Une grande école pour les bacs pros ouvrira à la rentrée 2010

Sylvie Lecherbonnier
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Institut Jacques de Vaucanson ? Ecole nationale supérieure d’ingénierie et de management ? Ecole des métiers ? Si le nom de la grande école destinée aux bacs pros n’est pas encore arrêté, le projet de Jean-Pierre Boisivon, professeur émérite à l’université Paris 2 Panthéon-Assas, fait son chemin. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, a apporté, lundi 8 juin, à Troyes son soutien au projet.

Piloté par le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) et dirigé par Vincent Merle, cette école ouvrira à partir de la rentrée 2010 sur quatre sites : Ile-de-France, Troyes, Lyon et Nantes. A chaque fois, une école d’ingénieurs et une école de management s’associeront pour assurer la formation : l’UTT et l’ESC à Troyes, l’INSA et l’EM à Lyon, l’Ecole Centrale et Audencia à Nantes. En Ile-de-France, le CNAM gérera seul le projet. Pour la première année, chaque site devrait compter une vingtaine d’étudiants.

Repérer les « hauts potentiels »

L’école veut « apporter la démonstration que les meilleurs élèves de l’enseignement professionnel sont capables d’atteindre un niveau d’excellence comparable à celui auquel peuvent accéder les bacheliers généraux », affirme Jean-Pierre Boisivon.

Et d’insister : « il ne s’agit ni de discrimination positive, ni de deuxième chance. Les étudiants admis seront issus d’une sélection sévère, comparable à celle opérée par les grandes écoles traditionnelles. Il en va de la revalorisation de l’enseignement professionnel dans son ensemble. Les jeunes et leurs familles refusent d’aller vers l’enseignement professionnel car ils savent que ce choix les conduit à une impasse. Si on peut leur prouver de manière crédible que l’enseignement  professionnel conduit aussi à des filières d’excellence, nous aurons gagné. »

Cinq ans en apprentissage

La sélection se déroulera en trois temps. Les lycées professionnels, eux-mêmes, seront chargés d’identifier les élèves « à haut potentiel ». Ces derniers passeront ensuite des tests, type tests de logique, et un entretien. Les bacheliers s’engageront dans un cursus en cinq ans, avec une possibilité de sortie à bac+3. L’ensemble de la scolarité se déroulera en apprentissage. Axa, Schneider-Electric Suez ou Air Liquid ont déjà fait savoir qu’elles étaient intéressées.

Les enseignants des lycées professionnels partie prenante

La maquette de la licence est en passe d’être achevée. Les deux premières années s’apparenteront à une propédeutique consacrée à l’acquisition d’une culture générale, « une formation intellectuelle et d’éducation plus qu’une formation disciplinaire. » « Nous apprendrons en marchant, confie Patrick Chedmail, directeur de l’Ecole centrale de Nantes qui insiste sur la dimension expérimentale du projet. Pendant ces années, les enseignants seront avant tout issus des lycées professionnels. En troisième année, les étudiants opteront pour une majeure ingénierie ou management, assurée elle par des enseignants du supérieur.

La maquette du master est encore à construire mais aura une architecture « plus traditionnelle ». Un « tutorat actif » sera assuré tout au long de la scolarité par des élèves des écoles partenaires. A l’issue des cinq ans de formation, l’étudiant recevra un diplôme co-habilité par cette nouvelle école et l’établissement partenaire.

A terme, Jean-Pierre Boisivon prévoit une dizaine de sites de formation sur tout le territoire. « 100 000 jeunes décrochent un bac professionnel chaque année. Si les 1 000 meilleurs rentrent dans cette école, nous aurons réussi notre pari. »


Sylvie Lecherbonnier | Publié le