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Prière de ne pas utiliser "Sciences po" : l'université Paris 8 rappelée à l'ordre

CS
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Sciences po Paris, entrée rue Saint-Guillaume, octobre 2012
Sciences po Paris, entrée rue Saint-Guillaume, octobre 2012 // ©  Camille Stromboni

Après le nouvel IEP (institut d’études politiques) de Saint-Germain-en-Laye, c’est au tour de l’université Paris 8 de se faire rappeler à l'ordre par Sciences po Paris, quant à l’utilisation du terme "Sciences po". Une défense de sa marque que l’institut parisien assume sur le fond, moins sur la forme.

Le ton est formel. “Nous nous sommes aperçus que votre université fait usage du nom Sciences po Paris 8 à titre de marque […]”, usage de nature à “porter atteinte aux droits de notre fondation […]. En conséquence nous vous demandons de cesser toute exploitation par votre université du nom Sciences po à quelque titre et sous quelque forme que ce soit dans un délai de deux jours […]. À défaut, vous ne nous laisserez pas d’autres choix que de confier ce dossier à notre avocat.”

Dans une lettre en date du 25 février 2014, adressée par Sciences po Paris à l’université Paris 8, l’institut parisien défend une nouvelle fois son nom. Quelques semaines plus tôt, une injonction similiaire concernait l’IEP de Saint-Germain-en-Laye, initialement baptisé “Sciences po Grand Paris (Ouest)”.

Pour l’université de Vincennes-Saint-Denis, la question n’a pas la même envergure puisque cela visait principalement… le compte Twitter d’un universitaire du département de science politique de l’établissement, intitulé “SciencePoParis8”.

Une lettre "exagérée", mais une défense de la marque nécessaire

"C’était un malentendu, il s’agit seulement d’un compte personnel d’un enseignant, assure l’université. Il n’y a aucun problème avec Sciences po, qui veut à juste titre préserver sa marque, mais nous n’avons aucunement vocation à être assimilé à ‘Sciences po’, nous faisons de la science politique et non des sciences politiques."

Du côté de l’IEP, si on regrette le côté quelque peu “exagéré” de cette lettre, on assume la volonté de défendre la marque de l’institut. “Si c’était à refaire, nous prendrions simplement notre téléphone, reconnaît un responsable de l'établissement. Le directeur Frédéric Mion s’en est excusé auprès de la présidente de l'université Paris 8. Mais sur le fond, nous revendiquons en effet la propriété de notre nom. Sciences po est une marque et c’est d’autant plus important quand on observe la confusion qui peut exister chez les lycéens dans leur orientation.” Le sujet est clos.

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Vos commentaires (8)

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Garçon.

Très drôle: une fac rebelle, irréductible à l'ordre bourgeois néo-libéral, réfractaire à l'idéologie du marché, restée globalement archéo-marxiste style Boukharine, où l'Etat est l'agent du bien quand les patrons, les entrepreneurs (plutôt les gros) sont les agents de satan, bref le Douaumont de tous les archaïsmes français qui, subrepticement, va piquer la marque d'un établissement hybride, gavé de subventions, où se bousculent les fils à papa qui n'ont pas réussi à intégrer une bonne CPGE. Bref, on a là un concentré de toutes les tartufferies françaises.

Medjkal.

Merci de lire les articles avant de citer Molière. SciencesPo est dans l'erreur en ne reconnaissant même pas son propre nom, et par conséquent les spécificités de sa formation.... le compte twitter du professeur de l'université était SciencePoParis8 et non SciencesPoParis8, un simple s qui fait pourtant toute la différence quand il s'agit d'une marque. Nike ne s'écrit pas Nique.

Sirius.

La revendication de ScPo est injustifiable. Lors de la fondation de l'Ecole libre des sciences politiques, au XIXème siècle, l'expression, au pluriel, désignait l'ensemble des sciences sociales. Aujourd'hui l'expression "Science politique", au singulier, désigne une de ces sciences sociales. ScPo Paris devrait plutôt balayer devant sa porte. Elle donne le titre de "Professeur" à toute personne qui fait un cours, et celui de "maître de conférences" à toute personne qui fait ce que l'on appelle "travaux dirigés" ailleurs. Il y a là une tromperie à laquelle le ministère devrait mettre fin.

Bonnet-Pauc.

les titres de "professeur" ou de "maître de conférence" sont attribués par une évaluation ENTRE PAIRS. Prenant exemple sur ce mode de fonctionnement qu'est-ce qui empêche d'autres organismes de se les attribuer selon la même méthode. J'en profite pour faire remarquer que dans les services administratifs des universités, des personnes qui n'ont pas la moindre formation scientifique et qui n'ont absolument aucune activité de recherche se voient attribuer le statut d'Ingénieur de recherche avec la bénédiction du ministère. Tout à fait d'accord pour mettre fin aux tromperies ...Qui sont ceux qui galvaudent les titres ?

Un prof.

Puisque chacun veut regarder qui piétine sa pelouse, il est grand temps que le ministère s'émeuve de l'usage fait par "Science po Paris" (TM) de la dénomination "maître de conférences". En effet, il apparait que cet établissement utilise le nom de ce corps universitaire fonctionnaire pour dénommer les vacataires qu'il emploie pour quelques heures ici et là. Les médias, notamment audiovisuels et grand public, citent abondamment cette dénomination. Je n'ai pas de doute que ce choix de dénomination soit faire par l'IEP Paris pour exploiter le "prestige de la marque "maître de conférences" ".

T. Brisson B. Guillarme.

COMMUNIQUE DU DEPARTEMENT DE SCIENCE POLITIQUE Le département de Science Politique de l’Université Paris 8 a pris connaissance de la lettre adressée à la présidence de l’Université par la Fondation Nationale des Sciences Politiques, dans laquelle cette dernière conteste au département le droit d’utiliser l’adresse Twitter « SciencePoParis8 ». La fondation rappelle pour cela qu’elle est titulaire de « droits de marques sur le nom Sciences Po » ; elle assimile l’usage qu’en fait le département à une forme de contrefaçon et lui demande de suspendre l’adresse Twitter dans les deux jours sous peine de possibles poursuites judiciaires. En réponse à cette lettre, le département de Science Politique de l’université Paris 8 tient à souligner les éléments suivants : -l’adresse Twitter du département porte la mention « Science Po » au singulier (la dénomination officielle de notre département étant Science Politique) et non « Sciences Po » au pluriel, qui est le seul nom pour lequel la Fondation revendique des « droits de marques ». Elle indique par ailleurs clairement son appartenance à l’université Paris 8, dont elle reprend le logo. Enfin, ce compte est décrit comme étant le compte « Twitter non-officiel du secrétariat Science Po Paris 8 » - @sciencepoparis8 (https://twitter.com/SciencePoParis8). En l’espèce, le département considère que la demande de la fondation est donc dépourvue de cause réelle. -Au-delà d’une question de forme, le département tient à préciser qu’il considère la science politique (voire les sciences politiques) non comme une marque mais comme une discipline scientifique à vocation critique. A ce titre, il interroge plus largement la communauté des chercheurs sur le sens à donner à une menace d’action en contrefaçon de marque pour atteinte à un droit privatif, lorsque cette menace vise une activité intellectuelle. -Ainsi le département s’interroge sur les motivations de la Fondation, qui l’amènent à faire jouer une logique économique dans un univers censé être régi par des légitimités scientifiques et intellectuelles. Il rappelle que certaines choses ne sauraient s’acheter et il entend pour sa part rester fidèle à sa vocation d’une recherche de qualité, dont les résultats sont appropriables par tous – y compris les publics les plus populaires – au sein d’une université publique.

Bonnet-Pauc.

Tout à fait d'accord avec cette logique qui, appliquée aux universitaires, ne devrait plus leur permettre de revendiquer la propriété intellectuelle de leurs travaux pour toucher les royalties de livres qu'ils écrivent sur leur temps de travail de fonctionnaires

Thomas Brisson.

Pour information, voici la réaction officielle du département de Science Politique de l'université Paris 8. Le département de Science Politique de l’Université Paris 8 a pris connaissance de la lettre adressée à la présidence de l’Université par la Fondation Nationale des Sciences Politiques, dans laquelle cette dernière conteste au département le droit d’utiliser l’adresse Twitter « SciencePoParis8 ». La fondation rappelle pour cela qu’elle est titulaire de « droits de marques sur le nom Sciences Po » ; elle assimile l’usage qu’en fait le département à une forme de contrefaçon et lui demande de suspendre l’adresse Twitter dans les deux jours sous peine de possibles poursuites judiciaires. En réponse à cette lettre, le département de Science Politique de l’université Paris 8 tient à souligner les éléments suivants : -l’adresse Twitter du département porte la mention « Science Po » au singulier (la dénomination officielle de notre département étant Science Politique) et non « Sciences Po » au pluriel, qui est le seul nom pour lequel la Fondation revendique des « droits de marques ». Elle indique par ailleurs clairement son appartenance à l’université Paris 8, dont elle reprend le logo. Enfin, ce compte est décrit comme étant le compte « Twitter non-officiel du secrétariat Science Po Paris 8 » - @sciencespoparis8 (https://twitter.com/SciencePoParis8). En l’espèce, le département considère donc que la demande de la fondation est donc dépourvue de cause réelle. -Au-delà d’une question de forme, le département tient à préciser qu’il considère la science politique (voire les sciences politiques) non comme une marque mais comme une discipline scientifique à vocation critique. A ce titre, il interroge plus largement la communauté des chercheurs sur le sens à donner à une menace d’action en contrefaçon de marque pour atteinte à un droit privatif, lorsque cette menace vise une activité intellectuelle. -Ainsi le département s’interroge sur les motivations de la Fondation, qui l’amènent à faire jouer une logique économique dans un univers censé être régi par des légitimités scientifiques et intellectuelles. Il rappelle que certaines choses ne sauraient s’acheter et il entend pour sa part rester fidèle à sa vocation d’une recherche de qualité, dont les résultats sont appropriables par tous – y compris les publics les plus populaires – au sein d’une université publique.

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