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T. Moreau : "Avec la FSE, nous voulons être plus proches des étudiants dans leur quotidien"

Pauline Bluteau
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T. Moreau : "Avec la FSE, nous voulons être plus proches des étudiants dans leur quotidien"
Le congrès de la FSE s'est tenu pour la première fois du 22 au 24 juin 2019 à Bordeaux. // ©  Photo fournie par le témoin
Né en mai dernier d'une scission avec l’Unef, la FSE (Fédération syndicale étudiante) prépare sa première rentrée. Son secrétaire général, Thibaud Moreau, étudiant en troisième année de licence d’histoire à Limoges, revient sur son action, ses ambitions et les causes qui l’ont poussées à créer ce nouveau syndicat.

Deux mois après votre séparation avec l’Unef, peut-on revenir sur ce qui vous a amené à vous détacher de la deuxième force étudiante de France ?

Thibaud Moreau, secrétaire général de la FSE. // © Photo fournie par le témoin

Il s’agit d’une réflexion de long terme, qui n'est pas liée à un événement spécifique qui se serait produit à l’Unef (Union nationale des étudiants de France). Au sein de ma tendance, l’unité action syndicale, nous étions en phase avec les idées défendues par l’organisation mais pas sur la façon de faire du syndicalisme.

Nous estimons que l’Unef est déconnectée de la réalité et qu’elle n’est plus au service des étudiants. Nous dépensions aussi beaucoup d’énergie pour les élections aux CROUS (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires). Il y avait un discours très politique : nous promettions des choses que nous n'étions pas capables de tenir. De plus, le fonctionnement du syndicat est totalement verrouillé en interne. Il y a un vrai manque de démocratie.

En janvier, nous avons donc pris la décision de mettre en place une nouvelle structure, et en mai, nous en avons informé l’Unef en interne par l'intermédiaire d'une lettre de 22 pages pour expliquer notre analyse et ouvrir un débat au sein de l’organisation.

Comment la nouvelle a-t-elle été accueillie au sein de l'Unef ?

Cela n’a pas été très bien perçu en interne, mais c’est normal, quand on fait partie d’une organisation à laquelle on croit, c’est difficile d’admettre que certains puissent s’en détacher. Nous sommes surtout déçus de constater qu’il n’y a eu aucune remise en question de leur part, alors que c'était le but de notre démarche.

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Combien d’adhérents vous ont rejoint après l’annonce de la création de la FSE ?

Impossible de savoir exactement combien nous sommes pour l'instant. Tout simplement parce que cela n’a pas eu lieu pendant un congrès de l'Unef, événement au cours duquel nous recensons habituellement nos adhérents. Nous savons que d’autres sections ont été convaincues et ont décidé de nous suivre. Lors de notre congrès fondateur fin juin, nous avons dénombré une centaine de délégués qui seront présents dans 15 universités dès la rentrée, comme à Grenoble, Nantes, Caen, Rouen, Bordeaux, Marseille, Nanterre…

Autre chiffre à noter : sur les trois élus de l’Unef au Cnous (Conseil national des œuvres universitaires et sociales), deux sont passés FSE. Au Cneser (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), nous avons aussi obtenu deux élus grâce à la liste alternative, tout comme l’Unef.

Que pensez-vous apporter de plus aux étudiants ?

Nous souhaitons nous appuyer sur la solidarité étudiante car l’individualisme est très fort. Cela pourrait passer par des soirées en cité U, organiser des prêts de matériel et des bourses aux livres… L’objectif est aussi de remettre en avant les luttes étudiantes au niveau des droits et des conditions d’études. Et que notre fédération soit au service de cette lutte.

En interne, cela passe par un cadre démocratique avec la possibilité de débattre des actions à mener. On peut venir à la FSE sans être d’accord avec nos idées. Nous avons des responsables, mais ceux-ci sont au service du collectif.

En résumé, nous souhaitons être plus proches des étudiants dans leur quotidien. Nous voulons les pousser à s’engager. Nous ne devons être qu’un outil pour que les étudiants puissent mener leurs actions.

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Quels sont les objectifs de la FSE ?

Notre ambition n’est pas de remplacer l’Unef sur les campus. Le but est plutôt de faire vivre des collectifs d’individus. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur la nécessité de reconstruire le syndicalisme étudiant. Je suis entré à l’Unef en 2014 parce que j’étais convaincu de l’utilité des syndicats pour changer les choses et gagner des droits. Aujourd’hui, il faut créer de nouvelles pratiques et mener de nouvelles actions, cela prend du temps. Nous espérons concentrer toute notre énergie sur le terrain pour rendre les étudiants réactifs sur les réformes en cours, parce qu’il y en a beaucoup.

En parlant de réformes, comment vous situez-vous ?

Nous sommes opposés à toute forme de sélection ou à la baisse des APL. Par contre, nous militons pour un élargissement des critères sociaux. Nous sommes actuellement en train de débattre sur les textes fondateurs de la FSE.


Pauline Bluteau | Publié le

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