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Upec-Upem : la fusion des universités n'aura pas lieu... pour le moment

Morgane Taquet
Publié le
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L'UPEM (à gauche) et l'UPEC (à droite) © UPEM et UPEC Nicolas Darphin
Les universités auraient dû fusionner au 1er janvier 2017. // ©  Nicolas Darphin
L'élection d'Olivier Montagne à la tête de l'université de Créteil en mars a stoppé la fusion avec l'université de Marne-la-Vallée en 2017. Un coup d'arrêt qui n'empêche pas les deux établissements de poursuivre leurs rapprochements, et d'envisager une fusion à plus long terme.

Une fusion en suspens... Les universités de Créteil et de Marne-la-Vallée ne feront pas une comme prévu au 1er janvier 2017. Voté dans son principe en juin 2014, le projet de fusion, qui formerait une université de 40.000 étudiants et 3.500 enseignants-chercheurs, était porté depuis plusieurs années par Gilles Roussel à Marne-la-Vallée et Luc Hittinger à Créteil. 

Si le président Gilles Roussel a été réélu en janvier 2016, Olivier Montagne, candidat d'une alliance de deux listes réticentes à la fusion, a succédé à Luc Hittinger au terme d'une élection mouvementée début mars.

Un résultat qui a surpris, et en premier le président de l'Upem. "Nous ne nous attendions pas à ce que Luc Hittinger ne soit pas élu. Le scénario d'un changement de présidence à l'Upec n'était pas le scénario privilégié, mais nous savions qu'il y avait des élections au milieu du processus de fusion qui marqueraient l'adhésion ou non au projet", explique Gilles Roussel. Une unification désormais stoppée net depuis l'élection d'Olivier Montagne. 

LES PROJETS COMMUNS SE POURSUIVENT 

Pour le nouveau président de Créteil, son élection marque avant tout "un refus de voir tous les dossiers menés de front", au-delà de l'arrêt du processus fusionnel.

"Il y a des composantes qui existent dans nos deux universités, des composantes sans équivalent à l'Upem, des rapprochements sont plus avancés que d'autres notamment pour les instituts d'urbanisme et pour les IAE. Nous devons évaluer ces dossiers de manière fine et distincte", justifie Olivier Montagne. 

Dans ce contexte, quel avenir pour les projets communs des universités ? Le projet de fusion s'est déjà concrétisé par un vote favorable du Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) sur l'accréditation des formations doctorales et sur l'offre de formation commune des deux universités, mais aussi par le lancement d'une école d'urbanisme commune, inaugurée en septembre 2014. 

Pour l'EUP (École d'urbanisme de Paris), issue de l'union entre l'Institut d'urbanisme de Paris à Créteil et l'Institut français d'urbanisme à Marne-la-Vallée, un nouveau montage juridique devra être trouvé. Et un mode de gouvernance sur le modèle fédéral pourrait voir le jour. "Les personnels sont dans une situation d'attente qui, nous l'espérons, sera réglée dès la rentrée prochaine", indique Olivier Montagne.

isite : Une candidature remodelée

Autre sujet au cœur des préoccupations, le projet Isite Future, porté par la Comue Université Paris-Est, retoqué à l'issue de la première vague de l'appel à projets en janvier dernier. Présélectionné, le seul projet francilien n'a finalement pas été retenu dans la dernière phase de sélection et présentera une nouvelle candidature lors de la deuxième vague. 

Le projet, dont la gouvernance s'appuyait fortement sur une université unique, doit donc être revu. "À nous de trouver des solutions originales pour travailler ensemble sur ce projet qui doit être réorienté, estime Gilles Roussel. Nous devons en particulier revoir la place de la Comue dans la présentation du projet Isite."

Optimiste, Olivier Montagne estime que l'Isite Future a toutes ses chances, "au vu des déclarations de Jean-Marc Rapp (président du jury Idex/Isite), qui fait aussi le constat que la fusion n'est pas l'alpha et l'omega. Notre projet s'appuiera sur un modèle fédéral avec une gouvernance forte. Nous devrons être très clairs au moment du dépôt du dossier, avoir déjà posé des jalons et être très précis sur les étapes à mener pour convaincre".

Certes, "la réalisation du projet aurait été plus simple administrativement avec une seule entité, ce n'est pas insurmontable mais c'est plus compliqué", assure Gilles Roussel, évoquant la réussite de l'Isite de l'université de Bourgogne.

D'autant que la pression sera intense sur les épaules des présidents : l'échec du premier tour a certainement pesé lourd dans le rejet de la candidature de Luc Hittinger à la présidence de l'Upec, un constat partagé par Gilles Roussel.

Une fusion définitivement stoppée ?

Reste à savoir si le processus fusionnel est définitivement stoppé dans un contexte de concentration croissante des établissements d'enseignement supérieur franciliens. Sur ce sujet, les présidents semblent sur la même ligne. "Nous étudions avec l'Upem toutes les possibilités de rapprochement. Ce qui n'exclut pas la fusion, mais pas dans l'immédiat", avance Olivier Montagne. "Peut-être que dans deux ans, nous en reparlerons", conclut Gilles Roussel.

Une "schola" obstacle à la fusion ?
Ces derniers mois, le processus fusionnel avait déjà connu quelques remous. En juin 2015, un projet de "schola", une organisation dépendante de la présidence et qui aurait supprimé les UFR, avait provoqué un tollé à Créteil et marqué un premier coup d'arrêt au processus fusionnel.

À l'Upec, Olivier Montagne dit avoir "pris ces remarques en compte lors de [sa] campagne, les directeurs de composantes étant très attachés au lien entre formation et recherche".

Morgane Taquet | Publié le

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