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Sélection en master à l'université : l'opération déminage de Benoît Hamon

Camille Stromboni
Publié le
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Soirée des majors de promotion de master - université Paris 2 Assas - Janvier 2012 © C.Stromboni
Soirée des majors de promotion de master - université Paris 2 Assas - Janvier 2012 © C.Stromboni

Haro sur la sélection. Benoît Hamon l’a affirmé de manière péremptoire : il faut mettre fin à la sélection à l’entrée du master 2. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il souhaite la déplacer à l’entrée du master 1. Ni lancer une réforme particulière. Explications.

"Benoît Hamon et Geneviève Fioraso tiennent à réaffirmer leur refus de toute sélection à l’entrée en master". Dans un communiqué du 25 juin 2014, le ministre de l’Education nationale et la secrétaire d’Etat à l'Enseignement supérieur ont estimé nécessaire de clarifier leur position sur ce sujet très sensible de la sélection à l’université.

L’affaire débute au Parlement le 10 juin 2014. Interrogé par le député UMP Patrick Hetzel, Benoît Hamon affiche alors fortement son opposition à la sélection à l’entrée du M2. Une "survivance" qu'il faut "absolument faire évoluer", estime-t-il. "Il est inadmissible que nous ayons une sélection en milieu de cycle."

Une "réflexion" ministérielle limitée à la filière psycho

Quelques semaines plus tard, un article du Monde (daté du 26 juin 2014) assure que Benoît Hamon compte mettre en place la sélection à l'entrée du M1. Ce qui semble avoir provoqué des sueurs froides chez les ministres, leur communiqué paraissant quelques heures plus tard. Benoît Hamon et Geneviève Fioraso insistent sur leur opposition à "toute sélection" en master, que ce soit en M1 ou en M2. Ils avancent ainsi une position dans la droite ligne de celle de l'Unef.

Au-delà des principes, les ministres indiquent avoir "engagé une réflexion sur cette question en dialogue avec les étudiants, les enseignants et les milieux professionnels". Mais cela ne concernera que les "filières bien identifiées" au sein desquelles le problème se pose, selon le communiqué des ministres. Et même seulement la filière 'psycho', pour laquelle une mission est en cours, précise-t-on au ministère. Pas de grande réforme en vue donc.

Budget 2014 : les universités épargnées ?
Dans une interview au Monde en date du 25 juin 2014, Geneviève Fioraso affirme que les nouvelles économies prévues sur le budget 2014 [189 millions sur le ministère - 400 millions sur la MIRES] n'auront "aucun impact sur les universités".

"C'est purement comptable, promet-elle. En revanche, c'est le budget triennal qu'il faut considérer. Avec Benoît Hamon, nous négocions des arbitrages qui respectent la priorité donnée à l'éducation par le gouvernement. L'objectif est de maintenir le budget. Mais cela implique tout de même des efforts".

Lire notre article : Budget : de nouvelles économies qui font peur aux universités

Camille Stromboni | Publié le

Vos commentaires (6)

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mon avis.

Vu le peu de place en Master 2 cela ne veut pas dire que les meilleurs étudiants sont ceux qui sont en Master 2. Auparavant il n'y avait pas de sélection en DESS/DEA qui étaient accessibles à tous alors les titulaires de M2 devraient arrêter de se prendre pour l'élite de la nation. Vous n'êtes pas des ingénieurs vous n'avez qu'un pauvre M2 c'est à dire un diplôme sans aucune expérience.....Il faudrait apprendre à être humble. Il est vrai que la fac vous fait miroiter qu'avec votre petit M2 vous deviendrez cadre et que vous serez payé 40.000 € par an. Apparemment en M2 on apprend beaucoup la gloriole mais pas trop à réfléchir ni à regarder l'état du marché. Beaucoup de gens se prennent pour des juristes car ont un M2. Mais se retrouvent à carrefour avec leur bac+5 car n'ont aucune expérience donc au final les meilleurs en M2 ? On peut en douter. Navré de vous décevoir.

mon avis.

On peut avoir un M2 et être un parfait imbécile. Les cerveaux sont surement plus dans les écoles d'ingénieurs qu'en fac. Quand on voit ce qu'on apprend aux étudiants en droit dans certaines branches (ex : histoire de la pensée juridique....). Même pas recyclable en entreprise votre M2. Les entreprises veulent des gens qui sachent bosser pas des têtes remplies de bachotage et d'idées peu réalistes du monde du travail. Un conseil les jeunes qui font la fac plein temps faites des petits boulots pas que des stages sinon vous vous retrouverez sans expérience avec un bac+5 au chômage et une étiquette de tanguy de service. Un jour il faut aller bosser. Il n'y a pas que les bac+5 dans la vie ....

Liza.

Tous les cerveaux fuiront l'université.... Quel élève brillant voudrait se retrouver titulaire d'un diplôme n'ayant plus aucune signification et n'étant plus le garant d'un certain niveau intellectuel ? Les élèves de ce type n'auront plus aucun moyen de se démarquer par leur parcours académique brillant si l'on permet à tous les élèves mauvais/moyens de faire exactement les mêmes masters qu'eux.

Sarah.

Je trouve ça normal plusieurs étudiants alors même qu'ils ont réussi le master 1 se retrouvent sans master 2 soit parce qu'ils ont foiré leur entretien soit parce qu'ils sont moins douer à l'oral qu'à l'écrit. D'autre part, je tiens à souligner qu'il y a plusieurs professeurs qui choisissent les élèves de manière déloyale. Donc la sélection elle peut se faire en thèse c'est ridicule de faire une sélection en milieu de cycle.

Joe.

Après le bac pour tous, le mariage pour tous, voilà le master pour tous. Se rendent t-ils compte que ce nivellement par le bas de l'université française ne va à terme que causer sa perte ?

verificator.

Prochaine étape : pas de sélection pour l'inscription en thèse !

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