Tableaux blancs interactifs : reportage dans une community school londonienne

De notre correspondante à Londres, Élisabeth Blanchet
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Tableaux blancs interactifs : reportage dans une community school londonienne
A l'heure du salon britannique des nouvelles technologies, le BETT , du 12 au 15 janvier 2011, reportage dans une community school londonienne entièrement équipée de tableaux tactiles.

"Tom, peux-tu venir nous montrer ce qui te gêne dans cette pub ?", demande Carl, le prof de technologie, à l'un de ses élèves de Year 11 (équivalent de la seconde) en pointant l'image projetée sur le tableau numérique Smart. Tom se lève, prend un stylet, et suit le point rouge qui émane de la télécommande de Carl. Tout en parlant, il écrit naturellement les mots "couleur" puis “logo” en surimpression sur l'image. Ce sont en effet ces deux éléments qui clochent dans cette pub car ils ne vont pas ensemble.

Des TBI en nombre

A la Gladesmore Community School, les tableaux numériques font partie du quotidien des élèves depuis déjà trois ans. L'établissement abrite plus de 80 tableaux pour 1250 élèves. Et Carl comme tous ses collègues auraient aujourd'hui beaucoup de mal à enseigner sans eux... "Ils nous font gagner un temps fou, dit-il, et il n'y a pas que le tableau en lui-même mais toutes les ressources qui vont avec : les cours, les devoirs. Les enfants peuvent y avoir accès de n'importe quel ordinateur, notamment chez eux et interagir avec nous depuis leur living-room", poursuit-il.


La marque canadienne Smart Technologies, spécialisée dans les nouvelles technologies éducatives, a choisi Gladesmore comme l'une des ses écoles "showcase". En contrepartie de matériels et de logiciels éducatifs donnés, les établissements s'engagent à accueillir des institutions, des journalistes intéressés par des visites sur le terrain, à participer à des formations d'enseignants et à des séminaires de créations de contenus.

A Gladesmore, l'utilisation des nouvelles technologies fait ses preuves

Il y a encore 10 ans, la Gladesmore Community School avait mauvaise réputation : ses locaux en piteux état, ses mauvais résultats et problèmes de discipline la rendaient peut fréquentable. Depuis quelques années, et un investissement de près de 15 millions d'euros du gouvernement pour la rénovation des locaux et l'acquisition de nouvelles technologies, le collège est passé au-dessus des moyennes nationales dans ses résultats au GCSE [certificat général du secondaire].

Les TBI se perfectionnent
L’entreprise canadienne Smart, leader sur le marché britannique, a aussi profité du BETT pour présenter son nouveau tableau qui permet à deux élèves de pouvoir interagir en même temps et d'utiliser des objets physiques différents du stylet comme des pinceaux, une balle de tennis pour les élèves qui ont des difficultés moteur ou tout simplement une bonne vieille règle en bois pour la géométrie.

La Grande-Bretagne a investit massivement dans les nouvelles technologies

La Grande-Bretagne représente le territoire idéal de développement de nouvelles technologies pour Smart et ses concurrents. Grâce à une politique ultra-dynamique d'investissement dans les nouvelles technologies initiée au début des années 2000 par le ministre de l'éducation de l'époque Charles Clarke, des milliards de livres Sterling ont été injectés dans l'équipement des salles de classes en tableaux numériques et en ordinateurs. Ainsi, aujourd'hui, entre 70 et 80% des classes du primaire ont un tableau tactile et entre 45 et 50% des classes du secondaire. Les tableaux tactiles, les logiciels associés et les environnements numériques de travail font désormais partie des outils scolaires pour plus de la moitié des écoliers britanniques.

"Il faut environ 24 mois pour que la France atteigne le même niveau"

Aux Etats-Unis, comme en Scandinavie et en Hollande, 35% du primaire et du secondaire sont équipés. Quant à la France, seulement 7% des classes sont équipées. "On se heurte surtout à l'appréhension de l'enseignant vis à vis des nouveaux outils en France, mais je suis optimiste. En un an, l'Espagne a presque rattrapé le taux de la Grande-Bretagne. J'estime qu'il faut environ 24 mois pour que la France atteigne le même niveau", analyse Richard Ramos, directeur général de Smart Technologies France.


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