Recrutement des étudiants : la stratégie de l'université de Montréal

De notre envoyée spéciale au Québec, Sandrine Chesnel
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M. Glémaud, responsable recrutement
M. Glémaud, responsable recrutement
Michèle Glémaud est directrice du recrutement à l’Université de Montréal. Pour Educpros, elle décrit la stratégie de développement de l’Université de Montréal pour attirer davantage d'étudiants. Troisième volet de notre série sur l'enseignement supérieur québecois.

Pourquoi souhaitez-vous attirer davantage d’étudiants étrangers?
Si l’Université de Montréal souhaite accueillir davantage d’étudiants étrangers , c’est d’abord pour augmenter encore notre proportion de « très bons » étudiants. Par ailleurs, le Québec fait face à un problème démographique lié à un faible taux de natalité. Pour assurer la relève des générations qui partent à la retraite, nous avons besoin de beaucoup d’étudiants. Le développement d’une ville comme Montréal va inévitablement passer par sa capacité à attirer de nouveaux cerveaux qui seront actifs dans la société. Or quand les étudiants viennent étudier ici ils ont souvent ensuite le projet de s’installer. Mais je veux préciser que notre stratégie de développement ne vise pas que les étudiants étrangers : nous souhaitons aussi attirer plus d’étudiants locaux.

D’après vous, quels sont les atouts de l’Université de Montréal ?
Aujourd’hui nous comptons déjà 10% d’étudiants étrangers, dont une majorité de français. Ils sont attirés chez nous par le côté bilingue, c’est à dire la possibilité d’étudier en français et en anglais, tout en bénéficiant d’un environnement francophone, sans doute plus rassurant. C’est pourquoi nous visons en priorité la France, la Belgique, les pays d’Afrique et d’autres pays "francisés" comme la Roumanie, la Tunisie, le Maroc. Ensuite une ville comme Montréal compte beaucoup de communautés étrangères, ce qui facilite l’adaptation des étudiants venus d’ailleurs : un certain nombre d’étudiants qui viennent étudier ici ont déjà un oncle, un cousin, une tante qui sont installés ici. Enfin nous bénéficions d’un bouche à oreille positif sur lequel nous souhaitons capitaliser et notre université est bien positionnée dans les classements internationaux - nous sommes la 5ème université francophone au classement 2009 de Shanghaï .

Quelle est votre stratégie de recrutement ?
Nous développons cette stratégie sur plusieurs axes : le web en est un. Dans chaque grande région du monde qui nous intéresse, nous sommes présents, dans le cadre de salons ou par des opérations de communication. L'équipe est divisée par territoire géographique, afin de développer des liens continus avec les professionnels du pays en question. Ainsi nous avons une personne-ressource pour la France, une autre pour l'Afrique, etc. Nous voulons aussi intensifier notre présence sur le web, pour entretenir que nous recontrons sur les salons. C'est pourquoi nous travaillons à une refonte de notre site Futur Etudiant avec éventuellement l'ajout de modules d'aide à l'orientation : l’idée est d’accompagner l’étudiant dans la construction de son projet d’études. Ce site s’adresse évidemment à tous les étudiants, les étrangers comme les québécois qui eux non plus ne connaissent pas bien l’ampleur des programmes proposés par l’université de Montréal et ses écoles affiliées. Une première phase du site sera en ligne à la mi-novembre.

Nous avons également développé des blogs tenus par des étudiants étrangers, pour qu'ils partagent leur expérience de l'expatriation. Autre axe stratégique : le développement de partenariats avec d'autres établissements - les jeunes qui viennent étudier à l’Université de Montréal  pendant un an dans le cadre d’un programme d’échange ont souvent envie de revenir étudier plus longtemps par la suite.

Et au niveau local ?
Pour mieux attirer les étudiants québécois, il nous faut mieux les connaître et surtout mieux connaître leur processus de décision : grâce à des études que nous avons analysées, nous avons ainsi découvert que les parents ont pris une très grande place dans ce processus de décision. A court terme nous allons donc décliner notre communication à l’attention des parents – entre autre, dans le cadre du prochain Salon des études, le 15 novembre, nous allons leur proposer des ateliers d’orientation et de sensibilisation. Enfin nous réfléchissons aux actions qu’il faudrait développer pour susciter l’envie d’étudier chez les jeunes du secondaire : nous venons d'embaucher des "étudiants ambassadeurs", qui vont à la rencontre des jeunes dans les écoles secondaires et qui à terme devraient aussi investir les réseaux sociaux.

Les étudiants étrangers à l’Université de Montréal
56% des étudiants étrangers viennent d’Europe (France, Belgique)
32% d’Afrique (Sénégal, Cameroun)


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