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Sciences po relooke ses formations en affaires publiques

Étienne Gless
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Frédéric Mion directeur de Science Po et Yann Algan directeur de l'Ecole d'affaires publiques de Science Po
Frédéric Mion directeur de Science Po et Yann Algan directeur de l'Ecole d'affaires publiques de Science Po // ©  Etienne Gless

Sciences po continue sa politique de regroupement de masters initiée en 2004 en ouvrant une nouvelle école dédiée aux affaires publiques. Objectif : sortir d'une formation jugée trop franco-française et clarifier l'offre de l'établissement.

"Nous nous sommes un peu trop reposés sur l'idée que bien former les élèves aux affaires publiques, c'était essentiellement les former à bien réussir les concours de la haute fonction publique !" Frédéric Mion, directeur de Sciences po, esquisse presque un mea culpa pour présenter le 9 septembre 2015 la nouvelle école d'affaires publiques. 600 étudiants y feront leur rentrée en master en septembre 2015.

Pour asseoir le projet, la direction en a été confiée à Yann Algan et la présidence du conseil stratégique à Anne-Marie Idrac, ancienne ministre des Transports et ancienne présidente de la RATP. 

Si la préparation aux carrières de la haute fonction publique française reste primordiale, l’école entend mieux préparer à toutes les carrières touchant aux affaires publiques : administrations, entreprises publiques, associations, organisations non gouvernementales, think-tanks...

Refonte pédagogique et ouverture internationale

Le tout dans une visée internationale. "Je suis frappé de voir que, jusqu'à l'année dernière, le master d'affaires publiques était celui qui restait le plus franco-français. Dans une école qui accueille 46% d'étudiants étrangers, ce master ne comptait que 5% environ d'élèves internationaux", reconnaît Frédéric Mion. Les cours en anglais sont ainsi considérablement renforcés.

"Nous devons refondre notre projet pour répondre aux griefs quotidiens – réels ou pas – faits aux responsables publics", explique Yann Algan, le directeur de l'école. Les élites sont accusées de ne pas comprendre la mondialisation, de méconnaître le monde de l'entreprise, ou encore de ne pas savoir gérer des processus de transformation…"

La nouvelle école va associer aux savoirs fondamentaux des compétences plus techniques. Elle s'ouvre ainsi aux enseignements en sciences dures, management et négociation, gestion de projets et gestion de crise…  L'école affiche aussi son intention de multiplier les formats pédagogiques innovants, avec des cas d’étude ou des cours en ligne.

Clarifier l'offre de Sciences po

Sciences po poursuit ainsi sa stratégie de transformation de masters en école qu’elle mène depuis plus de dix ans : école de journalisme en 2004, école de communication en 2007, école de droit en 2009 ou école des affaires internationales en 2010. "Cette politique nous permet de rationnaliser notre offre", observe Frédéric Mion.

Avec la croissance du nombre d’étudiants (13.000 en 2015), "il est devenu important d'avoir des blocs cohérents pour renforcer la lisibilité de nos formations. Mais ce ne sont pas des entités séparées. C'est la marque 'Sciences po' qui prédomine et cela nous permet de réfléchir davantage aux partages de cours et aux mutualisations entre les différentes écoles", assure le directeur.

Sciences po ne compte pas s’arrêter là. Elle ouvre le 24 septembre 2015 son école urbaine, dirigée par Patrick Le Galès. Autre projet dans les tuyaux pour la rentrée 2016 : une école de l'entreprise. "Son nom définitif n'est pas arrêté", précise Frédéric Mion. Son comité de préfiguration sera dirigé par Alexandre Bompard, actuel P-DG de la Fnac.


Étienne Gless | Publié le

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Sirius.

Prenons un pari. Cette "école d'affaires publiques" restera ce qu'est le master du même nom : une formation franco-française destinée à la préparation des concours de l'ENA et autres dans l'administration française. Je dis bien préparation des concours, pas préparations aux métiers du secteur public.