Réformer le bac : Luc Chatel s’attaque in extremis au symbole républicain


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Des pistes pour réformer le bac, et puis s’en va. Pour sa probable dernière conférence de presse en tant que ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel a présenté lundi 12 mars 2012 deux rapports sur le baccalauréat : l’un sur sa sécurisation (plusieurs fraudes ont entaché la session de juin 2011 ), l’autre sur les façons de le faire évoluer pour lui « rendre ses lettres de noblesse ». Si certaines mesures sur la sécurité de l’examen seront effectives dès juin 2012, celles sur l’évolution de ce symbole ne sont clairement que des pistes destinées à être débattues sur le long terme. La plupart d’entre elles avaient été énoncées par Nicolas Sarkozy, le 28 janvier 2012, à la toute fin de son meeting à Montpellier sur l’éducation.

Des changements pour la sécurité et les sanctions en cas de fraude

Il devrait être moins facile de tricher au bac, si complexe à organiser. Les locaux devraient être plus sûrs, plus surveillés. Les sujets, de leur élaboration jusqu’à la proclamation des résultats, devraient être mieux gardés secrets notamment grâce à des mesures sur l’informatique (clés USB codées, postes informatiques dédiés, sécurisation des échanges, détection d’intrusion). Tout personnel qui a accès aux sujets signera une charte de déontologie en cours de publication.


Mais surtout, les éventuels fraudeurs ne devraient plus être « jugés » par les présidents d’université en octobre mais par les recteurs d’académie début juillet, dès la fin du bac. Les sanctions, plus réactives, seraient repensées car, dans les faits, elles sont peu ou pas appliquées . Le décret sur ce dernier point sera présenté au CSE (Conseil supérieur de l’éducation) le 22 mars 2012. Il est très critiqué par les syndicats d’enseignants et d’élèves ou encore la FCPE qui y voit un « tribunal d’exception », dans lequel ne serait pas représentés les étudiants ni les élus des personnels. Et de rappeler que le bac reste le 1er grade universitaire. 

Plus de contrôle continu au bac : l’éternel débat

Luc Chatel l’a assuré : les pistes évoquées sur l’organisation du bac ne concerneront pas les candidats de 2012, ni même ceux de 2013. Les élèves qui pourraient être éventuellement concernés sont les collégiens qui vont entrer au lycée à la rentrée 2012. Mais tout dépend évidemment des élections... Au programme : moins d’options comptant pour le bac, moins d’épreuves facultatives, des notes éliminatoires dans les disciplines fondamentales, plus de contrôle continu, la suppression de l’oral de rattrapage au profit de l’examen du livret scolaire…

Selon Luc Chatel, « les épreuves facultatives ont une incidence disproportionnée sur les résultats ». Le ministre avance des chiffres : « 5 % des bacheliers S et 22 % des L ont moins de 10 dans 2 des 3 disciplines principales de leur série. Les options expliquent 26 % des mentions TB en S, 40 % en L ». Le rapport montre en particulier du doigt les « 57 langues » proposées au bac, dont « les 2/3 sont choisies par moins de 200 candidats ». On entrevoit alors de possibles économies de postes. Le ministre avait pourtant élaboré tout un plan pour l'apprentissage des langues.


Autre constat : « 84 % des élèves [en comptant l'orientation active, NDLR] sont affectés dans le supérieur avant le baccalauréat, à partir de l’examen des notes des bulletins ». Le ministre s’appuie sur cette donnée pour démontrer que c’est « déjà le contrôle continu qui permet l’accès à l’enseignement supérieur ».

Quel impact sur le taux de réussite au bac ?  Les inspecteurs auteurs du rapport sur l’évolution de l’examen ne répondent pas à la question. « L’objectif n’est pas forcément que le taux de réussite baisse. Mais nous avons des incertitudes sur l’impact du remplacement du rattrapage par le livret scolaire ou la mise en place de notes éliminatoires », indique l’un d’eux. Aujourd’hui, environ 86 % des candidats au bac décrochent le diplôme. Une autre question reste alors en suspens : si le nombre de lauréats baisse, que faire des recalés ? 

Bac : ce que proposent le MoDem et le Parti socialiste

Dans son programme, François Bayrou, le candidat du MoDem propose également une réflexion autour de l’organisation du bac mais aussi une nouvelle voie, « un baccalauréat d'excellence générale à la fois littéraire et scientifique ».
François Hollande, le candidat socialiste, ne propose rien sur le bac. Sa priorité va avant tout à l'école primaire.


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