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Recrutement des profs : la nouvelle campagne se heurte à l'actualité

Marie-Anne Nourry
Publié le
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Campagne "L'école change avec vous"
Campagne "L'école change avec vous" // ©  Ministère de l'Éducation nationale

Ironie du sort. Le 7 janvier 2015, jour de l'attentat contre "Charlie Hebdo", a marqué le lancement de la nouvelle campagne publicitaire du gouvernement, qui vise le recrutement de 25.000 professeurs en 2015. Alors que la formation des enseignants est au cœur de l'actualité, le spot tourne en boucle avec ce message : "L'école change avec vous".

"Est-ce que tu peux venir m'aider s'il-te-plaît ?", "T'arrives quand ?", "On a besoin de toi !" Les appels des enfants de la nouvelle campagne télévisée du ministère de l'Éducation nationale ont une résonnance particulière depuis les attentats contre "Charlie Hebdo" et l'Hyper Cacher à la porte de Vincennes. Les incidents liés à la minute de silence rapportés dans une centaine d'établissements ont placé la formation des enseignants au cœur de l'actualité, sur les questions de laïcité et de gestion de classe.

Recruter 25.000 professeurs

Le film de 31 secondes est diffusé jusqu'au 27 janvier 2015 sur 24 chaînes de télévision. L'enjeu : recruter 25.000 enseignants en 2015. Et ainsi répondre à la promesse de François Hollande de créer 60.000 postes dans l'Éducation nationale pendant sa mandature.

Le ministère souligne le rôle des futurs enseignants dans la réussite des enfants et de leurs ambitions, avec un message-clé : "L'école change avec vous". "On a souhaité mettre les bénéficiaires que sont les élèves au centre de la campagne, indique-t-on rue de Grenelle. C'est une campagne tournée vers l'avenir qui illustre la priorité que nous voulons donner à la jeunesse, qui veut d'abord informer, mais aussi créer des vocations, recruter des talents qui prendront part aux évolutions que connaît l'école."

Le spot réalisé par l'agence Anatome est adossé à un site Internet participatif, conçu par la Netscouade. Outre des informations sur les dates des concours d'enseignants, celui-ci valorise notamment des initiatives d'enseignants, en termes de numérique ou encore de lutte contre le décrochage scolaire.

Si le ministère n'a pas souhaité communiquer le budget de la nouvelle campagne, il révèle néanmoins que "toutes sont d'un ordre de grandeur comparable". Le budget de la campagne de 2011 diffusée sur Internet, dans la presse écrite et par voie d'affichage, s'élevait à 1,35 million d'euros hors taxes.

Reste à savoir l'impact qu'aura cette campagne au regard des événements récents. Susciteront-ils des vocations ou au contraire en décourageront-ils certains ?

Aller plus loin
 - Consulter le site de la campagne : L'école change avec vous

- Lire notre enquête de 2011 : Recrutement des enseignants : trois campagnes, trois budgets, trois styles

Marie-Anne Nourry | Publié le

Vos commentaires (7)

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Angel.

A voir les commentaires, et en tant que parents non profs, je vois votre métier comme étant pire que le bagne, mais dans les entreprises privées, il ne faut pas croire que cela est plus rose. Clients exigeants, impolis, agressifs (couteaux, etc ...). Je pense qu'aujourd'hui aucun métier n'est mieux qu'un autre. Maintenant, le métier de prof a bien des avantages, que certains postes du privés n'ont pas. Je peux me tromper mais si vous croyiez que notre hiérarchie dans le privé nous soutien, détrompez vous. Lorsque votre responsable ne s'occupe pas de vous, ne réponds pas à vos demandes. Sans oubliez que les augmentations de salaires ne sont pas annuelles, mais au bon vouloir de la hiérarchie. Etes vous restés 13 années sans augmentation ??? Je ne pense pas, et nous n'avons pas les mêmes avantages l'un comme l'autre. Donc ne découragez pas les personnes qui voudraient prendre cette carrière, car ce n'est pas forcément mieux ailleurs !!

Azoulay.

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modigliani.

J'oubliais les inspecteurs,les programmes infaisables qui changent à chaque ministre et chaque nouveau zinzin inventé pour régler un nouveau problème de société !

modigliani.

Ne vous engagez jamais dans ce métier , devenu infernal.Je suis plus près de la fin que du début Dieu merci, donc je ne peux plus vraiment partir mais j’œuvre afin de dissuader les bonnes âmes (qui seront pris inévitablement pour des imbéciles) qui s'illusionneraient sur ce métier et tomberaient dans le panneau. Avec bac+5 faites autre chose, n'importe quoi d'autre et surtout ne croyez pas tous les clichés colportés sur les professeurs des écoles.Après une journée de classe harassante (avec le mercredi socialiste , c'est encore pire qu'avant), vous aurez des réunions, du boulot le soir et le week end, des grilles d'évaluation usines à cases à remplir, des comptes de coopérative, des projets à rédiger,et j'en oublie car c'est infernal et devenu tellement inintéressant.Bien sûr les parents vous attendront toujours au tournant car Choupinou est toujours parfait...ou a mal dormi !

Pearl.

C'est clair, métier à risque (agressions, dépression...), niveaux de salaires indécents (parmi les plus bas de l'OCDE), affectations non choisies, souvent loin de chez soi, fonctions de remplaçant fréquentes en début de carrière (et même par la suite si on mute à nouveau pour suivre son conjoint), alourdissement des tâches (livrets de compétences et autres à remplir...), orthographe indigente et désespérante des élèves allongeant le temps de correction des copies, élèves indisciplinés, bavards et insolents et de plus en plus agressifs notamment en collège, parents consommateurs et soutenant monchérimoncoeur, peu et souvent aucun soutien de la hiérarchie, obligation de surnoter pour remplir les objectifs, image très dégradée du métier dans l'opinion publique, reconversion quasi-impossible et en tout cas aucun accompagnement de l'administration si l'on souhaite se reconvertir... Franchement, à qui cela peut-il faire encore envie ? Reste les vacances... Mais elles sont régulièrement remises en cause (voir rentrée cette année qui a failli avoir lieu fin août).

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