Vers la création d'un pôle national vétérinaire

Caroline Franc
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Les quatre écoles nationales vétérinaires devraient prochainement se coordonner au sein d'un même pôle afin de répondre aux nouveaux enjeux du secteur.

Fédérer les quatre écoles nationales vétérinaires au sein d'un même pôle. Un projet d'envergure sur lequel planche Stéphane Martinot, directeur général de VetAgroSup à la demande de Mireille Riou-Canals, directrice générale de l'enseignement et de la recherche au ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt. Date de remise de son rapport : mai 2013.

"Les objectifs sont multiples, détaille Valérie Baduel, chef du service de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à la DGER : adapter l'offre de formation aux nouveaux besoins, restaurer la capacité du dispositif à satisfaire les exigences des référentiels internationaux d'accréditation et développer l'attractivité nationale et internationale de ces écoles." La réflexion s'inscrit plus globalement dans le projet de loi d'avenir agricole du ministre Stéphane Le Foll.

Un cursus parmi les plus longs d'Europe

"Les missions de la profession vétérinaire aujourd'hui se sont diversifiées", souligne Valérie Baduel. Une évolution des enseignements et de la pédagogie est par conséquent nécessaire, "pour répondre aux nouveaux enjeux de santé publique vétérinaire, de recherche, mais aussi de management et gestion". Et d'ajouter qu'au niveau international, "chaque école a sa politique partenariale, ce qui ne concourt pas à une bonne visibilité de l'offre". "En termes de durée, notre cursus actuel, de 7 ans, est parmi les plus longs d'Europe mais nous n'avons pas d'autres solutions aujourd'hui", ajoute Valérie Baduel, précisant qu'une réflexion est en cours sur "les articulations possibles avec les autres formations de santé".

Autre priorité découlant de la mise en oeuvre de ce pôle vétérinaire : un meilleur usage du numérique, afin "de permettre aux enseignants chercheurs d'optimiser leur temps et de développer l'encadrement des exercices pratiques dans le respect des exigences internationales". Le développement du tutorat en exercice rural devrait également être mis en place dès la rentrée 2013.

Vers une réforme du concours

Le ministre "souhaite par ailleurs renforcer le rôle d'ascenseur social de l'enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et paysager", souligne Valérie Baduel. Elle rappelle à ce titre que "le taux de boursiers dans les écoles nationales vétérinaires est remarquablement élevé pour de grandes écoles et également supérieur au taux moyen dans les universités. Il était de 34,55% en 2010, 36,94% en 2011 et 37,16% en 2012".

Souhaitant poursuivre une politique en faveur d'une véritable égalité d'accès à ces écoles, la DGER travaille par ailleurs à la réforme des programmes des classes préparatoires et des concours qui sera effective dès la rentrée 2013 pour les programmes et dès 2015 pour les concours. "L'objectif est de le rendre moins discriminant sur un plan social en diminuant par exemple la durée des épreuves orales qui nécessitent un voyage et un hébergement pendant plusieurs jours à Paris", détaille Valérie Baduel.

Les actions en faveur d'une meilleure coordination des quatre écoles débuteront dès cette année, prévient enfin Valérie Baduel. Les établissements ont ainsi, par exemple, déjà prévu de développer un marché commun d'achat de médicaments...

Ecole vétérinaire d'Alfort : "les rumeurs de fermeture sont infondées"
"Les rumeurs de fermeture de l'école vétérinaire d'Alfort pour des raisons budgétaires sont infondées », indique la direction de l'enseignement et de la recherche du ministère de l'Agriculture. « Il est par contre nécessaire que l'ensemble de la communauté de travail de l'école d'Alfort prenne conscience de la situation financière dégradée de cet établissement et qu'elle se mobilise », souligne Valérie Baduel. L'école prévoit un déficit de 2,2 millions d'euros en 2013.

Selon Valérie Baduel, la restauration de la santé financière de l'école passe par la mise en place d'outils de gestion performants et une démarche collective. « Nous allouons chaque année à nos écoles des crédits d'investissement et Alfort est celle qui a bénéficié du montant le plus important de tous les établissements d'enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et paysager, avec 22 millions d'euros versés de 2008 à 2012. En 2013, elle recevra encore 800 000 euros pour des travaux de mise en sécurité, signe de l'attention que porte la DGER à cet établissement », ajoute-t-elle.
L'Etudiant en direct du Salon de l'agriculture
Le Salon de l'Agriculture, qui fête cette année ses 50 ans, aura lieu du 23 février au 3 mars 2013 à Paris, Porte de Versailles. Le 25 février, deux journalistes de l'Etudiant seront en direct du Salon.

Durant toute la journée, Sophie Blitman et Sandrine Chesnel vont arpenter les allées de ce temple de l'agriculture pour vous faire découvrir les divers métiers de ce secteur : agriculteur, horticulteur, oenologue, viticulteur, technicien forestier, aquaculteur, éleveur, inséminateur, vétérinaire, conseiller agricole, ingénieur agronome, technicocommercial en agrofournitures..

Ce sera aussi l'occasion de rencontrer les écoles présentes sur le salon et leurs étudiants qui ont participé à l'organisation de cet événement.

A suivre sur letudiant.fr 

Caroline Franc | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires