Un nouveau label pour les masters "ingénierie" ? L'AERES lance le débat


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Peut-on envisager, en France, un nouveau label pour les formations d'ingénieurs ? L'étude de l'AERES sur les formations universitaires menant à ces métiers, publiée le 15 décembre 2010, s'intéresse à un nouveau référentiel pour un modèle de formation d'ingénieurs propre aux universités. Une démarche peu au goût de la CTI, instance en charge de la délivrance du titre d'ingénieur.

Intitulée "Formation universitaire au métier d'ingénieur", cette étude, co-pilotée par Robert Chabbal et Alain Menand, responsable de la section Formation de l'agence, souligne ainsi la nécessité de structurer l'une des filières fondamentales menant au métier d'ingénieur : celle de l'université.

Unifier la filière universitaire menant aux métier d'ingénieur

"Il manque un certain nombre de choses à ces formations pour être au niveau des standards internationaux et bien identifiables"

Avec un objectif : unifier et mettre en cohérence ces formations encore dispersées. "Il manque un certain nombre de choses à ces formations pour être au niveau des standards internationaux et bien identifiables, explique ainsi Alain Menand. Par exemple : la spécialité doit être plus forte, les disciplines d'ouverture comme les SHS [sciences humaines et sociales] également, tandis que la formation en mathématiques ou informatique peut être réduite".

Une liste d'exigences (voir l'étude ) qui aboutit à la définition d'un référentiel, qui pourrait aboutir ... à un label.

Et c'est là que le bât blesse. La CTI (commission des titres d'ingénieurs) a immédiatement réagi (voir le communiqué ) tandis que deux directeurs d'écoles, sollicités en tant qu'experts au cours de l'étude, se sont désolidarisés de ses conclusions (voir le communiqué ).

Pourquoi créer un label supplémentaire

"Ce ne sont pas les masters d'ingénierie mais les masters scientifiques qu'il faut sauver. Et de manière générale, les masters universitaires"

"Pourquoi créer un nouveau label alors qu'il en existe déjà un ?, se demande Bernard Remaud , président de la CTI, qui a peu apprécié l'absence de consultation de son instance pour cette étude. Notre référentiel permet d'accréditer X, les écoles polytech' universitaires ou l'EPFL (école polytechnique fédérale de Lausanne) en Suisse !".

Outre la critique sur la méthode - "si le rapport avait analysé l'offre de formation universitaire existante, je veux bien qu'il apporte son analyse, mais ce n'est pas le cas" - le responsable estime surtout qu'il ne s'agit pas de la bonne question posée. "Ce ne sont pas les masters d'ingénierie [sous-entendu : qui disposent déjà d'un label, celui de la CTI] mais les masters scientifiques qu'il faut sauver. Et de manière générale, les masters universitaires, qui ont véritablement besoin de reconnaissance, de visibilité et de labels".

Pas de sujet de discorde

"La CTI fait très bien son travail mais elle ne couvre pas toute la gamme de formations aux métiers d'ingénieurs"

Au final, les deux instances se veulent consensuelles. La CTI n'est pas contre la concurrence entre les formations, indique-t-elle judicieusement dans son communiqué. "J'espère que nous trouverons un moyen de renouer la discussion", affirme également Bernard Remaud. Même son de cloche côté AERES."La CTI fait très bien son travail d'évaluation pour le titre d'ingénieur mais elle ne couvre pas toute la gamme de formations aux métiers d'ingénieurs en particulier les masters, précise Alain Menand. Il n'y a donc pas de sujet de discorde". Fermez le ban.


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