trouver de nouveaux modes de financement.

Or, aucun des statuts actuels ne permet vraiment de faire entrer des investisseurs. Les écoles qui fonctionnent comme "purs services" d'une CCI ne peuvent pas détenir d'actifs en propre ; résultat, elles ont du mal à lever des fonds – par exemple en utilisant l'effet de levier. Dans le cas d'une association, si l'on apporte un patrimoine, il est quasiment impossible de le récupérer en cas de liquidation ! D'où l'idée de proposer ce nouveau statut.

Qu'apporte au juste ce statut d'EESC ?

Il s'agit d'une société par actions, avec des règles qui garantissent que l'école, dans tous les cas de figure, restera aux mains de la CCI. L'EESC offre une très grande souplesse, en particulier pour la structure du capital. On peut lui apporter le patrimoine immobilier, ou seulement son usufruit, ou encore la marque...

Les EESC peuvent aussi créer une filiale à but lucratif, notamment pour leur executive education. Bref, c'est un statut susceptible de répondre à des besoins variés.

Que deviendraient les personnels des écoles ?

Les nouvelles recrues seraient embauchées par l'EESC. Les personnels plus anciens auraient entre dix et quinze ans pour choisir entre statut consulaire et EESC.

Quels seraient les établissements concernés ?

Les écoles de gestion, bien sûr, mais aussi d'autres écoles, comme l'ESIEE ou les Gobelins, pour ce qui concerne la CCI Paris-Île-de-France. Ce n'est pas un statut conçu sur mesure pour HEC, comme certains ont pu le dire. Le statut d'EESC pourrait même intéresser des universités, par exemple pour tel ou tel laboratoire de recherche ou pour leur département de formation continue...

Ce n'est pas un statut conçu sur mesure pour HEC

Qu'est-ce qui, selon vous, a fait que le projet n'a pas abouti ?

Certains ont sans doute estimé que c'était faire un cadeau aux établissements privés... En réalité, le projet n'a pas été officiellement écarté. Simplement, il ne figurait pas dans la loi ESR.

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Nous étudions la possibilité de relancer le dossier. Je suis convaincu qu'il s'agit d'un projet de qualité. Ce statut donnerait une plus grande marge de manœuvre à nos établissements, à un moment où ceux-ci doivent accomplir une mue.

L'enseignement supérieur de gestion est l'un des atouts dont dispose notre pays, ne le gâchons pas. J'ajoute que cela ne coûterait pas un centime à l'État ! Qu'on nous laisse au moins la possibilité de trouver de l'argent à l'extérieur...


Jean-Claude Lewandowski | Publié le