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Premier campus, le nouveau dispositif d'égalité des chances de Sciences po

Laura Taillandier
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Premier campus, le nouveau dispositif d'égalité des chances de Sciences po
Le programme Premier Campus entend accompagner des lycéens boursiers jusqu'à l'enseignement supérieur. // ©  Gilles Rolle/REA
Après les conventions éducation prioritaire, Sciences po lance un nouveau programme d'égalité des chances à destination des lycéens. Objectif : accompagner une cinquantaine d'élèves boursiers jusqu'à l'enseignement supérieur. L'initiative, expérimentée jusqu'en 2019, fera l'objet d'une évaluation.

Ce n'est pas une préparation aux concours de Sciences po ! L’établissement d'enseignement supérieur parisien insiste : son nouveau dispositif, nommé Premier campus, "n'a pas vocation à constituer une prépa Sciences po mais à préparer les élèves à leur intégration dans l'enseignement supérieur en leur donnant quelques clefs de succès".

Il ne s'agit pas non plus de remplacer les CEP (conventions éducation prioritaire). "Les deux dispositifs se complètent", pointe Hâkim Hallouch, responsable innovation sociale de l’institut de la rue Saint-Guillaume. "Les CEP ont posé le constat de la démocratisation de l'accès des élèves à l'enseignement supérieur il y a quinze ans. C'est un programme visant à accroître la diversité des profils des admis au sein de notre établissement", souligne-t-il.

"L'objectif de Premier Campus est beaucoup plus large : il ne s'agit pas pour nous de recruter ces élèves mais de les porter jusqu'à l'enseignement supérieur, de faire émerger des parcours, quels qu'ils soient... Du moment qu'on les a aidés à se donner les moyens d'atteindre leurs objectifs et de préciser leurs goûts intellectuels !" Et si ces élèves veulent intégrer Sciences po par la suite ? "On ne se privera pas de leur potentiel. Ils pourront intégrer une CEP si leur lycée est partenaire. Ou bien tenter l'examen."

Des cours intensifs centrés sur la maîtrise des langues

50 lycéens boursiers s'apprêtant à entrer en classe de première sont accueillis au sein du campus de Reims du 6 au 13 juillet. Durant cette semaine, ils approfondiront l'argumentation, la variété du champ lexical, l'expression orale... À leur arrivée, les élèves ont passé un test, puis ont été répartis par groupe de niveau. S'en suit une semaine chargée, avec six heures de cours par jour, soit 42 heures de cours "intensifs". Des ateliers théâtre, des conférences, des films sont également au programme.

Il ne s’agit pas de reproduire les savoirs disciplinaires qui relèvent de l'Éducation nationale.
(H. Hallouch)

Trois autres sessions sont prévues : en début de classe de première (vacances d'hiver 2018), en fin d'année scolaire (juillet 2018) puis en début de terminale (vacances d'hiver 2019). Un tutorat dans les lycées, assuré par des étudiants de Sciences po, complète le programme, élaboré par une équipe mixte d'enseignants du secondaire et du supérieur.

"Il ne s’agit pas de reproduire les savoirs disciplinaires qui relèvent de l'Éducation nationale. Nous souhaitons, à notre échelle, travailler sur l’interdisciplinarité, la maîtrise du langage et la méthodologie nécessaires à la réussite dans l’enseignement supérieur", précise Hâkim Hallouch. Avec, à terme, un objectif : proposer un kit en open source dont pourraient s'emparer d'autres établissements du secondaire et du supérieur.

"L'idée n'est pas de sélectionner les meilleurs lycéens"

Ce sont les académies de Paris, Créteil et Versailles qui ont sélectionné les 14 lycées partenaires du programme. Dans ces établissements, le proviseur et les professeurs principaux ont présenté l'initiative aux élèves boursiers volontaires. "Les dossiers scolaires n’ont pas été déterminants. L'idée n'est pas de sélectionner les meilleurs lycéens. Ceux-là sont déjà la cible d'autres dispositifs", déclare Hâkim Hallouch.

L’institut de la rue Saint-Guillaume entend mesurer la réussite de ce projet au travers de la progression académique des lycéens (niveau d’obtention du bac, type de cursus choisi, progression académique durant les trois premières années de licence...). C'est son centre de recherches LIEPP (laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques) qui pilotera cette évaluation. Le bilan est fixé à 2019, année où les lycéens sélectionnés passeront leur baccalauréat. Mais dès 2018, le programme pourrait être ouvert à d'autres académies, "aux problématiques différentes", notamment en zone rurale.


Laura Taillandier | Publié le

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