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Mooc : le MIT et Harvard font la chasse aux fraudeurs

Morgane Taquet
Publié le
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Les données de 1,9 million de participants sur 115 Mooc allant de l'automne 2012 au printemps 2015 ont été analysées.
Certains utilisateurs de Mooc répondent à des questions d'évaluation "plus vite que ce qui est humainement possible", selon une étude conduite par Harvard et le MIT. // ©  Creative Commons By Alejandro Escamilla

Une étude de deux chercheurs du MIT et d'Harvard dévoile une technique inédite de fraude, utilisée à grande échelle dans une centaine de Mooc.

Après la pédagogie innovante, la triche 3.0. Dans un "working paper" publié fin août 2015 sur la plateforme en ligne arXiv.org , deux chercheurs de Harvard et du MIT révèlent avoir décelé une nouvelle technique de fraude propre aux Mooc.

Lors de l'analyse des données recueillies sur EdX, les chercheurs ont remarqué que certains utilisateurs répondaient à des questions d'évaluation "plus vite que ce qui est humainement possible", explique le MIT.

Comment fonctionne la fraude ? Un utilisateur crée plusieurs comptes, dont l'un est le compte principal grâce auquel il finira par obtenir le certificat. Les autres comptes fantômes servent à obtenir les réponses aux différents quizz d'évaluation et ainsi alimenter le compte d'origine. C'est ce que les chercheurs appellent la technique Cameo pour "copying answers using multiple existences online".

Des solutions pour limiter la fraude online

Sur EdX, les chercheurs ont analysé des données de 1,9 million de participants sur 115 Mooc allant de l'automne 2012 au printemps 2015. Dans 69 cours en ligne, 1,3% des certificats obtenus (soit 1.237 certificats) semblent l'avoir été en fraudant via cette méthode Cameo. En outre, parmi les titulaires de 20 certifications ou plus, 25% auraient été obtenus en trichant.

Les disciplines de la santé, des sciences sociales et des sciences politiques, sont les plus touchées alors que celui de l'informatique est relativement préservé (moins de 1%). Les chercheurs ont également établi un profil du fraudeur type : plutôt jeune, peu diplômé et vivant en dehors des États-Unis.

Des solutions existent pour limiter la fraude, avancent dans leur papier les chercheurs : la répartition aléatoire des questions, la rétention des réponses aux évaluations jusqu'à l'obtention de la certification ou encore la surveillance virtuelle des examens. Toutefois, les chercheurs l'admettent : "ces solutions peuvent restreindre le développement de l'apprentissage en ligne."

En savoir plus
Ce "working paper", soit un article non publié et toujours en cours de rédaction, est une copublication d'Isaac Chuang, professeur de physique et vice-doyen en charge de la pédagogie numérique au MIT, et d'Andrew Ho, enseignant en pédagogie et psychomotricien à Harvard.

L'article, intitulé "Détecter et prévenir la fraude sous de multiples identités dans les Mooc", est disponible sur la plateforme gratuite de prépublications scientifiques arXiv.org.

Morgane Taquet | Publié le

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SCHAAP.

Peut-être faut-il associer les comptes ouvert aux adresses IP. De cette façon on ne peut pas avoir plusieurs compte pour une seule et même adresse IP.

Yoloooh.

S'ils maîtrisent la technique Cameo, obtenir une adresse IP par compte ne devient qu'une formalité. Autant garder les réponses jusqu'à la fin de l'examen.