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Purge dans l'enseignement en Turquie : que font les universitaires français ?

Aurore Abdoul-Maninroudine
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Plus de 1.500 doyens ont été démisionnés en Turquie mercredi 19 juillet 2016. Une purge qui ne laisse pas les universitaires français indifférents.
Plus de 1.500 doyens ont été démisionnés en Turquie mercredi 19 juillet 2016. Une purge qui ne laisse pas les universitaires français indifférents. // ©  Cihan/XINHUA-REA
La démission contrainte de plus de 1.500 doyens en Turquie, mercredi 19 juillet 2016, a provoqué des réactions de soutien de la communauté universitaire française et européenne... sur les réseaux sociaux.

Cinq jours après la tentative de putsch en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a étendu sa purge à l'enseignement supérieur. Selon des informations de l'AFP, le ministère de l'Éducation turc a annoncé mardi 19 juillet que "15.200 fonctionnaires [...] ont été suspendus".

Le Conseil de l'enseignement supérieur a également ordonné, mardi 19 juillet 2016, la démission des 1.577 doyens d'universités publiques comme privées, indique Anadolu, l'agence de presse progouvernementale turque.

Ce Conseil va plus loin, mercredi 20 juillet, interdisant "jusqu'à nouvel ordre toutes les missions à l'étranger pour les universitaires", et demandant que la situation des universitaires se trouvant actuellement en mission à l'étranger soit examinée "d'urgence" et qu'ils soient rappelés en Turquie dans les plus brefs délais.

des réactions politiques

Dans ce contexte extrêmement tendu, la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, a réagi, mercredi matin, se disant "préoccupée par les révocations arbitraires dans les universités". Son secrétaire d'État, Thierry Mandon, a rappelé de son côté que "l'indépendance des universitaires est un principe essentiel de la démocratie".

La  CPU et l'EUA dénoncent une atteinte à la démocratie

Les communiqués des organisations représentatives ont été publiés mercredi matin. La Conférence des présidents d'université (CPU) dénonce "une atteinte inacceptable à la démocratie" et "demande au gouvernement français et au Conseil européen de prendre toutes leurs responsabilités pour faire en sorte de garantir les droits fondamentaux, assurer la défense des libertés académiques et le pluralisme scientifique aux portes de l'Europe".

Au niveau européen, l'EUA (European University Association) "condamne fortement et de manière inconditionnelle cette action engagée à l'encontre des universités et de leurs personnels, et exprime son profond soutien à la communauté de l'enseignement supérieur turc".

L'EUA "appelle aussi les gouvernements européens, les universités et leurs membres à soutenir la démocratie en Turquie, et notamment l'autonomie et la liberté académique des enseignants et des étudiants".

quelques soutiens individuels


Seuls quelques universitaires réagissent également vivement sur Twitter à titre personnel et apportent leur soutien à leurs confrères turcs. Dès mardi soir, Pierre van de Weghe, vice-président à l'université de Rennes, interpelle le secrétariat d'État.

Guillaume Tronchet, conseiller auprès de l'ENS Ulm, retwitte de son côté un communiqué de Scholars at risk – un réseau international visant à défendre la liberté académique et les droits des enseignants – et appelle les institutions universitaires à dénoncer la purge.

Une pétition lancée par la CPU

La CPU lance, vendredi 22 juillet 2017, une pétition contre "la 'purge' et l'intimidation dans l'enseignement supérieur turc". Accessible sur le site Change.org, elle recueillait une vingtaine de signatures une heure après sa création.

Aurore Abdoul-Maninroudine | Publié le

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