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Toulouse school of economics s'invite au lycée

Catherine de Coppet
Publié le
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L'université Toulouse 1
L'université Toulouse 1

À Toulouse, un programme expérimental a été lancé à la rentrée 2014 pour mieux préparer les futurs bacheliers des sections ES aux études supérieures en économie. Une adaptation des programmes menée par la Toulouse School of Economics et le lycée Pierre-Paul-Riquet.

"Nos étudiants qui réussissent le mieux sont des bacheliers S, alors que théoriquement c'est le bac ES qui ouvre la voie aux études supérieures d'économie." C'est ce constat, dressé par David Alary, directeur par intérim de la TSE (Toulouse School of Economics), qui a poussé en 2013 l'école de l'université Toulouse 1 Capitole à répondre favorablement à la demande de l'inspecteur d'académie en charge des SES : réfléchir à une adaptation des programmes de classe ES dès la classe de première afin de mieux préparer les élèves aux études d'économie. L'inspection générale réfléchissait à ce projet avec un établissement, le lycée Pierre-Paul-Riquet, à Saint-Orens-de-Gameville, déjà en partenariat avec la faculté de droit de Toulouse-Capitole. "Notre problématique est de diversifier positivement l'orientation après la seconde, et de répondre à la demande de bons élèves, notamment en mathématiques, qui s'intéressent à l'économie", souligne Pierre Donnadieu, proviseur du lycée Pierre-Paul-Riquet, qui compte 3 classes de ES pour 7 de S.

renforcer les programmes en mathématiques

Concrètement, un groupe de travail, composé d'enseignants des deux établissements (en mathématiques et en économie), s'est réuni sur un an à raison d'une fois par mois afin de réfléchir aux ajustements nécessaires. "Nous constatons au fil des années que les étudiants ont de plus en plus de mal avec les mathématiques, qui sont au fondement de l'économie d'aujourd'hui, souligne David Alary. Nos taux d'échec en L1 stagnent autour de 40 à 50% des présents aux examens !"

De fait, les réunions entre enseignants ont permis d'établir le besoin d'un renforcement des programmes de section ES en mathématiques. "L'idée a été de piocher dans le programme de S ce qui pouvait être utile, afin d'aider les élèves à formaliser l'économie par les mathématiques", explique Jean-François Lefèvre Farcy, enseignant en sciences économiques du lycée. Les cours de mathématiques ont par ailleurs intégré plus d'exemples appliqués à l'économie. “Les échanges ont été très enrichissants, souligne Christine Maurel, maître de conférences en économie à TSE, je ne connaissais pas bien les programmes de mathématiques, et les enseignants de maths ne connaissent pas toujours l'économie.” Du côté des deux établissements, les équipes enseignantes étaient très demandeuses de ce type d'échanges.

un parcours expérimental pour 14 élèves

À l'arrivée, le lycée a pu présenter aux élèves de seconde et à leurs parents un parcours expérimental pour la première et la terminale ES, comprenant deux heures hebdomadaires supplémentaires en mathématiques, une heure de TPE d'économie axée sur les mathématiques, et une heure d'anglais supplémentaire. “Nous avons élaboré ce parcours à moyens constants, en remplaçant certaines heures d'accompagnement personnalisé, ce n'est pas compliqué techniquement”, souligne Pierre Donnadieu.

Sur 25 élèves intéressés, 14 ont été retenus, sur critères de niveau. Pour l'établissement, l'expérimentation pourrait avoir d'autres effets à plus long terme : “Aborder les mathématiques de façon différente pourrait permettre à des élèves a priori moins bons en mathématiques de se lancer...  Avec l'idée des parcours plus souples qui font dialoguer les disciplines !”, conclut Pierre Donnadieu.

"Orientation : comment adapter les outils à sa cible ?" est le thème de la conférence EducPros du 16 octobre 2014.

David Alary, directeur par intérim de TSE (Toulouse School of Economics), y interviendra.

Catherine de Coppet | Publié le

Vos commentaires (3)

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Sirius.

Cette intéressante expérience vient surtout rappeler que le bac ES est inadapté pour ceux qui veulent faire des études de haut niveau en sciences économiques ou en gestion. Car à la différence des bacs S ou L, le bac ES ne donne pas des bases solides utilisables dans les secteurs correspondants des études supérieures. Le problème est connu depuis longtemps. Mais les professeurs de "science économique et sociale" préfèrent faire de la "culture générale économique", qualitative et descriptive, plutôt qu'enseigner les bases d'une discipline, comme le font les professeurs de S et de L.

Hulou.

Le modèle économique développé par la Toulouse school of economics soutenue majoritairement par des entreprises privées descend au niveau du lycée. Cette expérimentation pose un problème de fond et mérite un débat sur l'opportunité et les finalités de cette démarche.

Nostian.

Excellente expérimentation ! Mais comment font-ils pour appliquer les programmes officiels d'accompagnement personnalisé qui obligent les professeurs à ne pas faire de l'enseignement en classe entière pendant les heures d'AP et à faire des heures d'orientation et de soutien, et qui obligent les chefs d'établissement à donner ces heures à tous les professeurs, pour compenser la baisse de leur nombre d'heures de cours dues à la réforme de 2010 ?