Taxe d’apprentissage : les grandes écoles perdent 60 millions d'euros

Céline Authemayou
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La réforme de la taxe d'apprentissage occasionne une perte de 200 à 300 euros par élève pour les grandes écoles en 2014, selon une enquête CGE - Cdefi
La réforme de la taxe d'apprentissage occasionne une perte de 200 à 300 euros par élève pour les grandes écoles en 2014, selon une enquête CGE - Cdefi // ©  plainpicture/fStop
Pour mesurer les effets de la réforme de la taxe d’apprentissage sur les budgets des établissements d’enseignement supérieur, la CGE et la Cdefi ont sondé 120 grandes écoles. Si les écoles d'ingénieurs ont vu leurs recettes baisser de 33%, les écoles de commerce sont plus durement touchées, avec 46% de perte.

Elles avaient beau avoir prévu ce scénario, elles accusent tout de même le coup. Les grandes écoles ont vu leurs recettes issues de la collecte de la taxe d'apprentissage (part hors quota, à savoir hors formations par apprentissage) baisser en moyenne de 37%. Soit 60 millions d'euros. C'est le résultat d'une étude menée par la CGE (Conférence des grandes écoles) et la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs) en octobre 2015, auprès de 120 établissements.

Du côté des écoles d'ingénieurs, la baisse est estimée à 33% par rapport à la collecte 2014. Ce qui représente environ 200 euros en moins par étudiant. Les écoles de management quant à elles, doivent faire face à une diminution de 46% de l'enveloppe, soit une perte de 300 euros par élève.

"Un choc terrible" pour les écoles

"La CGE et la Cdefi avaient alerté le gouvernement avant même le dépôt du projet de loi relatif à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale, sur les conséquences néfastes pour les établissements de la réforme telle qu'envisagée au départ, rappellent les deux conférences. La part barème de la taxe [qui concerne les formations hors apprentissage] est effectivement une ressource nécessaire pour le développement des formations professionnelles et technologiques sous statut apprenti ou scolaire."

Interpellé le 18 septembre 2015 par les directeurs et directrices d'écoles d'ingénieurs réunis en assemblée générale de la Cdefi, Thierry Mandon avait entendu les craintes, "conscient du choc terrible" provoqué par la réforme de la taxe.

"Il faut sans tarder se mettre au boulot, et voir comment relancer la machine", avait alors prôné le secrétaire d'État, avouant tout de même qu'il n'avait pas de recette miracle à proposer, si ce n'est le développement de la formation continue dans les établissements, pour développer de nouvelles sources de revenus.


Céline Authemayou | Publié le

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