Newsletter

Université : cinq espaces qui boostent la vie de campus

Sophie Blitman
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Universités : cinq lieux qui boostent la vie de campus, à Arras,  Saint-Etienne, La Rochelle, Montpellier et Saclay.
Universités : cinq lieux qui boostent la vie de campus, à Arras, Saint-Etienne, La Rochelle, Montpellier et Saclay. // ©  Université d'Artois / Gaëlle Dechamp - UdL / C.Benguigui / UM - David Richard / Hugo Noulin.
Lieux de formation, les campus universitaires sont aussi des lieux d'échanges, de culture et d'innovation. À l'occasion du colloque de la Conférence des présidents d'université sur les "Campus en mouvement" qui se tient du 25 au 27 mai à Orléans, zoom sur cinq projets reflets de cette dynamique.

#1 Les "espaces connectés" d'Artois : les pédagogies actives s'installent

Début 2016, de nouveaux espaces ont fait leur apparition à l'université d'Artois : dotées notamment de mobilier mobile, de tableaux numériques interactifs et d'écrans de projection, des "salles actives" visent à favoriser le travail en groupe et l'utilisation des nouvelles technologies. De même, les bibliothèques sont repensées pour accueillir des learning labs et des clusters dédiés aux projets collaboratifs, mais aussi des "espaces de convivialité", meublés de chauffeuses et de tables basses pour le confort des étudiants. Dix salles actives et 20 clusters sont prévus pour accueillir près de 250 étudiants sur chacun des sites.

145.000 euros ont été investis pour adapter les locaux et équiper les sites de Lens et d'Arras, avant que ne le soient ceux de Liévin, de Béthune et Douai. Comme le souligne Corinne Leblond, directrice du SCD (Service commun de la documentation) de l'université, "il est important de proposer le même type de service à tous les étudiants, quel que soit le site où ils étudient".

Espace de convivialité sur le campus de Lens.

#2 La salle de spectacle de La Rochelle : la culture sous toutes ses formes

Pièce de théâtre, concert de musique actuelle ou bal tango, forum de culture scientifique ou installation d'art numérique… La culture à l'université de La Rochelle se décline sous de multiples facettes. Depuis 2013, l'établissement possède un lieu pour accueillir ces diverses manifestations : la salle pluridisciplinaire de la maison de l'étudiant.

Totalement modulable
et dotée de moyens techniques modernes et professionnels, celle-ci a été conçue par des architectes et un scénographe dans le but d'en faire un "espace de diffusion, d’expérimentation, de projets multi et transdisciplinaires", précise Catherine Benguigui, chargée de mission à la culture et à la vie sportive et associative. Coût du projet : 3 millions d'euros pour la construction du bâtiment dans son ensemble (qui comprend aussi bureaux et salles de réunions), 600.000 euros pour les équipements.

D'autres universités possèdent leur salle de spectacle : Le Diapason à Rennes, Le Bouillon à Orléans, La Centrifugeuse à Pau, Le Hublot à Nancy, ou encore La Vignette à Montpellier 3. D'après une enquête de 2013-2014 sur l'action culturelle et artistique dans les établissements d'enseignement supérieur, "sur 60 établissements répondants, 50 déclarent avoir au moins un lieu permettant d’accueillir et de produire des spectacles".

Signe de l'importance aujourd'hui accordée à la culture dans les universités et de l'ouverture de celles-ci sur leur territoire, puisque les salles de spectacle sont des lieux de brassage des publics. Artistes, étudiants et "simples" citoyens s'y retrouvent.

La salle pluridisciplinaire de la maison de l'étudiant de l'université de La Rochelle accueille une création de musique et BD en live.

#3 (S)pace : Montpellier au service de sa vie étudiante

C'est un nouveau lieu de vie et de rencontre pour les étudiants qui a ouvert à la rentrée 2015, au cœur du campus Triolet. Fruit d'un partenariat entre le Crous et l'Université de Montpellier, (S)pace propose de la restauration rapide avec un self et des espaces cosy, mais aussi des bureaux pour les associations étudiantes, et une "fontaine numérique".

Inventé par l'ancien président Michel Robert, ce concept reprend le rôle historique de la fontaine du village où se rassemblaient les habitants pour discuter et partager des informations. "L'idée est de recréer cet esprit dans le monde moderne, avec des outils numériques", précise Sandrine Gropp, directrice du service commun de documentation de l'Université de Montpellier.

Deux écrans muraux, une table et un totem tactiles interactifs
, des douches sonores pour écouter des podcasts sans gêner ses voisins, ou encore un système de visioconférence sont à disposition des étudiants. Libre à chacun d'utiliser ces équipements pour mener son projet, jouer à des jeux vidéo, tester une application, ou tout simplement surfer sur Internet. "L'usage est complètement libre", insiste Sandrine Gropp.

(S)pace organise aussi des réunions pour les étudiants, sur les stages ou les bons plans logement, des rencontres avec de jeunes diplômés racontant leurs parcours, et des débats sur des sujets de société. Au-delà de l'investissement de départ (3 millions d'euros venant du Crous pour la construction du bâtiment et ses équipements, 90.000 euros de l'université pour la fontaine numérique), pour la première année, le budget de fonctionnement est estimé à 30.000 euros.

L'université de Montpellier a inauguré fin 2015 une fontaine numérique au sein de (S)pace.

#4 La Fabrique de l'innovation : l'entrepreneuriat au cœur de L'UNIVERSITé de Lyon-Saint-Étienne

Voilà plusieurs années que l'Université de Lyon a fait de l'entrepreneuriat l'un des points clés de sa stratégie, mais, jusqu'ici, les actions étaient éparpillées entre le pôle Pepite Beelys, les plateformes techniques, la Satt Pulsalys…

Désormais, l'UdL entend "avoir une politique coordonnée à l'échelle de la Comue sur l'innovation, l'entrepreneuriat et la créativité, en mobilisant tous les moyens et les talents dans une logique de développement territorial", explique Fanny Martin, cheffe de projet adjointe de La Fabrique de l'innovation.

Concrètement, il s'agit d'accompagner les entrepreneurs de l'idée jusqu’au marché, dans des lieux dédiés associant espaces de coworking, incubateur, fablab… Le volet immobilier du Contrat de plan État-Région prévoit un budget de 17 millions d'euros pour restaurer ou construire, d'ici à 2018, trois bâtiments sur les campus de LyonTech La Doua, de la Manufacture des tabacs à Lyon et de Carnot à Saint-Étienne.

En attendant, une préfabrique de 500 m2 a d'ores et déjà vu le jour à Saint-Étienne en janvier 2016, afin de mobiliser les acteurs. L'UdL entend y tester l'offre de services qu'elle souhaite y développer à terme : animation de workshops et ateliers de créativité, accès facilité aux plateformes techniques ou encore test de nouveaux produits par des usagers, dans une logique de living lab.

A Saint-Etienne, la

#5 Le Proto204 : un tiers-lieu collaboratif à Saclay

Depuis deux ans, l'université Paris-Sud dispose sur son campus d'Orsay d'un espace atypique, un lieu "connecteur" qui repose sur une conviction forte : le simple fait de créer du lien social peut déboucher sur des projets innovants.

Étudiants, enseignants et chercheurs, mais aussi habitants du plateau de Saclay et, au-delà, salariés et entrepreneurs, tous sont les bienvenus au Proto204, une ancienne halle technique de 200 m2, reconvertie en espace de travail collaboratif et dotée d'un petit fablab.

Porté par l'EPA (Établissement public d'aménagement) Paris-Saclay, ce tiers-lieu est ouvert à tous les publics avec une triple mission : aider à faire connaître les projets, mobiliser autour de méthodes collaboratives et identifier les tendances émergentes. Plus largement, explique son responsable, Ronan James, "l'objectif est de créer un tissu économique et social, d'amener de l'énergie créative sur un territoire."

Doté d'un budget annuel de 100.000 euros, le Proto204 reçoit 400 visiteurs par mois et organise un événement par jour, dans des domaines très variés : coding sessions, hackathon de datascience, "pop-up librairie" autour de conférences thématiques, réunions du Wawlab sur le bien-être au travail, concerts de création numérique… Prochaine étape pour Ronan James : "Rendre ce tiers-lieu mobile et aller au plus près des publics, via le Protobus."

Le Proto204 a ouvert ses portes en mai 2014 sur le campus d'Orsay.

Trois jours dédiés à la vie de campus
L'édition 2016 du colloque de la CPU se tient à Orléans du 25 au 27 mai 2016, sur le thème "Campus en mouvement". Différents ateliers doivent permettre d'aborder les aspects citoyens et économiques, les problématiques du territoire et du vivre-ensemble, mais aussi de réfléchir à la gouvernance et de se projeter dans le futur.

Sophie Blitman | Publié le

Vos commentaires (2)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
Pierre Crepatte.

Tu as raison Frédéric, mais avec tout ce qui "boost", avec toutes ces innovation techniques, qui font croire que les choses changent vraiment, on va peut être oublier que plus de 50% des étudiants de L1 échoue... il parait que c'est la moyenne européenne...

Frédéric BOULARD.

Peut-on convenir de dire ensemble un grand "Ouste à Boost" dans la presse française ? Et tant qu'on y est, "Ouste à l'Hexagone", "Ouste au "Casse-Tête de", "Ouste à Décryptage" et autres expressions franchement détestables que l'on retrouve partout comme le signe d'un appauvrissement dramatique du vocabulaire et de la pensée !