Réforme de la condition enseignante : Marcel Pochard a-t-il déjà perdu ses illusions ?


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Un mois seulement après la remise de son livre vert sur la condition enseignante, Marcel Pochard semble ne pas se faire d’illusions sur la postérité de ses travaux. Dans une interview accordée à la Lettre du Monde de l’éducation , à paraître le 10 mars 2008, le conseiller d’Etat déplore « l’arrière-pensée tactique » du ministère de l’Education nationale et craint que des thématiques centrales comme la refondation de la politique d’affectation des agents ou celle de leur évaluation, « passent à la trappe » à l’occasion des négociations entre ministère et syndicats. Celles-ci doivent déboucher sur la rédaction d'un Livre blanc avant l'été 2008.

Par « arrière pensée tactique », Marcel Pochard entend « cette étrange mais bien réelle idée », que, « les solutions à mettre en œuvre étaient bien connues et que notre travail pouvait se résumer à un travail de tactique pour savoir comment mettre en musique ces solutions bien connues ».  Au vu de la littérature scientifique ou administrative sur le sujet depuis plusieurs années, il est difficile de donner tort à M. Pochard…

Mais sa critique ne se limite pas à la stratégie ministérielle. Il met en doute la volonté réformatrice du ministère et s’étonne des réticences syndicales. « Le ministère paraît hésitant sur la façon d’embrayer et je ne comprends pas le blocage des organisations syndicales à l’égard de ce qui a vocation de livre vert et non de recommandations. » Pour lui, « il y a des points sur lesquels on peut avoir le sentiment que les deux ne souhaitent pas que la réalité des choses soit dite explicitement et écrite » : par exemple des sujets sensibles comme l’affectation ou l’évaluation, des sujets pour lesquels, « mieux vaut en quelque sorte une iniquité qu’un désordre ».

Même si Marcel Pochard se dit convaincu que le gouvernement « ne peut pas ne pas agir », la publication de cet entretien sonnera comme une piqûre de rappel au ministère de l’Education nationale où on n’est effectivement pas pressé de s’emparer de ce sujet brûlant. Même après les élections municipales, il n’est pas certain que Xavier Darcos se risque à une guerre ouverte avec les syndicats sur les sujets sensibles évoqués par Marcel Pochard.

Restera alors à remiser le rapport Pochard aux cotés du rapport Thélot dans le vaste placard des occasions perdues de l’Education nationale. 


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