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Écoles d’art : une charte pour encadrer le recrutement des directeurs

Delphine Dauvergne
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L'Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris ©
Le dernier scandale dans les écoles d'art a eu lieu cet été 2015 avec le recrutement d'un nouveau directeur à la tête des Beaux-Arts de Paris. // ©  Sophie de Tarlé

Pour éviter les dérives concernant le recrutement de leurs directeurs, l'Andea (Association nationale des écoles supérieures d’art) a élaboré une charte de bonnes pratiques. Avec l'ambition que l'affaire des Beaux-Arts de Paris ne se réitère pas.

L'éviction de Nicolas Bourriaud des Beaux-Arts de Paris, par la ministre de la Culture Fleur Pellerin début juillet 2015, a montré la nécessité de fixer des règles pour le recrutement des directeurs des écoles d'art. Pourtant, "la publication de notre charte le jour de la nomination du nouveau directeur des Beaux-Arts de Paris est une coïncidence, car notre travail a mis 18 mois avant d'aboutir", souligne cependant Emmanuel Tibloux, président de l'Andea (Association nationale des écoles supérieures d'art).

Tous les acteurs des écoles d'art, des directeurs aux étudiants, en passant par le ministère de la Culture, ont été consultés pour la rédaction de ce document "complexe et sensible".

Cette charte vient compléter la loi, en préconisant un processus détaillé pour le recrutement. Elle donne notamment des conseils sur la composition du jury et recommande un délai d'un mois minimum pour se porter candidat au poste.

La charte établit également un référentiel métier, en listant de manière exhaustive ses responsabilités et ses compétences attendues. Parmi celles-ci, on peut citer "pratiquer une recherche théorique ou plastique dans le champ de la création contemporaine", ou encore "connaître le fonctionnement du secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche en France et à l'étranger". "Nous espérons que la description faite est suffisamment large et complète pour garder la diversité des profils des directeurs, qui fait la force des écoles d'art", remarque Emmanuel Tibloux.

éviter les nominations arbitraires

Jusqu'à maintenant, les recrutements des dirigeants s'effectuaient de manière très différente selon les établissements. "Certaines procédures manquent de transparence et possèdent des lacunes importantes. Aux Beaux-Arts de Paris, la durée du mandat n'avait pas été précisée", rappelle le président de l'Andea. Pour lui, sans aucun doute, "la question du projet artistique du directeur doit être au cœur de l'appréciation des candidatures".

Si cette charte n'a qu'une valeur de recommandation, l'association espère que le ministère de la Culture s'en saisisse pour établir une déclinaison réglementaire applicable aux écoles nationales, mais également au "monde culturel où il n'y a pas souvent de mise en concurrence de candidatures, comme on l'a vu avec la nomination de la directrice de la Villa Médicis".

Jean-Marc Bustamante à la tête des Beaux-Arts de Paris

Le choix d'un plasticien à la direction de l'ENSBA (École nationale supérieure des Beaux-Arts) est une première depuis près d'un siècle, où historiens, commissaires et administrateurs sont préférés aux artistes. Nommé le 10 septembre 2015, Jean-Marc Bustamante remplace Nicolas Bourriaud à la tête de l'école.

Jean-Marc Bustamante enseignait déjà à l’ENSBA depuis 1998 et également à l’Académie de Munich.

Photographe, sculpteur, peintre… Jean-Marc Bustamante est un artiste à la notoriété internationale, qui a représenté la France à la Biennale de Venise en 2003. Commissaire d’exposition, il a dirigé en qualité de directeur artistique le printemps de Toulouse entre 2012 et 2015.

Jean-Marc Bustamante veut "placer l’artiste au cœur du projet de l’école et accroître sa visibilité internationale". Il souhaite également "favoriser une plus grande transversalité au sein de l’école tout en respectant son identité".


Delphine Dauvergne | Publié le

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