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Universités : les présidents veulent des campus davantage ancrés sur leur territoire

Sophie Blitman
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Cette photo a remporté le concours "1, 2, 3 Campus" organisé par la CPU sur le thème des Campus en mouvement.
Cette photo a remporté le concours "1, 2, 3 Campus" organisé par la CPU sur le thème des Campus en mouvement. // ©  Université Paris Ouest Nanterre
Les présidents d’université, réunis à Orléans du 25 au 27 mai 2016 pour leur colloque annuel consacré à la vie de campus, ont mis en avant la nécessité de resserrer les liens avec les territoires afin de mieux répondre aux attentes des étudiants et personnels.

Lien social et décloisonnement : tels sont les deux concepts phares qui ont émergé du colloque annuel de la CPU (Conférence des présidents d’université), organisé à Orléans fin mai 2016.

Les débats ont été marqués par la volonté de davantage associer les acteurs du territoire à la politique des établissements, en particulier les Crous (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires).

S’appuyer sur des liens renforcés avec les CROUS…

Le colloque a d’ailleurs été l’occasion de signer, le 26 mai 2016, un accord-cadre entre la CPU et le Cnous (Conseil national des œuvres universitaires et scolaires), visant à "approfondir [les] coopérations" en matière de vie étudiante, de démocratisation et d’attractivité internationale de l’enseignement supérieur, ainsi qu'en matière d'enjeux environnementaux.

La CPU a également émis plusieurs propositions visant à renforcer les liens avec les Crous sur le plan institutionnel, sans les budgéter. Parmi elles : créer "des conférences locales d’enseignement supérieur", instituer des "schémas directeurs de la vie de campus" avec l’ensemble des acteurs. Les Crous devront être associés aux regroupements universitaires et, réciproquement, un président d’université placé à la tête du conseil d’administration des Crous.

Plus largement, la CPU suggère de mettre en place des "missions territoire-université" dans les établissements et des "conseils de la vie étudiante" au sein des municipalités. 

Il faut passer d’un modèle faculté-centré à un modèle usager-centré. 
(S.Amiard)

… Pour favoriser le bien-être des usagers du campus

Objectif de ces mesures : développer une vie de campus qui réponde mieux aux attentes des étudiants et des personnels. Vice-président numérique et patrimoine de l’université d’Angers, Stéphane Amiard estime ainsi qu’"il faut passer d’un modèle faculté-centré à un modèle usager-centré".

Cela se traduit, par exemple, par l’identification de chargés de mission "bien-être, qualité de vie sur les campus et rythmes universitaires", le développement d’"observatoires de la vie de campus, en lien avec les agences d’urbanisme, pour ajuster la politique des universités et des collectivités en fonction des besoins de la communauté", ou encore le recours à des consultations permettant l’émergence de projets participatifs.

Pour favoriser ce nouveau type de relations, les campus doivent accueillir de nouveaux "lieux, physiques et virtuels, propices à la créativité et aux projets citoyens". Il en va ainsi des fablabs, incubateurs et espaces de coworking, mais également d'autres espaces, comme des jardins partagés.

En effet, pour être indispensables aujourd’hui, les nouvelles technologies ne suffisent pas à animer une vie de campus. Comme le résume Florence Kohler, chargé de mission à la Dgesip (Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle), "le campus du futur est un campus physique doublé d’une plateforme virtuelle, avec l’humain au centre". 

Les dix propositions de la CPU pour mettre les "campus en mouvement"
  1. Rassembler tous les acteurs de la vie de campus.
  2. Créer dans chaque université une mission territoire/université qui servira d’interface pour les relations avec le territoire.
  3. Développer la présence d’entreprises sur les campus et la créativité de nos étudiants.
  4. Faire de l’université des lieux de fêtes, de curiosité, de visites et de fierté.
  5. Faire des campus des lieux ouverts et vivants toute l’année.
  6. Favoriser l’engagement des personnels dans la vie de campus et faire de la qualité de vie au travail, du bien-être et de l’engagement une partie essentielle de la politique de ressources humaines des universités.
  7. Proposer un accompagnement aux étudiants pour les aider à formaliser les compétences acquises dans le cadre de leur engagement, dans la perspective de leur insertion professionnelle.
  8. Développer et renforcer les services universitaires favorisant le lien social et la vie de campus en offrant notamment une offre large d’activités sportives et culturelles, qui tiennent compte de l'organisation du temps de travail et d’étude, ouvertes aux étudiants, personnels de l’établissement et "extérieurs".
  9. Faire des campus des démonstrateurs de dispositifs innovants en matière d’accompagnement des transitions énergétique, économique et sociale.
  10. Promouvoir de nouveaux modes de financement des campus.

Sophie Blitman | Publié le

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Vincent.

Bonjour, quand je lis le titre "les présidents veulent des campus davantage ancrés sur leur territoire" : c'est bien gentil mais n'est-ce pas contradictoire avec l'obsession des mêmes pour les classements internationaux et leur course à l'échalote pour devenir une université "global" (sans "e", ce n'est pas une fôte d'orthographe mais un emprunt à l'anglais, je ne suis pas tombé au niveau de médiocrité de l'étudiant moyen d'aujourd'hui, en cette matière). Bien cordialement, Vincent