Rentrée 2022 : Emmanuel Macron devant les recteurs pour faire baisser la tension ?

Manon Pellieux
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Rentrée 2022 : Emmanuel Macron devant les recteurs pour faire baisser la tension ?
Le président de la République a tenu à donner le cap avant une rentrée sous tension. // ©  Eric TSCHAEN/REA
Ce jeudi se tenait la réunion de rentrée des recteurs en Sorbonne. Ce n’est pas le ministre de l’Education nationale, mais le président de la République qui a ouvert la journée par un discours. L’occasion de redonner les grandes lignes de ses projets pour l’éducation dans les cinq ans à venir, à la veille d'une rentrée sous tension, notamment liée à la pénurie de professeurs.

Une première comme un signal à la communauté éducative et aux parents alors que la rentrée scolaire 2022 s'annonce sous tension : c’est le président de la République qui a ouvert ce jeudi 25 août la réunion de rentrée des recteurs à la Sorbonne. Il était accompagné de Pap Ndiaye, ministre de l’Education nationale, Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports, Carole Grandjean ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la formation professionnels et la secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et du Service national universel, Sarah El Haïry.

Emmanuel Macron a fixé sa ligne politique sur l’éducation pour les cinq ans à venir, tandis que Pap Ndiaye interviendra demain pour sa conférence de rentrée avec de nombreux dossiers sur la table. Au menu de l'intervention inédite du chef de l'Etat devant les recteurs deux sujets "chauds" : la pénurie historique de professeurs et ses réponses pour y répondre, et la valorisation de la voie professionnelle, en pleine réforme, et l'adéquation de ses diplômés au marché du travail.

Face à la pénurie de profs, le gouvernement promet d'améliorer les conditions de travail

Revaloriser le métier d'enseignant pour lutter contre la pénurie

Pour commencer, et pas par le moindre des sujets, Emmanuel Macron a profité de son discours pour évoquer le manque de professeurs. "Le métier de professeur n’attise plus les rêves", a reconnu le président de la République. Pour répondre à cette pénurie, il promet un salaire minimum de 2.000 euros net en début de carrière.

Parmi les autres projets, il propose de revaloriser les tâches supplémentaires que peuvent faire les enseignants. Cela concernerait tout professeur qui s’engagerait dans du "suivi individualisé, des missions supplémentaires, des tâches d’encadrement" a précisé Emmanuel Macron. Concernant le recours à des contractuels, cela répond selon lui à des besoins à court terme, soulignant qu’il existe "des gens qui sont de formidables enseignants et contractuels".

Renforcer le lycée professionnel et mieux l'adapter au marché du travail

"La voie professionnelle ne doit pas être une voie par défaut, mais une voie de choix", a poursuivi Emmanuel Macron. Le lycée professionnel devrait ainsi poursuivre sa mue. Pour revaloriser cette filière professionnelle, il est prévu une augmentation de 50% des temps de stages. Emmanuel Macron aussi évoqué la question de la rémunération : "L’écart qu’il y a entre les lycées professionnels et ce que touche un apprenti n’est pas soutenable. On va devoir aller vers une convergence des dispositifs", assure-t-il.

Les recteurs et rectrices seront également chargés d’adapter l’offre de formation professionnelle au marché du travail. "Il faudra revoir la carte des formations, assumer de fermer celles qui n’insèrent pas, et développer celles qui marchent, en créer de nouvelles vers les secteurs qui recrutent." Le tout en lien avec les régions qui disposent de compétences économiques sur le territoire.

Pour rappel, depuis le dernier remaniement, le lycée professionnel est sous la double tutelle du ministère de l’Education nationale et du ministère du Travail. Selon la Depp, les bacheliers professionnels sortis en 2020 étaient 70% à être en emploi un an après leur diplomation.

Le pass culture accessible dès la sixième

Enfin, du côté des collèges, Emmanuel Macron promet une amélioration de la transition entre le primaire et la sixième, sans pour autant préciser des mesures concrètes pour la mettre en application. Le souhait politique est aussi d’informer plus tôt les collégiens sur les métiers et leur orientation. Pour ce faire, à partir de la cinquième, les élèves suivront une "demi-journée avenir" par semaine pour découvrir des métiers.

L'annonce la plus concrète concerne le pass culture, qui sera accessible dès la sixième, même si les contours de cette nouveauté demeurent flous. Aucune date n'est annoncée, et on ne sait pas si cela concerne uniquement un fond collectif, qui reviendrait donc uniquement aux établissements, ou bien une part individuelle, que les élèves percevraient alors directement. Des incertitudes auxquelles Pap Ndiaye répondra peut-être demain lors de sa conférence de rentrée.

S’inspirer de l’expérimentation marseillaise
Au-delà des professeurs, le chef de l’État souhaite aussi inciter le développement des projets d’établissements. Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des mesures annoncées, il y a un an, à Marseille qui concernaient notamment un grand plan de rénovation des bâtiments scolaires, mais aussi des écoles dites "innovantes".

Les directeurs d’établissements sont par exemple plus libres dans leurs recrutements de professeurs, et ont plus de moyens pour rendre leurs projets d’établissements innovants. C’est d’ailleurs un pan de ce projet que le chef de l’Etat souhaite développer au niveau national. Une enveloppe de 500 millions d’euros sera mise sur la table. La réalisation des projets d’établissements reste néanmoins au bon vouloir des établissements. Aucune obligation ne sera instaurée.


Manon Pellieux | Publié le