Universités du grand Ouest : la Comue Léonard-de-Vinci cherche sa place

Morgane Taquet
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Universite de La Rochelle © Camille Boulicault
Fin juin 2016, le conseil d'administration de l'université de La Rochelle a voté en faveur du principe d'une sortie de la Comue Léonard-de-Vinci. La décision doit être validée fin septembre. © Camille Boulicault
Après son échec dans la course à l'Idex, la Comue Léonard-de-Vinci a subi cet été un nouveau revers avec le départ annoncé de l'université de La Rochelle. L'avenir du regroupement, à cheval sur deux régions, est incertain.

Coup de théâtre dans le Sud-Ouest. Moins d'un an après la parution du décret constitutif de la Comue Léonard-de-Vinci, l'université de La Rochelle a claqué la porte au début de l'été, son conseil d'administration ayant voté à la majorité le principe de sortie du regroupement. Si ce départ n'est pas une surprise pour les différents acteurs, il vient compliquer un peu plus la tâche d'une Comue affaiblie par son échec dans la compétition Idex

"Nous ne sommes pas surpris, même si nous avions préféré que l'université reste", réagit Loïc Vaillant. Et le président de la Comue préfère relativiser : "La Rochelle n'était pas l'université la plus importante en termes de poids au sein de la Comue. D'ailleurs, elle devait porter peu de projets, exceptés ceux autour de l'environnement".

Le 27 septembre 2016, l'université de La Rochelle validera sans surprise la sortie du regroupement, même si elle doit attendre un an avant que son départ soit tout à fait effectif, selon les statuts de la Comue. L'établissement actera par la même occasion son entrée dans la Comue Aquitaine.

UNE RÉFORME TERRITORIALE QUI REBAT LES CARTES

En toile de fond, le redécoupage des régions, acté par la réforme territoriale en 2015, a tout changé. Désormais, la Comue Léonard-de-Vinci se retrouve à cheval sur deux grandes régions : Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire. Début 2016, le président de la région Aquitaine, Alain Rousset, avait rapidement souhaité que les universités de la Rochelle, Poitiers et Limoges, désormais dans son périmètre, intègrent la Comue Aquitaine.

"Alors que la région Aquitaine finance l'enseignement supérieur et la recherche à hauteur d'une centaine de millions d'euros par an, il n'est pas aberrant que les régions émettent des souhaits dans ce domaine", insiste Gérard Blanchard, vice-président en charge de l'enseignement supérieur et la recherche en Nouvelle-Aquitaine et ancien président de l'université de La Rochelle. Ce dernier précise toutefois que "les universités qui ne sont pas dans la Comue continueront de recevoir des financements régionaux." 

la crainte d'une diminution des crédits régionaux

Malgré cette garantie, le sujet préoccupe Alain Célérier, à la tête de l'université de Limoges, membre de la Comue Léonard-de-Vinci. "Avec l'ancienne région Limousin, nous avions signé un contrat d'objectif et de moyens à hauteur de 6 millions d'euros par an. La région Nouvelle-Aquitaine a, quant à elle, décidé de fonctionner différemment, sur appels à projets", s'inquiète le président, craignant une diminution des crédits régionaux pour son établissement.

Quant à rejoindre la Comue Aquitaine ? "Ce n'est pas du tout d'actualité, affirme Alain Célérier. Les universités ne sont pas des établissements régionaux, mais des établissements nationaux, voire internationaux. Dans ce contexte, nous avons besoin de travailler avec des universités ayant les mêmes besoins et les mêmes intérêts que nous." 

Les universités ne sont pas des établissements régionaux, mais des établissements nationaux, voire internationaux. (A. Célérier)

Un avis partagé par Loïc Vaillant. "Certes, les membres de la Comue Léonard-de-Vinci sont sur deux régions, mais nous avons un intérêt à travailler ensemble, de par nos complémentarités, de par notre histoire commune depuis les années 1980 et de par la typologie de nos universités, ancrées dans leur région, et non classées dans Shanghai !" argumente le président.

Pourquoi pas une MÉGA-COMUE AQUITAINE ?

Autre piste évoquée par Alain Rousset en début d'année, celle d'une méga-Comue Aquitaine, réunissant Limoges, Poitiers, mais aussi Tours et Orléans, implantées en Centre-Val de Loire.

"Il n'en est pas question pour le moment, réagit Loïc Vaillant. Je comprends le souhait d'Alain Rousset de n'avoir qu'un seul interlocuteur, mais il n'est pas raisonnable de faire travailler ensemble des écoles doctorales de Pau à Orléans, sur un tiers de la France ! Nous pouvons aujourd'hui imaginer des projets communs entre les deux Comues, et, dans quatre ans, nous verrons s'il faut faire une seule et grande Comue pour tous." Une proposition qui, pour l'instant, est loin de faire l'unanimité.

La Rochelle : un départ précipité ?
L'université de La Rochelle quitte le navire un an après la naissance officielle de la Comue Léonard-de-Vinci. "La raison principale de ce départ est liée à notre stratégie de développement scientifique et à nos trois axes stratégiques : l'excellence environnementale, la transformation numérique et la transition énergétique, avance Jean-Marc Ogier, son président. Dans ce contexte, nos partenariats historiques sont beaucoup plus forts avec l'université de Bordeaux [membre de la Comue Aquitaine]."

Toutefois, "il est vrai que lorsque nous avons décidé du périmètre de la Comue, les territoires régionaux n'étaient pas dessinés comme tel, personne n'avait imaginé ce découpage. Or, dans notre cas, la relation avec le territoire administratif a du sens."
Les membres actuels de la Comue Léonard-de-Vinci :
- université de Limoges
- université d'Orléans
- université de Poitiers
- université de Tours
- ISAE-ENSMA (École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique)
- INSA Centre-Val de Loire
(- université de la Rochelle) 

Morgane Taquet | Publié le

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Givé.

Voila un exemple de b...l créé par la mise en place (forcée) des nouvelles régions. Je souhaite du plaisir à l'université de Limoges (très bien soutenue par l'ancienne région du Limousin, et ce pendant quelque temps encore) lorsqu'il faudra aller chercher et négocier des aides financières auprès du grand centralisateur Bordeaux.... Comme dit l'adage populaire, "quand on veut receuillir de l'eau, il vaut mieux être près du robinet"... Vous ne me croyez pa ? Demandez à l'université de Pau....