À Toulouse School of Economics, une pétition contre un projet de master international

De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort
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L'université Toulouse 1
L'université Toulouse 1
Le projet de master international, qui ferait s'envoler les frais d'inscription, suscite l'inquiétude des étudiants qui ont peur de voir la valeur de leur diplôme dégradée. Bruno Sire, président de Toulouse 1-Capitole, rejette l'accusation d'un système à deux vitesses.

Tout est parti d'une communication mardi 10 novembre 2015. "David Alary, le directeur de l'École TSE, nous a présenté le projet de création d'un master international, enseigné en anglais, pour la rentrée 2016, en plus du master national enseigné en français, avec des frais d'inscription de 6.000 euros par an, tandis que le prix d'une L3 internationale sera fixé à 3.000 euros. Une assemblée générale des étudiants s'est réunie deux jours plus tard", raconte Paul Barrié, étudiant en L3 d'économie-maths de l'École TSE, composante de Toulouse 1-Capitole.

Paul Barrié est, avec un de ses camarades, à l'initiative d'une pétition en ligne. Les 300 signataires, à ce jour, étudiants et alumni, "craignent de voir leur diplôme se dégrader". Un mouvement que soutiennent l'Unef et l'AGEMP, fédération d'associations étudiantes.

"Nous, étudiant(e)s de la TSE nous opposons fermement à ce projet qui constitue à la fois une grande injustice et une tromperie indigne. C'est une grande injustice puisque la qualité des diplômes délivrés aux étudiants dépendra directement de leur milieu social d'origine, constituant par là même une attaque frontale à l'égalité des chances. C'est également une tromperie indigne puisque les étudiant(e)s sont entrés dans l'école (avec l'investissement personnel que cela requiert) avant tout pour pouvoir suivre les masters qui leur ont été présentés", peut-on lire notamment dans cette pétition.

Bruno Sire, président de Toulouse 1-Capitole, tempère : "Les étudiants actuellement en L3 qui seraient acceptés dans le cursus international s'acquitteront de tarifs classiques, à 256 euros par an. J'entends ouvrir le cursus classique à l'ensemble des étudiants francophones, qui n'auront pas à s'inscrire au Master international." Dans un courrier adressé aux étudiants, il assure que ces cursus internationaux sont avant tout destinés aux étudiants étrangers non-francophones.

Une maquette en cours de validation

Le principe de création de ce parcours international, et son contenu, présenté par David Alary, "a été validé à l'unanimité par le conseil d'administration de l'université, le 6 octobre 2015, après avoir été voté positivement à quelques abstentions près par le CFVU (Commission de la formation et de la vie universitaire). Nous avons ensuite obtenu du ministère un avis favorable en vue de l'accréditation de la mention de master en économie", souligne Bruno Sire.

Le vote est donc passé avant celui du conseil d'administration de l'École TSE, qui doit intervenir le 28 novembre. Une composante qui "reste maître de ses choix pour appliquer, dans ses modalités, ou même pas du tout, la décision du conseil d'administration", précise le président de Toulouse 1-Capitole. Contacté par EducPros, David Alary n'a pas donné suite. Le site de TSE présente pourtant déjà les futurs cursus. 

Bruno Sire se défend de toute rupture d'égalité. "[...] Les cursus 'classiques' offriront une palette de cours recouvrant ceux des cursus internationaux ; un étudiant inscrit dans le cursus 'classique' pourra ainsi obtenir une formation semblable, en termes d'exigence de qualité et de domaine couvert, à celle proposée dans les cursus 'internationaux'", écrit le président de Toulouse 1 -Capitole. 

"Même si les deux diplômes avaient le même contenu, le master national resterait dévalorisé devant le master international, qui sera plus reconnu à l'étranger, qui aura des réseaux dès lors plus développés... Et serait même discriminatoire vis-à-vis des étudiants étrangers, en termes de coût", estime Adrien Liénard, secrétaire général de l'Unef.


De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort | Publié le

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Roger.

Toulouse est capable d'offrir des formations de qualité internationale. Elles assurent des carrières de haut niveau à ceux qui les ont suivies. Celles ci ont un coût, et je ne vois pas pourquoi ce sont les impôts de tous (rappel, même les plus modestes paient des impôts TVA, CSG, ...) qui paient pour ces favorisés. Il serait temps que les doux universitaires aient un peu le sens des réalités.

Albert.

Ce que vous prônez là, c'est l'impôt préventif.

lacomme.

Sauf que TSE n'est pas financé par vos impots. D'autre part, payant des impots comme tout à chacun, je prefère de loin que l'on finance des universités ou des formations, que voir ceux ci versés pour soutenir telle ou telle candidature présidentiel. ou ratrapper les erreurs de nos dirigeants. Quand au mot " favorisés" revoyez vos sources. Bien des étudiants de TSE ne sont pas nantis et les sacrifices que font les parents pour participer aux études de leur enfants vallent surement vos impots. Mais vous préférez surement financer des régiments de parachutistes.

Albert.

Pourquoi ne pas faire un unique master et faire payer différemment les publics dans la même parcours : étudiants UE et étudiants hors UE et formation continue ? D'autres universités avancent plutôt sur cette voie. Quel texte permet à Toulouse d'augmenter ainsi les frais y compris pour des étudiants français issus d'une L3 locale ? Si c'est le texte du printemps dernier faisant évoluer les masters des écoles vers leur généralisation aux EPSCP, il va falloir que le ministre d'en mêle, sinon c'est la porte ouverte à toutes les dérives dans le prochain contrat quinquénnal.