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L'Unef dénonce une porte toujours plus étroite pour entrer à l'université

Camille Stromboni
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Unef
L'Unef manifestait, mi-décembre 2014, avec le mouvement "Sciences en marche" pour protester contre le manque de moyens des universités. // ©  Lionel LEGER/REA

Des parcours sélectifs "illégaux" et des capacités d’accueil de plus en plus limitées. Dans son enquête publiée le 15 juillet 2015, l’Unef porte le fer contre une université aux portes moins ouvertes que jamais.

Cinquante-quatre universités pratiquent une sélection "illégale" au sein de 334 filières de licence, d’après l’enquête publiée par l’Unef le 15 juillet 2015. Le syndicat étudiant place en tête du palmarès des mauvais élèves Paris 4 (Paris Sorbonne), Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) ou encore Cergy, qui proposeraient chacune plusieurs dizaines de parcours sélectifs à l’entrée, via l'examen du dossier des candidats ou des épreuves spécifiques.

Des parcours à petits effectifs d’autant plus inacceptables que la pénurie de moyens dans les universités côtoie l'augmentation des effectifs étudiants, pointe l'Unef. L'organisation promet des recours en justice contre cette "démarche élitiste" et demande au ministère de faire appliquer la loi. Interrogé sur SudRadio, le secrétaire d’État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche a estimé que ces pratiques n'étaient pas "normales". "Cette sélectivité intervient trop tôt, a insisté Thierry Mandon. Ce n'est pas acceptable."

30% de filières à Capacités d'accueil limitées

L'Unef s’insurge contre un autre phénomène qui ferme des portes à l'université : le développement des capacités d’accueil limitées, dans les filières où la demande est trop forte, comme en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Le syndicat évoque la proportion de 30% de filières universitaires qui ne pourraient pas répondre à toutes les demandes d’inscription à cause de leurs capacités d’accueil. Un chiffre tiré du rapport parlementaire sur les liens entre le lycée et l'enseignement supérieur.

Dans certaines académies, comme celle de Besançon, la baisse des capacités d’accueil en première année serait de 10%, évalue le syndicat, qui demande aux recteurs de trouver des solutions aux milliers de bacheliers qui n'auraient pas, pour l'instant, une place dans la filière universitaire de leur choix.

sanctuariser vraiment le budget

"Cette démarche doit être accompagnée par des mesures de long terme, et notamment un investissement dans l’enseignement supérieur à destination des premiers cycles", défend l'Unef, qui demande la création de 2.500 postes par an, un plan pluriannuel de construction et de rénovation de locaux universitaires ainsi qu'une augmentation conséquente du budget de l’enseignement supérieur pour l’année 2016.

Thierry Mandon a réagi en lançant "une alerte : le choc démographique de l'université mérite qu'on soutienne financièrement de manière pérenne les établissements". Ce qui passe par un budget sanctuarisé, mais aussi par le respect des promesses faites aux universités, a-t-il insisté. "Or, ces dernières années, des crédits sont gelés, à peine votés", a pointé le nouveau secrétaire d'État, en direction de Bercy.


Camille Stromboni | Publié le

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