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Santé : la prépa privée Médecine Orléans Zagreb recalée pour 2016

Virginie Bertereau
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Etudes de santé en Croatie
Les 50 étudiants recrutés par la prépa MOZ ne pourront pas s'envoler pour la Croatie pour poursuivre leurs études de médecine. // ©  Miso Lisanin/XINHUA-REA
La prépa privée MOZ (Médecine Orléans Zagreb) repousse son ouverture, prévue initialement pour la rentrée 2016. Pour accueillir ses premiers étudiants, cette formation médicale doit se mettre en conformité avec la loi Fioraso. Un dossier qui n'est pas sans rappeler l'affaire Clesi-Pessoa.

La promesse de la prépa MOZ (Médecine Orléans Zagreb) – "devenir médecin international" – faite aux étudiants français ne sera finalement pas tenue à la rentrée 2016. Marie Reynier, la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours, a annoncé que l'organisme de formation n'avait pas fourni tous les documents nécessaires à son ouverture conformément à loi Fioraso. 

Celle-ci indique notamment que toute demande d'agrément de formation médicale doit être faite au plus tard six mois avant l'ouverture. La prépa privée a confirmé l'information sur son site Internet : "Avec accord du rectorat, la rentrée de la première promotion prépa MOZ est reportée." "La date n'est pas encore fixée", précise le répondeur de la structure.

Faire médecine à l'étranger : une tendance

Un quart des médecins qui s'inscrivent chaque année au Conseil de l'ordre sont étrangers. En juin 2016, 413 étudiants européens ont passé les ECNi (épreuves classantes nationales informatisées), permettant d'accéder à l'internat. Soit plus du double qu'en 2013. Surfant sur cette "tendance", la prépa MOZ entend offrir une alternative à la Paces (première année commune aux études de santé) et aux études de médecine "classiques" en France.

La cinquantaine d'étudiants recrutés sur dossier devaient passer un an à Orléans avant – potentiellement – de poursuivre leurs études à la faculté de médecine de Zagreb. En effet, seuls les 15 premiers élèves (30 % des effectifs) auraient décroché leur passeport pour la Croatie, le nouvel eldorado des études médicales. Le concours, en anglais, devait porter sur trois unités d'enseignement : la biologie, la physique et la chimie. Comme le concours d'entrée aux IFMK (instituts de formation en masso-kinésithérapie), condamné à disparaître en 2017. Coût de l'année : 5.000 €.

Des zones d'ombre dans la formation moz

Il existe de nombreuses prépas privées, coûteuses, qui préparent à la Paces en toute légalité en France. Quelles différences avec la prépa MOZ ? À Orléans, les élèves sont censés être formés à la médecine à Zagreb uniquement. En outre, on en sait peu sur l'équipe pédagogique et la formation, notamment clinique, en l'absence d'un partenariat avec une université et un CHU (centre hospitalo-universitaire) français. Autre sujet de questionnement : le site Internet de la prépa indique qu'une "inscription universitaire est requise". L'organisme, injoignable, n'a pu nous éclairer.

Les doyens contre-attaquent

Si les universités françaises ne peuvent plus lutter contre un contournement de la Paces via les études en Europe, elles ont décidé de "contre-attaquer" en proposant que le CCC (certificat de compétence clinique), qui sanctionne aujourd'hui la fin du second cycle, devienne un préalable au passage de l'ECN de sixième année. L'idée est de s'assurer que la formation clinique des futurs médecins soit in fine de qualité.

En attendant, la prépa MOZ doit se mettre en conformité avec la loi. Histoire de ne pas connaître les déboires juridiques de l'Esem (ex-Clesi, ex-antenne Fernando-Pessoa), précurseur sur ce marché de la prépa aux études de santé à l'étranger.

Aller plus loin
– À lire sur Letudiant.fr : La prépa privée Médecine Orléans Zagreb devra patienter pour ouvrir

Virginie Bertereau | Publié le

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trape.

L'enseignement privé passera obligatoirement, en EU et c'est une bonne chose car l'Etat n'a plus les moyens de financer l'Université. De plus, faire l'EU ne consiste pas à n'appliquer que ce qui nous fait plaisir mais à se plier à la volonté de l'EU; sinon il faut sortir de l'EU comme les anglais ont eu la lucidité et le courage de le faire. L’équivalence des diplômes existe déjà; Erasmus aussi. Cherchez l'erreur, d'autant plus que celui qui a une ambition professionnelle, ne fait plus "médecine", en France; mais c'est une autre histoire.