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Stanford Ignite-Polytechnique : un programme pour créer une communauté d’entrepreneurs

Cécile Peltier
Publié le
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Amphithéâtre à Polytechnique. © École polytechnique, J. Barande.
Amphithéâtre à Polytechnique. © École polytechnique, J. Barande.

La Graduate Business School de Stanford et l'Ecole Polytechnique lancent, à la rentrée 2013 à Paris, un programme de formation continue dédié à l'entrepreneuriat. Retour sur ce projet, qui veut conjuguer excellence et innovation.

Pour son premier partenariat étranger, Stanford Ignite, la Graduate School of Business (GSB) de la prestigieuse université américaine, a choisi l'Ecole Polytechnique. Un partenaire "évident" pour Yossi Feinberg, directeur du programme Stanford Ignite et professeur d'économie. L'université de Stanford et l'école d'ingénieurs française entretiennent en effet des relations très anciennes à travers des échanges d'étudiants et de professeurs.

Ce nouveau programme, en formation continue, est calqué sur le cursus en entrepreneuriat proposé depuis 2006 à la GSB. Son objectif : livrer à des personnes dotées d'un solide bagage scientifique "les fondamentaux de la création d'entreprise et les clés pour développer l'innovation, l'évaluer et l'exploiter", expliquent les partenaires. "Ce programme convient à la fois à des étudiants diplômés, des entrepreneurs, des scientifiques ou des ingénieurs issus de grandes entreprises, qui cherchent à acquérir les outils et les connaissances nécessaires pour créer des entreprises performantes ou lancer des initiatives innovantes", détaille Yossi Feinberg.

La première session se tiendra à Paris du 19 septembre au 17 novembre 2013. Au menu : 100 heures de formation en classe, à raison de deux jours et demi de cours tous les quinze jours. Il faudra compter autant d'heures de travail de groupe sur les projets choisis par les participants eux-mêmes. A côté des cours classiques de management, ces différents exercices doivent en effet permettre aux stagiaires de développer leurs capacités d'innovation.

Le coaching des étudiants sera assuré par des industriels, investisseurs en capital ou business angels européens, choisis par Polytechnique. Le reste des cours sera dispensé par des professeurs de Polytechique et de GSB... Certains feront le déplacement, mais une bonne partie des enseignements passera par le e-learning.

Lier sciences, entrepreneuriat et innovation

Cette formation 100% en anglais vient répondre à un vrai besoin du vieux continent : "Il existe aux Etats-Unis un lien assez naturel entre sciences, entrepreneuriat et innovation. Il est banal pour un chercheur de monter sa start-up. Regardez Google ou Facebook... En France, c'est très différent. Les scientifiques ne sont pas formés à ces questions. L'idée de ce programme est de construire un pont entre ces deux mondes afin de permettre aux chercheurs européens de transformer leurs découvertes en innovations", explique Bruno Martinaud, co-responsable du programme Stanford Ignite-Polytechnique.

Pour l'école d'ingénieurs, c'était l'occasion rêvée de développer, avec l'un des spécialistes reconnus du secteur, "l'activité entrepreneuriale et l'innovation", l'une de ses priorités à l'heure qu'il est, relève Bruno Rostand, directeur de l'Innovation et de l'Entrepreneuriat de l'Ecole Polytechnique. Et un moyen de renforcer ses liens avec la prestigieuse université, qui constitue la première destination de ses étudiants en flux, avec 15 Polytechniciens envoyés chaque année.

Un programme de long terme

À l'issue de la formation, qui tourne autour de 7.000 euros, les apprenants se verront remettre un certificat Stanford-Polytechnique. Pour débuter, les partenaires visent entre 30 et 40 participants, selon la qualité des candidatures. Un chiffre qui pourrait aller croissant ensuite au fur et à mesure des sessions annuelles. A la toute fin mai, 220 candidats s'étaient manifestés sur le portail web de la formation. Mais, "ce programme n'a pas pour objectif de rapporter de l'argent, il se pourrait même que nous en perdions, sourit Yossi Feinberg. C'est un programme sur le long terme, destiné à créer une communauté d'entrepreneurs..."

"Pour Stanford, qui a pour préoccupation depuis des décennies le transfert de nouvelles connaissances vers les milieux commerciaux de la Silicon Valley, ce partenariat avec Polytechnique est un moyen de faire la même chose à l'échelon des marchés internationaux", conclut l'université.

Elle va d'ailleurs proposer cette formation à l'entrepreneuriat également en Asie : à Bangalore en Inde à compter de cet été, et à partir du printemps 2014, à Pékin. Sans partenariat cette fois.


Cécile Peltier | Publié le

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APB.

Voila comment les américains vont pouvoir siphonner encore un peu plus rapidement nos chères tête bien faites... Cerise sur le gâteau,ces têts bien faites n'auront même pas à devenir entrepreneurs... Qu'ils donnent leurs idées, leurs compétences, d'autres s'en occuperont.. parce qu'en France, devenir entrepreneur, c'est mal... Nos chères tête bien pleines pourront ainsi poursuivre leur carrière bien au chaud dans l'administration ou sur des trajectoires toutes faites dans nos grandes sociétés nationales...