Texas Instruments : comment ses calculatrices nouvelle génération entrent dans les collèges et lycées

Fabienne Guimont
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Terminale S, Antony
Terminale S, Antony
A l'occasion du salon Educatec-Educatice qui se tient du 24 au 26 novembre 2010 à Paris, zoom sur une expérimentation en cours dans quelques collèges et lycées. Texas Instruments teste ses nouvelles calculatrices TI-Navigator, connectées à l’ordinateur des enseignants dans leur classe. Reportage au lycée Descartes d’Antony , établissement testeur depuis trois ans.

« François et Camille, je vois que vous n’êtes pas connectés. » Dans une classe ordinaire, sur son ordinateur portable, le professeur de mathématiques visualise les écrans de chacune des calculatrices de ses élèves de terminale S. Comme au lycée Descartes d’Antony (92), une dizaine de lycées généraux et professionnels et quelques collèges expérimenteront cette année ce dispositif dans une poignée de classes. 

Chaque élève répond au fur et à mesure aux questions d’un exercice de géométrie en utilisant sa calculatrice multifonction (géométrie, algorithmique, calcul…) reliée en Wi-Fi au portable de l’enseignant. Il s’agit pour un tracteur de minimiser sa consommation d’essence en trouvant le meilleur chemin entre la terre et la route. Dans la classe, on entend plus que des chuchotements. Sur le tableau blanc interactif (TBI), les réponses sont projetées au moment où les élèves répondent. « Vous pouvez passer à la suite si vous avez répondu », incite l’enseignant en voyant les premiers résultats.

Une enseignante pilote, un proviseur convaincu

La séance est convaincante au vu de l’intérêt manifesté par ces élèves phosphorant. Mais comment ces supercalculatrices baptisées TI-Navigator, prêtées depuis trois ans parTexas Instruments , sont-elles entrées au cœur de la pédagogie de cet enseignant ? Pas de hasard ni de coup de force marketing pour la firme de Dallas. Le lycée Descartes d’Antony a d’abord expérimenté les calculatrices prêtées dans une classe pendant deux ans et, cette année, quatre classes en sont équipées : trois enseignants s’y sont mis et les utilisent avec trois classes de seconde et une de terminale S. Un travail sur la durée qui a commencé par un contact privilégié, celui de Lydia Misset.

Ce professeur de mathématiques n’a pas été choisie au hasard par Texas Instruments pour devenir « testeur ». Sur le point de partir en retraite, cette passionnée de pédagogie, auteur de plusieurs ouvrages de remédiation en mathématiques utilisant notamment les nouvelles technologies, vend aujourd’hui des formations TICE à la région Île-de-France, en autoentrepreneur. Le pari entre l’établissement et le constructeur est simple. Contre une utilisation gratuite des calculatrices dans ses cours, l’enseignante suggère au constructeur des améliorations sur leur ergonomie, sur les menus, les contenus... Des ajustements pris en compte dans les versions ultérieures du produit.

« TI travaille avec des groupes d’enseignants pour tester les produits. Ils tiennent un rôle d’expert et, en utilisant le produit en classe, ils permettent de valider la solution et de la généraliser », explique Marie-France Lançon, responsable marketing de TI France. Françoise Nagy, le proviseur, y voit aussi son intérêt. « Ces échanges entre collègues permettent des ajustements pédagogiques pour s’adapter aux différents niveaux de seconde, première et terminale et de les faire évoluer en fonction des programmes scolaires », se réjouit celle qui depuis trois ans a équipé de 16 TBI ses 40 classes. « Seuls 4 ont été financés par la région, les 12 autres ont été achetés sur nos fonds propres », précise ce proviseur acquis à la cause des TICE.

De l’expérimentation à la généralisation

L’enseignante pilote a également fait des émules parmi ses collègues, qu’elle a formés à l’utilisation pédagogique de la TI-Navigator. Pour autant, avant d’investir dans ces calculatrices (quelque 150 € l’unité en achat groupé), le proviseur a souhaité qu’une équipe d’enseignants se montrent motivée pour prendre la relève de Mme Misset. Deux jeunes professeurs de mathématiques, arrivés cette rentrée, viennent la conforter dans cette voie.

« Pour l’instant, les élèves signent un contrat de prêt pour utiliser la calculatrice chez eux et en cours pour un an. Si nous nous équipons, nous serons amenés à les faire acheter par les familles, en utilisant le fonds social pour celles qui ne peuvent pas financièrement », mentionne Françoise Nagy. Elle anticipe sur d’autres aspects : « Pour passer de cette échelle expérimentale à une généralisation, il faut aussi savoir quelles filières on choisit : S, ES, STG ? Notre principal problème avec les TICE est que nous ne disposons pas de personnel suffisant pour assurer la maintenance du matériel. Celle-ci est prise en charge par un enseignant qui peut se libérer quelques heures et par un technicien d’une société privée une demi-journée par semaine. »

Une fonction encore inexistante dans les établissements au moment où la région Île-de-France généralise les ENT (environnements numériques de travail) dans tous ses lycées. Texas Instruments assure, elle, le service après-vente de son produit avec le téléchargement gratuit des mises à jour du logiciel. Améliorées avec les retours des enseignants… Une strategy business apparemment bénéfique pour les uns et les autres.


Profs et élèves, premiers promoteurs de la TI-Navigator

Si l’énoncé de maths n’a rien de révolutionnaire et rappelle les cours d’antan, les calculatrices que manipulent studieusement les élèves sont de véritables petits ordinateurs. Leurs grandes capacités de programmation permettent de concevoir de petits programmes informatiques, des algorithmes complexes, de la géométrie en jouant avec les variables à l’infini, des fonctions… et même de télécharger des jeux comme l’ont déjà expérimenté quelques élèves. Mais l’intérêt pédagogique tient davantage à la mise en réseau des TI-Navigator avec l’enseignant.

« Sortir une calculatrice d’un sac est beaucoup plus rapide que d’aller dans une salle informatique à réserver, où l'on se retrouve avec les élèves de dos. Là, ils font des allers-retours entre la feuille et la calculatrice et on sait à l’instant T où en est chaque élève. Les élèves sont tous actifs. Ils savent que, s’ils ne font rien, on le sait et on peut les aider en prenant la main sur leur écran », témoigne le prof de maths.

Si les profs, qui se forment mutuellement aux fonctions pédagogiques de la calculatrice, reconnaissent une prise en main très aisée et rapide, les élèves de la génération Y sont encore plus prompts à pianoter sur leur clavier, à télécharger des applications et à fouiller dans les menus. Des arguments qui séduisent également les élèves en difficulté. « Cet outil dédramatise les choses pour eux. Même s’ils font des erreurs, ils ont le droit de faire quelque chose. » Tout est corrigeable en quelques clics et les élèves se sentent moins stigmatisés que lors d’un passage solitaire au tableau devant la classe.

« Cela change le cours. Nous serions moins sûrs de nous sans la calculatrice. Sur le livre, c’est plus conceptuel qu’avec la TI-Navigator. On comprend mieux », soutient une élève. Des arguments pédagogiques qui ont déjà convaincu le proviseur du lycée Descartes. Elle projette d’utiliser ces calculatrices pour l’accompagnement individualisé des élèves rendu possible par la réforme du lycée. « Même pour les élèves en très grande difficulté, il n’y a pas de préalable par rapport à la machine, contrairement au livre qui reste pour eux un obstacle. C’est ce qui fait la différence. Plutôt que d’accumuler des heures de cours, mieux vaut utiliser cet outil en petits groupes », témoigne Françoise Nagy.


Des vidéoprojecteurs en test dans l’académie de Créteil
L'académie de Créteil et Texas Instruments expérimentent des projecteurs DLP 3D-Ready dans deux lycées et un collège de novembre 2010 à février 2011. Trois enseignants sciences de la vie et de la terre se prêteront aux tests dans une demie douzaine de classes.


Fabienne Guimont | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires