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Saclay : faut-il un nouveau chef d'orchestre ?

Morgane Taquet
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Saclay - le plateau du Moulon © Philippe Guignard
Selon le sénateur Michel Berson, la multiplicité des acteurs est un frein au développement du site de Saclay. // ©  Philippe Guignard

Pour le sénateur socialiste Michel Berson, l'État doit mieux piloter le plateau de Saclay. Il préconise la nomination d'un nouveau chef pour mettre en musique ce projet complexe unissant écoles, universités et organismes de recherche.

Établir une feuille de route, donner un cap, renforcer le pilotage... À l'occasion d'un bilan d'étape dédié au plateau de Saclay le 7 octobre 2015, le sénateur PS de l'Essonne Michel Berson, co-rapporteur de la mission "Recherche et enseignement supérieur" à la commission des finances, s'est voulu limpide : il est temps que l'État exerce un contrôle plus fort sur ce projet phare de l'enseignement supérieur et de la recherche français.

Concernant le financement tout d'abord, le sénateur socialiste appelle à plus de transparence. Intérêts de dotations non consomptibles, ressources propres des universités, financements privés... "La complexité et la diversité des fonds mobilisés rendent le projet difficile à comprendre, souligne Michel Berson. La lisibilité du dossier n'est d'ailleurs pas sa qualité première."

Et d'ajouter : "j'ai envoyé des questionnaires, j'ai été voir les ministères concernés. Aucun de ces interlocuteurs n'a pu me dire précisément quels sont les montants totaux des crédits actuellement engagés, ou même prévisionnels !"

Par conséquent, l'élu demande la publication annuelle d'un tableau des financements en cours afin de résumer la contribution de tous les acteurs.

pilotage : un chef de projet à la tête de saclay

C'est au sujet de la gouvernance du projet que le sénateur se dit le plus préoccupé. "Aujourd'hui, à Saclay, il n'y a pas une feuille de route, mais plusieurs. La multiplicité des acteurs est un frein au développement du site." Il recommande qu'un chef de projet soit désormais nommé par l'État, auprès du Premier ministre.

"Pourquoi pas un délégué interministériel ?" envisage-t-il. Ses missions seraient "d'articuler la vision stratégique du gouvernement, de faire remonter les difficultés du terrain, de faciliter le dialogue – parfois difficile – entre les acteurs et d'accentuer le volet économique du projet, qui est pour l'instant insuffisant", préconise l'élu.

Ce délégué interministériel "reconnu" fonctionnerait comme un chef d'orchestre au-dessus de l'université Paris-Saclay et de l'établissement public d'aménagement de Paris-Saclay. "Ce trio est souhaitable et réalisable", avance le sénateur, indiquant qu'il s'agit d'une "idée partagée" par Gilles Bloch, nouveau président de l'université Paris Saclay, Jacques Bittoun, président de Paris-Sud et Dominique Vernay, président de la FCS (fondation de coopération scientifique) Campus Paris-Saclay. "Les retours sont plus difficiles du côté des grandes écoles", reconnaît-il.

Un projet scientifique incertain 

S'agissant de l'université Paris-Saclay, Michel Berson prévoit que ce chef de projet pourra ainsi "exprimer la voix de l'État au sein de cette Comue (Communauté d'universités et établissements), réaffirmer le cap et faire en sorte qu'elle ne soit pas une simple juxtaposition d'établissements".

En effet, pour le sénateur, "c'est la nature même du projet scientifique qui paraît aujourd'hui incertaine, dans la mesure où le degré d'intégration des différents établissements qui font partie de l'université Paris-Saclay n'est pas encore bien défini".

L'élu socialiste publiera son rapport final sur le pilotage et les financements du plateau de Saclay au printemps 2016. Reste à savoir si cette proposition d'un nouveau chef d'orchestre à Saclay trouvera écho auprès du gouvernement.

Quid des financements ?
Le sénateur Berson a fait le point sur la répartition des financeurs publics :
- sur le volet scientifique et technologique, 700 millions d'euros, "qui proviennent tous du PIA (Programme des investissements d'avenir)", sont prévus ;
- sur le volet immobilier, 2,1 milliards d'euros sont prévus. 1,5 milliard d'euros proviennent du PIA et plus de 600 millions d'euros d'apports propres des établissements et ministères concernés.
- sur le volet transports, 1,2 milliard d'euros sont envisagés pour la construction de la ligne 18 du métro à l'horizon 2024. Mais "le plus grand flou règne autour de cette question", déplore l'élu socialiste.
Des déménagements d'écoles retardés ?
Sur la question du déménagement de certaines écoles - la direction générale de l'Institut Mines-Télécom, une partie des activités de Télécom Sud Paris, Télécom Paris Tech, AgroParisTech - et de l'UFR (Unité de formation et de recherche) de pharmacie de l'université Paris-Sud, le sénateur Berson se dit inquiet.

"Ces déménagements pourraient s'avérer beaucoup plus difficiles que prévus car les recettes de cession (issues de la vente des immeubles et terrains) sont inférieures aux prévisions", avance-t-il. Et de citer la fac de pharmacie, pour l'instant située à Chatenay-Malabry, qui ne pourra finalement déménager qu'à l'horizon 2021, contre 2019 comme cela était prévu initialement.

Morgane Taquet | Publié le

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Jean-Pierre Nioche.

Si "c'est la nature même du projet scientifique qui paraît aujourd'hui incertaine", la nomination d'un délégué interministériel qui serait un super chef "au-dessus de l'Université de Saclay" n'est certainement pas la solution. Un projet scientifique de cette ampleur ne peut pas être piloté par un homme seul et extérieur à l'université. C'est la gouvernance de cette Comue qu'il faut modifier. L'UPS est dotée d'un statut d'EPSCP standard. Elle a une structure de gouvernance lourde, complexe, peu apte à la décision. La priorité est de donner à l'UPS un statut de "grand établissement" avec une gouvernance adaptée à l'enjeu.

Zou.

Un acheteur public pour l'immeuble Parisien des Mines ??? Donc M.Berson peut rajouter 102 M€ de dotation de l'Etat indirecte au service de la réussite de Plateau de Sacaly... Sacré business plan !

POILANE.

En ce qui concerne le prix de cession de l'immeuble parisien de l'Institut Mines-Telecom et en tant que directeur de Telecom ParisTech, je peux à tout le moins indiquer que l'information selon laquelle il serait inférieur au montant inscrit dans le budget prévisionnel est fausse. Nous avons un acheteur public, avec lequel nous finalisons actuellement un protocole de vente, et qui accepte de l'acheter à la valeur inscrite au business-plan, soit 102 M€.