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Tableaux blancs interactifs : une année de test à l’université de Strasbourg

Fabienne Guimont
Publié le
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Un TBI smart en GB (© E. Blanchet)
Un TBI smart en GB (© E. Blanchet)

Le salon Educatec-Educatice 2011 ouvre ses portes du 23 au 25 novembre, Porte-de-Versailles. L’occasion pour les acteurs du supérieur, les constructeurs et les éditeurs du secteur des nouvelles technologies d’échanger et de monter des projets communs. Une convention originale s’est ainsi nouée lors de l’édition 2010 entre l’université de Strasbourg et Smart, le constructeur canadien de TBI (tableaux blancs interactifs).

L’université alsacienne y voit le moyen de faire tester par ses enseignants des TBI dans différentes situations d’apprentissage. Et Smart, l’occasion de percer le marché des universités françaises, qui ont encore très peu investi ce créneau numérique. Les retours d’usages seront communiqués au ministère de l’Enseignement supérieur, et plus largement, d’ici à la fin de l’année universitaire.

À l’université de Strasbourg, comme dans beaucoup d’universités françaises, des TBI ont souvent été achetés en ordre dispersé, sans plan de déploiement raisonné sur leurs usages et leur maintenance et sans formation des enseignants. Le partenariat signé avec Smart est censé inverser cette tendance et partir des usages potentiels avant d’investir dans des TBI.

Des TBI adaptés aux usages pédagogiques

TBI à l'université de Strasbourg

Depuis cet été, l’Institut de démographie et le département d’anglais disposent chacun sur leurs murs d'un tableau blanc interactif (TBI) fourni par Smart. Celui de la faculté de médecine est en cours d’installation en amphi et, d’ici à décembre 2011, une salle de formation des enseignants sera également équipée. Les tableaux sont adaptés selon les usages spécifiques des disciplines. En anglais, des haut-parleurs, des boîtiers de connexion ou des micros ont été ajoutés au TBI pour la prise de son et la diffusion sonore, par exemple lorsque la médecine requiert une grande qualité des images, rétroprojetées sur un grand écran.

Les tableaux sont adaptés selon les usages spécifiques des disciplines

« Les installations sont soignées, afin que les commandes soient automatisées, que des fils ne courent pas partout… car la moindre erreur d’installation engendre des problèmes d’usages quand, dans un amphi, 400 paires d’yeux sont braquées sur l’enseignant, pointe Philippe Portelli, directeur des usages numériques à l’université de Strasbourg. Les enseignants peuvent apporter leur ordinateur et le brancher au TBI. Cette installation permet aussi d’intégrer le TBI dans la captation automatisée des cours qui se fait déjà. »

Le « peer to peer » comme mode de diffusion des usages

Pour chacun des quatre tableaux, un enseignant référent utilise le TBI avec ses étudiants, sensibilise ses collègues volontaires aux plus-values d’interactivité produites et fait remonter les usages pédagogiques. « Pour démarrer, ces enseignants – qui n’avaient jamais utilisé de TBI – ont eu deux jours de formation balisés avec un ingénieur pédagogique de la direction des usages du numérique de l’université, explique Philippe Portelli. A priori, ils jugent l’usage du TBI plutôt simple, avec l’affichage de contenus, d’annotations à conserver et à partager. Ensuite, ils comprennent que la vraie plus-value vient du travail collaboratif entre étudiants, en permettant de condenser leurs réflexions au tableau, plutôt que de déposer simplement des documents sur une plate-forme. »

La vraie plus-value vient du travail collaboratif entre étudiants

Une hotline technique

Sur la durée de l’expérimentation, les enseignants peuvent appeler un ingénieur pédagogique s’ils ne trouvent pas la fonction la plus adaptée à leurs besoins pédagogiques. Une façon d’apprivoiser le TBI sans se « mettre en danger » devant des étudiants. « On a levé le verrou de la crainte de ne pas savoir faire », se réjouit le directeur des usages du numérique. Le service espère former une centaine d’enseignants au maniement du TBI. Ensuite ? L’achat massif de TBI n’est pas au programme. « À terme, nous souhaitons installer des TBI s’ils peuvent générer une interaction pédagogique supplémentaire et là où les enseignants travaillent en équipe, et sont prêts à partager leurs pratiques », insiste Philippe Portelli.

Un gain pédagogique qui doit être mis en relation avec les coûts d’installation variant de 900 à 2.000 € selon les ajouts de périphériques pour des TBI valant autour de 4.000 € pièce.

Un taux d’équipement en TBI très modeste
Selon le rapport Fourgous de février 2010 , 6% des classes (tous établissements scolaires confondus) étaient équipées de tableaux numériques interactifs, contre 78% en Grande-Bretagne et 45% au Danemark. En 2010, Promethean était leader en France dans le secteur « enseignement scolaire » avec 43% de parts de marché, devant eInstruction et Smart à 25% et 23%. « La France est le seul pays au monde qui n’a pas eu son plan massif de financement de TBI dans le primaire et le secondaire. Le plan École numérique rurale [ENR] n’a investi que 50 millions d’euros, contre 2 milliards de livres Sterling en Grande-Bretagne avec le Becta », déplore Richard Ramos, directeur général France de Smart.

• En savoir plus sur les taux d’équipement numérique des premier et second degrés en France (chiffres 2010).


Fabienne Guimont | Publié le

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