Sciences po Toulouse refuse de voter son budget 2013

Camille Stromboni
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Sciences po Toulouse - 2011 - ©Jessica Gourdon
Sciences po Toulouse - 2011 - ©Jessica Gourdon
Sciences po Toulouse n'a pas voté son budget pour l'année prochaine. L'institut dénonce, par la voix de son conseil d'administration, une situation intenable, en raison des dépenses de sécurité supplémentaires.

Après Lille les années précédentes, c'est au tour de l'IEP de Toulouse de hausser le ton. Le conseil d'administration de l'institut a refusé, lundi 17 décembre 2012, de voter son budget 2013 de près de 8 M€.

"Après plusieurs années d'un contexte très difficile, Sciences po Toulouse aspire à disposer des moyens appropriés aux réussites qui sont les siennes", écrivent les membres du CA dans une lettre adressée au ministère. Ce qui fait déborder le vase : les dépenses de sécurité qui ne cessent d'augmenter, sans que l'Etat ne compense.

"La situation n'est plus tenable. Nous ne pouvons plus piocher en 2013 encore dans notre fonds de réserve les 280.000 euros nécessaires - ce que nous avons déjà fait en 2011 (20.000€) et en 2012 (400.000€) – sous peine de rendre impossible le déménagement de l'institut prévu d'ici 2015, et qui permettra justement de supprimer ces dépenses de sécurité", explique le directeur de l'institut toulousain, Philippe Raimbault


"Des conditions insupportables au quotidien"

"Nos personnels et nos étudiants sont depuis longtemps dans des conditions insupportables au quotidien. Avec un froid glacial en amphi actuellement, des endroits où le plafond s'effondre, aucun lieu pour organiser la moindre manifestation, des amplitudes horaires immenses…", ajoute-t-il. L'IEP fait partie des instituts de région les moins dotés, avec Rennes et Lille.

Sans oublier la comparaison avec Sciences po Paris, citée dans la lettre du CA, qui évoque les moyens  "exorbitants" de l'institut de la rue Saint-Guillaume. "Cela ne fait qu'exarcerber le sentiment des personnels, qui se battent pour faire tourner l'IEP au quotidien sans moyens", note Philippe Raimbault.

Prochaine étape : une délégation du conseil d'administration, accompagnée d'élus territoriaux, se rendront au ministère de l'Enseignement supérieur dans les semaines qui viennent. "En janvier 2013, le conseil d'administration se réunira et décidera de voter le budget, ou non. Dans ce dernier cas, conformément à la loi, le budget reviendra au recteur", décrit le directeur.

Une situation tout à fait similaire donc, à celle des universités autonomes en difficultés, bien que l'institut ne soit pas, lui, passé aux RCE (responsabilités et compétences élargies).

Lire la "lettre ouverte concernant la situation de Sciences po Toulouse" (pdf)


Camille Stromboni | Publié le

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