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Sébastien Chantelot quitte l'ESC Pau pour La Rochelle BS sur fond de réorganisation à la CCI

Cécile Peltier
Publié le
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Groupe Sup de Co La Rochelle - DR
Le successeur de Sébastien Chantelot pilotera l'ensemble du pôle formation de la CCI Pau Béarn.
Après trois années à la tête de la business school paloise, son jeune directeur s'en va. Il fera sa rentrée le 1er septembre 2018 au sein du groupe Sup de Co La Rochelle. La CCI Pau Béarn, après une phase de suppressions de postes, a lancé une vaste réorganisation de son pôle formation.
Sébastien Chantelot, actuel directeur général de l'ESC Pau, rejoint le 1er septembre 2018 le groupe Sup de co La Rochelle en tant que directeur académique et DG de la La Rochelle BS. // © sébastien chantelot

Nouveau changement de visage à la tête de l'ESC paloise. Sébastien Chantelot, 41 ans, qui avait assuré l'intérim après la suspension de Stephen Platt en 2015, quittera courant juillet la direction générale du groupe ESC Pau, où il avait été officiellement nommé en 2017. Il prendra la direction de l’école de management et la direction déléguée des affaires académiques du groupe Sup de Co La Rochelle le 1er septembre 2018.

Aux manettes de La Rochelle BS, où il succède à Olivier Guyottot, nommé directeur académique et directeur du programme de Toulouse Business School, il aura pour mission d’accompagner le développement de l’école, dans le cadre "d’une stratégie définie autour de la territorialisation, l’internationalisation, la digitalisation, la différenciation et la diversification" précise son nouvel employeur dans le communiqué diffusé lundi 2 juillet 2018.

En qualité de directeur des affaires académiques, il devra s'"assurer de la qualité et de l’excellence académique" des programmes du Groupe : l'école du digital – La Rochelle Digital –, l'école de tourisme – La Rochelle School of tourism and hospitality –, des cycles post-bac – La Rochelle Academy – et de la formation continue – La Rochelle Executive education. Contactée par EducPros, l'ESC rochelaise se refuse à en dire plus pour l'instant.

"Un départ volontaire"

Titulaire d’un doctorat de sciences économiques de l’université Toulouse 1-Capitole, consacré à l’innovation, la créativité, et les territoires, Sébastien Chantelot a, en parallèle de ses activités de recherche, travaillé pendant quatre ans au service publicité de la "Dépêche du Midi", puis un an à la CCI de Toulouse sur les études statistiques et économiques, et enfin quatre ans en tant que consultant.

Depuis 2015, il occupait les fonctions de directeur général de l’ESC Pau Business School, où il enseignait également l’entrepreneuriat, le management de l’innovation et de la créativité, le design thinking, ainsi que le management stratégique.

Officiellement nommé à la direction générale de l'établissement en mai 2017, il part avec le sentiment du devoir accompli. "C’est un départ volontaire qui s’est fait en bonne intelligence avec la chambre", prend-il la peine de préciser.

"J’ai le sentiment d’être parvenu à une première phase de reconquête de l’école : outre le renouvellement du grade, pour trois ans, en septembre 2017, nous avons obtenu, en février 2018, celui de l'accréditation Epas pour cinq ans – contre trois ans – de notre programme grande école, et pour la première fois cette année, celle de notre Bachelor", détaille Sébastien Chantelot, contacté lundi 2 juillet 2018 par EducPros.

Suppressions de postes et réorganisation à l'ESC Pau

La chambre de commerce et d’industrie de Pau-Béarn, dont l’école de management est un service intégré, doit lui trouver un remplaçant. Malgré les paroles rassurantes de la direction, les derniers mois n'étaient pas un long gave tranquille.

Affectée par une baisse de ses ressources fiscales, en mars 2018, la Chambre a dû supprimer 30 postes, dont 20 au sein de l'école de commerce : 6 professeurs et 14 administratifs. "L'ESC était surstaffée. Après la disparition du projet France Business School, notre école a bénéficié d'un effet d'aubaine. Nous sommes aujourd'hui revenus à des volumes de candidats habituels", justifie le président de la Chambre, Didier Laporte.

"Compte tenu de la proximité de l'université de Pau et des Pays-de-l'Adour, qui délivre une excellente formation en droit, et avec laquelle nous travaillons en étroite collaboration, nous avons décidé de supprimer nos postes de professeurs de droit", développe-t-il. L'école compte désormais 77 collaborateurs, dont 31 professeurs permanents (parmi lesquels 16 docteurs).

Dans ce contexte de vaches maigres, la Chambre a lancé une réorganisation de son pôle formation, sous la signe de la mutualisation. Avec l'aide du cabinet Perspective RH, elle s'est mise en quête d'un directeur des formations pour la rentrée.

"L'ESC était surstaffée. Après la disparition du projet France Business School, notre école a bénéficié d'un effet d'aubaine.
(D. Laporte)

Ce profil, conjuguant connaissance du milieu académique et des outils stratégiques et financiers, pilotera non seulement l’école de management, mais également le CNPC (École supérieure du commerce et du sport), ainsi que des activités de formation continue de la Chambre, regroupées, à terme, au sein d’une seule et même entité juridique.

Le statut de cette nouvelle entité n'est pas encore tranché. Selon une source proche du dossier, la Chambre devrait préférer la société anonyme à l'EESC. Cela permettrait séduire des entreprises du territoire susceptibles d'entrer au capital.

Aujourd'hui, avec ses 11 millions d'euros de budget annuel – contre 6 millions pour le CNPC et 3 millions pour l'activité formation continue – sur un total de 20 millions d'euros, l'ESC représente la principale source de revenus du pôle de formation de la CCI.

Didier Laporte mise sur la réorganisation pour développer les synergies entre les formations, à la croisée du sport et du management, qui devraient déboucher sur la création de nouveaux produits – des Bachelors notamment. De quoi, espère-t-il, passer, d'ici à la fin de son mandat en 2021, de 20 à 25 millions de chiffre d'affaires annuel, puis à 30 millions.

Rendre son ADN à l'ESC Pau

Concernant plus spécifiquement l'ESC Pau, il s'agit de lui rendre son "ADN", sur la base des axes stratégiques en lien avec le territoire : le sport, l’agroalimentaire et l’énergie.

"L'ESC doit rester le vaisseau amiral du groupe, mais pas la source principale de son chiffre d'affaires. Cette situation nous a obligés jusqu'ici à nous mesurer à plus grands que nous, alors que nous resterons une petite grande école", analyse Didier Laporte. Selon Sébastien Chantelot, son successeur devra s'attaquer à la "deuxième phase de reconquête". Objectifs ? "Asseoir la grande école dans son environnement national et poursuivre son développement international."

À la peine dans les classements, l'ESC Pau a, selon lui, toute sa place sur ce marché "difficile et hyper-concurrentiel". Ainsi, "malgré sa sortie de la grappe [La Rochelle BS, EM Normandie, ESC Clermont, ISC Paris et South Champagne Business School], nous avons attiré autant de candidats que d'habitude au concours BCE", assure-t-il. Des chiffres à confirmer le 20 juillet 2018, lors des résultats du Sigem.


Cécile Peltier | Publié le

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