Statut des enseignants-chercheurs : quatre présidents et un Nobel prennent position

CS
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Deux tribunes "incontournables" sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs sont parues le jour de la manifestation nationale : la première signée par quatre présidents d'université (Strasbourg, Paris-Descartes, Université de la Méditerranée, UPMC) défend le projet de décret dans sa version modifiée ; la deuxième, signée Albert Fert, prix Nobel 2007, s'y oppose.

Universitaires : « personne ne peut se contenter de l'actuel statut » , par Alain Beretz, président de l'université de Strasbourg, Yvon Berland, président de l'université de la Méditerranée, Axel Kahn, président de l'université Paris-Descartes et Jean-Charles Pomerol, président de l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC). Une tribune publiée dans Le Monde du 29 janvier 2009.

POUR LA REFORME : Quatre présidents d’universités emblématiques défendent dans Le Monde la réforme modifiant le statut des enseignants-chercheurs (dans sa version corrigée). Selon eux, celle-ci "ouvre grand la porte à la transparence de l'évaluation". Ils soulignent la nécessité du changement et estiment que l'un des moteurs de la protestation est alimenté par "un refus des évaluations des activités enseignantes".

Les aspects positifs du projet de décret l'emportent selon eux. « Le maintien du dispositif de 1984 » serait en effet « contraignant, contourné en coulisses et préjudiciable à tous ceux et notamment les jeunes enseignants-chercheurs qui s’engagent avec passion et qualité en faveur de leurs étudiants et de leur établissement ».

"Réforme des universités et de la recherche : des discours aux actes" , par Bruno Chaudret, chimiste, membre de l’Académie des sciences, directeur de recherche, Albert Fert, physicien, prix Nobel 2007, professeur, Yves Laszlo, mathématicien, professeur, Denis Mazeaud, juriste, professeur. Une tribune  publiée dans Libération du 29 janvier 2009.

CONTRE LA REFORME : A l’inverse, le prix Nobel 2007, Albert Fert, et plusieurs chercheurs critiquent avec véhémence l’ensemble de la politique mise en œuvre par Valérie Pécresse. La réforme du décret de 1984 bien sûr, « dangereuse, hypocrite et contre-productive » mais aussi l’ensemble des contradictions qui traversent la politique de recherche. Les « chaires organisme-université », la transformation du CNRS en agence de moyens, la politique de financement des projets de recherche… Les auteurs détaillent cette réforme « incohérente et mal pensée ».

Et pour mieux comprendre les enjeux de la modification du statut des enseignants-chercheurs, une note d’Olivier Beaud , professeur des universités en droit public à l’université Panthéon-Assas (Paris II), rédigée pour QSF (Association pour la Qualité de la science française), très détaillée.      


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