Rapport de la Cour des comptes sur Sciences po : quel impact sur la succession de Richard Descoings ?


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Sciences po Paris va signer un partenariat avec l'Institut du service civique le 6 février 2015
Sciences po Paris va signer un partenariat avec l'Institut du service civique le 6 février 2015 // ©  Camille Stromboni
Sévère. Le rapport de la Cour des comptes sur Sciences po, dévoilé par Le Monde , épingle très sérieusement l’institut parisien. Quelles conséquences sur la procédure de succession de Richard Descoings, gelée pour l’instant par le ministère ? Plusieurs candidats à la direction de l'IEP donnent leur point de vue.  


« Cela justifie tout à fait le choix de la ministre de demander une suspension de la procédure , afin d’attendre le rapport définitif de la Cour des comptes, assure Pierre Mathiot, directeur de l’IEP de Lille et candidat à la direction de Sciences po. Car ce processus de recrutement doit se passer, le plus possible, dans la transparence et la sérénité. »

Un jeu réouvert ?

Pour Olivier Faron, la désignation du successeur de Richard Descoings entre dans une nouvelle phase. « Ce qui était vrai en juin ne l’est plus.

 Il y a un avant et un après rapport : on ne peut pas recruter la même personne, lorsqu’on voit la complexité du dossier. Le positionnement du poste a complètement changé », estime le candidat, directeur de l’ENS Lyon.

Sur le fond, « le rapport montre à quel point les questions de la gouvernance de l’école, et du lien avec la tutelle sont centrales, encore plus que ce qui pouvait être envisagé au départ », ajoute Pierre Mathiot.

La candidature d'Hervé Crès remise en cause ?

Quant à savoir si la dureté du rapport impacte la candidature d'Hervé Crès, membre de l'équipe de direction de l'IEP : l'intéressé assure que non, dans le Nouvel Observateur . « On ne peut pas le soutenir car je n’arrive à Science po qu’à l’automne 2008 », assure l’administrateur provisoire. « L’IEP est en train de tourner une page, il y aura des réformes, Jean-Claude Casanova l’a clairement fait savoir. D’ailleurs, ce que l’on ne dit pas actuellement, c’est que la Cour a félicité Sciences Po pour avoir mis en œuvre toutes les mesures qu’elle avait préconisées dans son précédent rapport. C’est le futur qui importe désormais », ajoute-t-il.

Une image à restaurer pour le futur responsable

Un futur aux couleurs de la crise, étant donné les dysfonctionnements de gestion décrits par la Cour des comptes. "Sciences po va devoir rétablir sa crédibilité. On peut imaginer ce que ressentent aujourd’hui les personnels, les enseignants, les étudiants ou les parents d’élèves, les anciens … Ce n’est pas juste l’image d’une école, c’est celle d’une institution qui porte les valeurs de l’Etat qui est en jeu. Etant donné le contexte et l’urgence, il faut aussi restaurer la confiance au sein de Sciences po et avec l’Etat, en mettant en œuvre au mieux les préconisations de la Cour », estime Olivier Faron.

Enfin, la question même de la procédure en cours, organisée par des dirigeants directement concernés par le rapport, est soulevée. « On peut simplement se demander si le président de la FNSP et le président du conseil de direction sont encore en situation d’exercer, avec sérénité et transparence, le travail de coordination du processus de recrutement du nouveau directeur de l’IEP", interroge Pierre Mathiot.

Lire aussi sur Lexpress.fr : Sciences Po: le rapport accablant de la Cour des Comptes bouleverse la succession de Descoings

Sur le blog de Pierre Dubois : Sciences po Paris Hors-la-loi


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