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Idex : 21 universités dénoncent des règles du jeu faussées

Camille Stromboni
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Université de Haute-Alsace - intérieur du Campus de la fonderie
Université de Haute-Alsace - intérieur du Campus de la fonderie // ©  UHA

Les investissements d'avenir privilégient un seul format de gouvernance : celui de la fusion et des grandes métropoles, dénoncent 21 présidents d'université, signataires d'une tribune le 29 mai 2015.

Près d'un tiers des présidents d'université ont pris la plume pour s'opposer à un modèle dont ils s'estiment exclus. "Le récent résultat de la première vague de l’appel à projets du programme d’investissement d’avenir 2 [...] privilégie clairement la fusion des universités en un seul site excluant d’emblée une très grande partie des universités françaises", dénoncent-ils dans une tribune parue fin mai 2015 sur Mediapart.

Les 21 signataires, pour la plupart à la tête de petites ou moyennes universités, ont vu leurs établissements une nouvelle fois écartés de la compétition des Idex - Isite, mettant en jeu les intérêts de 3,1 milliards d'euros, dont la présélection a eu lieu en avril 2015.

Des jurys disctincts Idex - Isite pour la prochaine vague de sélection

"Les choix faits établissent clairement une volonté de concentration des moyens au profit d’universités dites de recherche 'de rang mondial' situées au sein des métropoles. Mais la politique de l’État en termes d’enseignement supérieur et de recherche ne saurait se réduire à cela !, soulignent-ils. [...] Il est urgent de rappeler qu'une autre voie existe [...] consistant à favoriser une logique de coopération, d'alliances, de coordination sur des projets partagés."

Pour assurer cette diversité de modèle, ils demandent des jurys distincts pour les appels Idex [destinés à récompenser les universités de rang mondial sur un spectre de connaissance large] et les appels Isite [pour les projets d'une échelle plus réduite] dès la seconde vague de sélection prévue en 2016.

Nous ne cherchons pas un modèle unique.
(L. Schweitzer)

Lors de son intervention au colloque de la CPU (Conférence des présidents d'université) le 29 mai 2015, Louis Schweitzer, commissaire général à l'investissement, a de son côté insisté sur la chance d'avoir réuni un tel jury "consultatif" dans les textes, "souverain" dans la pratique. "Chaque fois qu'un processus de choix s'opère, il est discuté. Et discutable, a-t-il reconnu. Mais il me paraît fidèle au cahier des charges. Et [cette présélection] montre qu'il n'y a pas un seul type de modèle possible, a-t-il à l'inverse affirmé. Nous ne cherchons pas un modèle unique."

"Quand on voit les résultats, ce n'est pas vrai, réagit Rachid El Guerjouma, à la tête de l'université du Mans et signataire du texte. Bourgogne – Franche-Comté est l'exception qui confirme la règle : aucun modèle fédéral ou regroupant des universités espacées sur un territoire et mises en réseau n'avait véritablement ses chances."

Les présidents signataires
- Mohamed Amara (université de Pau et Pays de l’Adour)
- Éric Boutin (université de Toulon)
- Michel Brazier (université de Picardie Jules-Verne)
- Roger Durand (université du Littoral)
- Rachid El Guerjouma (université du Maine)
- Anne Fraisse (université Montpellier 3 Paul-Valéry)
- Christine Gangloff-Ziegler (université de Haute-Alsace)
- Yves Jean (université de Poitiers)
- Fabrice Lorente (université de Perpignan Via Domitia)
- Francis Marcoin (université d'Artois)
- Corinne Mence-Caster (université des Antilles)
- Jean-Michel Minovez (université Toulouse – Jean-Jaurès)
- Mohamed Ourak (université de Valenciennes)
- Jean Peeters (université de Bretagne-Sud)
- Pascal Reghem (université du Havre)
- Mohamed Rochdi (université de la Réunion)
- Jean-Paul  Saint-André (président de l’université d’Angers)
- Pierre Sineux (université de Caen-Normandie)
- Danielle Tartakowsky (université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis)
- Loïc Vaillant (université François-Rabelais Tours)
- Denis Varaschin (université Savoie Mont-Blanc)

Camille Stromboni | Publié le

Vos commentaires (3)

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troll hunter.

Nico : oh le beau troll. Que des affirmations non justifiées, mélangées aléatoirement avec des choses qui n'ont rien à voir avec la choucroute La politique actuelle, c'est : "on baisse les crédits globalement de 20% mais par contre, sur ce qui reste, je donne la moitié aux trois meilleurs, maintenant battez-vous". Pour trouver que c'est positif parce que ça pousse à se "réformer", faut vraiment être lavé du cerveau. Moi aussi si on attache mon bras à une bombe et qu'on me file une scie à bois, je vais "réformer" moi-même mon bras pour m'en tirer. Après la réforme, j'aurai un bras en moins. Super la réforme.

Nico.

Ces règles ont pour but d'encourager les universités à se réformer. Actuellement, contrairement aux universités US par exemple, les universités françaises ne jouent pas un rôles prépondérant à l'international (et même au niveau national) Exemple, les USA se sont beaucoup appuyés sur les universités pour la conquête de la lune, alors qu'en France nous faisons des maquettes pédagogiques sans intérêts... On est loin de la réalité du monde d'aujourd’hui. La stratégie mie en place est donc d'encourager les universités à se regrouper dans l’espoir d’accroître leurs forces et donc leur intérêt. Certaines universités préfèrent ne rien changer pour des raisons de confort, d'ego... sans tenir compte des enjeux internationaux pour leur université. Pour ma part, je trouve logiquement que ces universités soient "sanctionnées"

Gotfers.

toutefois aux USA, c'est une logique qualitative et non quantitative qui prévaut... allez voir les effectifs étudiants d'Harvard ou de Berkeley

Sirius.

Titre inadéquat. Ces règles du jeu ne sont pas "faussées", elles sont délibérées.