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À l’université de Stanford, des étudiants partent en guerre contre l’addiction aux écrans

Hélène Labriet-Gross
Publié le
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À l’université de Stanford, des étudiants partent en guerre contre l’addiction aux écrans
C'est un cours d'éthique qui a poussé les étudiants à se fédérer en association. // ©  plainpicture/Westend61/Uwe Umstätter
REPÉRÉ DANS LA PRESSE AMÉRICAINE. Un groupe d'étudiants en informatique de l'université de Stanford tire la sonnette d'alarme et alerte contre les risques d’addiction aux téléphones portables et autres appareils connectés. Leur principale cible ? Apple. Les élèves espèrent convaincre la firme de rejoindre leur cause, détaille Inside Higher Ed.

"Klaxonnez si vous êtes accro à votre iPhone", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les étudiants qui manifestaient début mars devant le siège social d'Apple à Cupertino, en Californie, ou devant le magasin de la marque à Palo Alto, la ville voisine de l'université de Stanford.

C'est précisément dans ce prestigieux établissement que l'association SSAAD, pour Stanford Students Against Addictive Devices (les étudiants de Stanford contre les appareils addictifs) s'est créée, afin de dénoncer le caractère addictif des smartphones et autres objets connectés, rapporte un article du site d’informations spécialisées "Inside Higher Ed".

À la tête de l’association, quatre étudiants en informatique, qu'un cours d'éthique a poussé à agir. Se sentant eux-mêmes dépendants, ils ont publié sur leur site des liens vers des publications de parents, de médecins, d'actionnaires d'Apple et d'autres professionnels de la Tech qui mettent tous en garde contre les conséquences d'une utilisation excessive des téléphones portables sur la santé mentale et physique.

"Apple nous retient prisonniers"

Mais les SSAAD ont décidé de taper plus fort, en prenant directement pour cible l’un des géants de la Silicon Valley : Apple. Les demandes des militants tiennent sur un court manifeste, intitulé "Apple nous retient prisonniers". Le fabricant doit permettre aux utilisateurs d'iPhone de surveiller précisément le temps passé sur les différentes applications ; un meilleur contrôle des notifications est nécessaire et enfin, le développement d'un mode "essentiel" devrait être étudié, pour réduire l'usage du téléphone à des fonctions basiques. Loin de chercher la confrontation, les SSAAD espèrent entamer un dialogue avec Apple afin que le géant de Cupertino participe activement à ce combat contre l'addiction aux téléphones portables.

Ce n'est pas la première fois que la firme à la pomme est au cœur de la polémique sur l'addiction aux portables : en janvier 2018, deux des plus gros actionnaires d'Apple, Jana Partners et le California State Teachers’ Retirement System avaient publié une lettre ouverte, afin d'inciter l'entreprise à prendre les mesures nécessaires pour réduire le temps passé par les plus jeunes sur les téléphones portables.

Ils y faisaient référence aux travaux de recherche de Jean Twenge, professeur de psychologie à l'université de San Diego, qui lient l'usage excessif des smartphones à des états dépressifs ou d'anxiété. Interrogée sur l'action menée par les étudiants de Stanford, elle affirme qu'Apple est conscient des dangers d'un usage excessif des portables, et travaille à des solutions. Il sera en revanche beaucoup plus difficile de convaincre les réseaux sociaux : leur modèle économique dépend du temps passé à consulter ses applications.

En attendant qu'Apple agisse, le collectif étudiant suggère aux utilisateurs de surveiller leur temps d'écran grâce à l'application Moment, et de changer la palette de couleurs de leur téléphone pour des tons gris plus neutres : cela permet de réduire la production de dopamine, dont des taux élevés sont souvent signes de dépendance.

L'article d'Inside Higher Ed (en anglais)


Hélène Labriet-Gross | Publié le

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