Université Toulouse 3 : orientation active ou "sélection déguisée" ?

Simon Challier
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L'université Toulouse 3 Paul-Sabatier © UPS
L'université Toulouse 3 Paul-Sabatier © UPS
Vers une fin de crise à l'université de Toulouse 3... Les syndicats étudiants et le président de l'université ont finalement trouvé un accord sur l'orientation active. L'UNEF dénonçait une "sélection déguisée".

Vendredi 13 juin 2014, durant plus de trois heures, syndicats étudiants et université sont restés sur leurs positions. "Rien de concret n'est sorti de cette nouvelle réunion", assurait alors Romain Panza de l'UNEF. Coup de théâtre quelques heures plus tard :  un  compromis est trouvé (voir encadré).

Le sujet de la discorde : le système "d'orientation active" par entretien téléphonique mis en place depuis janvier 2014. Un conflit qui illustre les tensions qui existent aujourd'hui autour de la sélection à l'université.

Le dispositif s'adresse aux élèves de bac professionnel ou technologique voulant intégrer la filière STAPS ou STS (Sciences technologies et Santé). Plus de 800 lycéens auraient dû avoir un entretien téléphonique mais, dans les faits, seuls 400 l'ont obtenu pour le moment. L'entretien étant obligatoire, ceux qui n'ont pas répondu sont potentiellement évincés de l'université. "Si l'entretien téléphonique n'est pas réalisé, l'étudiant peut tomber sous le coup d'une interdiction administrative de s'inscrire. C'est de la sélection masquée", dénonce Romain Panza.

En réalité, la non-inscription de ces 400 étudiants n'est pas actée. "Il y aura d'autres entretiens téléphoniques. Nous en sommes au stade de l'expérimentation. Il est possible qu'il y ait eu des dysfonctionnements, nous traitons ça avec énormément de souplesse", concède Bertrand Monthubert.

Des filières à capacité limitée

L'entretien lui-même est également en cause. Le président de l'université, Bertrand Monthubert, s'en défend : "cet entretien téléphonique permet de discuter avec le lycéen de son parcours, de l'informer sur les difficultés qu'il peut rencontrer et évaluer sa motivation". "Ce n'est pas au moment de l'inscription que l'on fait de l'orientation. Les conditions de cet entretien sont condamnables", rétorque l'UNEF.

Il n'est pas anodin que ce conflit touche les filières sciences technologies et santé et STAPS. A capacité limitée, elles attirent énormément d'étudiants. Elles comptent respectivement 2.000 places et 350 (contre 900 l'année dernière). "Il y a des problèmes de budget donc l'université préfère mettre des mesures de limitation d'accès à ces filières. Elle fait des économies sur le dos des étudiants", dénonce une nouvelle fois Romain Panza de l'UNEF. Pour Bertrand Monthubert, "le droit d'accès à l'université ne doit pas se transformer en un droit à l'échec pour un certain nombre".


Un compromis trouvé Quelques heures après la fin de réunion du 13 juin, les différents syndicats (UNEF, UNL, FCPE) ont reçu un courriel de Bertrand Monthubert qui a déminé le conflit. Le président y affirme son « attachement au droit pour chaque bachelier de poursuivre ses études dans l'enseignement supérieur ».

La procédure de blocage est levée. Les lycéens qui n'ont pu bénéficier d'un entretien téléphonique au cours de l'orientation active peuvent finalement poursuivre normalement le dispositif admission post-bac. L'entretien se fera de vive-voix lors de l'inscription physique à l'université de Toulouse 3 Paul Sabatier.



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