Valérie Pécresse veut contrôler les soirées étudiantes

Jessica Gourdon
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La rectrice de Poitiers Martine Daoust remet le 24 février 2011 à la ministre de l'Enseignement supérieur un rapport sur les soirées étudiantes et les week-end d’intégration.

Planquez les bouteilles de vodka ! Les soirées étudiantes pourraient bientôt être infiltrées par des inspecteurs s'assurant du bon déroulement des évènements et du respect de la législation.

C’est en tout cas une des propositions de la rectrice de Poitiers Martine Daoust , par ailleurs chargée par Valérie Pécresse d’une mission sur les soirées étudiantes et les WEI (week-ends d’intégration). Elle a été commanditée suite aux différents événements dramatiques survenus au cours de ces festivités (plaintes pour viol à l’ICN Nancy, à l’ESC Greboble ) et de divers incidents liés à la consommation d'alcool.

En confiant ce rapport (en pièce jointe) à cette docteur en pharmacie spécialiste des problèmes liés à l'alcool, la ministre de l'enseignement supérieur souhaitait afficher sa fermeté. Fin septembre 2010, elle avait déjà demandé aux recteurs d'examiner tous les WEI , et d'en annuler certains s'ils ne présentaient pas les garanties nécessaires à la sécurité des élèves.

Traquer les open bars

Les testings, proposés ce 24 février 2011 par Martine Daoust, pourraient "s’inspirer de ce qui est fait dans le cadre de la discrimination" à l’embauche. Ils permettraient de sanctionner les "open bars et la vente d’alcool au forfait", qui sont théoriquement interdits mais qui continuent à exister, comme le constate le rapport. "Les sanctions médiatisées (...) restent dissuasives ", assure Martine Daoust.

La rectrice suggère aussi que chaque événement "soit déclaré bien sûr à l’établissement, mais aussi à la mairie et/ou à la préfecture du lieu d’organisation". Objectif : faire la chasse aux organisations "sauvages" de soirées ou de WEI, qui échappent "à tout contrôle institutionnel".

Impliquer davantage les chefs d'établissements

Martine Daoust recommande aussi de former les chefs d’établissement, et de mieux les informer sur leurs responsabilités. Quand les soirées et les week-ends sont organisés "en vrai partenariat" avec les établissements et "quand les contours de la fête ont été discutés (financement, distribution d’alcool, sécurité routière, nombre de participants…), les risques de débordements diminuent", soutient la rectrice.

Un guide pourrait être rédigé dans cette perspective. Une formation spécifique des médecins universitaires, à l’ESEN par exemple, pourrait être créée « dans les domaines de repérage, de prévention, d’interventions précoces auprès des étudiants en difficulté ».

Des barmen "pros"

De même, les barmen présents dans les soirées devraient être des "pros" et non des étudiants qui ne connaissent pas bien les doses d'alcool à servir. Bien sûr, les étudiants devraient être mieux formés "à la gestion de l'ivresse". Surtout, les organisateurs des fêtes devraient être tenus au courant de leur responsabilité individuelle en cas de problèmes.


Jessica Gourdon | Publié le

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