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Vers une évaluation renforcée des écoles de commerce

Étienne Gless
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HEC // DR
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Lors d'une rencontre avec les directeurs d'écoles de management, la Commission d'évaluation des formations et diplômes de gestion a présenté ses nouvelles orientations et demandé aux établissements des dossiers plus précis. Mise au point.

"L'évaluation n'a de sens que si elle est comprise et intelligible". Pour Véronique Chanut présidente de la CEFDG (Commission d'évaluation des formations et diplômes de gestion, dite commission Chanut), pas question de mutiplier les critères d'évaluation. Lors d'une rencontre avec les directeurs d'écoles de management le 26 juin 2014, l'instance d'évaluation a fait part des nouvelles orientations et des nouveaux usages.

Sur l'année écoulée, la commission a examiné 45 demandes en provenance d'une vingtaine d'écoles. Un flux constant en nombre. La nature des dossiers a en revanche sensiblement évolué avec des demandes de visa pour des formations à bac +3 ou des MBA executive. "Nous devons nous prononcer sur ces nouvelles requêtes dans un contexte de regroupements, de fusion d'écoles. Cela bouscule le travail et les certitudes des évaluateurs. Nos critères vacillent un peu au vu de ces nouvelles réalités", a reconnu Véronique Chanut.

Un guide pour mieux prÉparer le dossier d'Évaluation

Néanmoins, l'heure est à la continuité du travail mené depuis la création de la commission en 2008. "Nous avons choisi la stabilisation des critères car nous avons constaté que certains d'entre eux étaient encore loin d'être compris", a observé Véronique Chanut. La CEFDG a ainsi relevé des ambiguïtés sur le recensement de publications, le périmètre des disciplines de gestion ou des malentendus sur la notion de professeur permanent.

Nous devons nous prononcer sur ces nouvelles requêtes dans un contexte de regroupements, de fusion d'écoles. Cela bouscule le travail et les certitudes des évaluateurs. (V. Chanut)

Données imprécises, dossier mal ficelé... Au total trop d'écoles négligent la préparation de leur dossier d'évaluation des formations. C'est pourquoi la commission Chanut a mis au point un guide de synthèse destiné à aider les directions des écoles et les responsables des formations évaluées à mieux construire leur dossier. Ceux-ci devront par exemple clairement distinguer les données relevant du groupe, de l'école ou de la formation. La présidente de la CEFDG a insisté sur l'obligation de produire des "éléments tangibles, fiables et factuels".  

L'insertion professionnelle, critère d'évaluation à la hausse

Forte de dossiers mieux préparés, l'instance d'évaluation pourra vérifier la conformité du programme aux standards exigés. La CEFDG veut aussi mieux évaluer la cohérence entre la logique du programme et la stratégie de l'établissement. La commission Chanut entend encore intégrer davantage la dynamique de changement à l'œuvre dans les écoles, afin de mieux tenir compte de leurs spécificités. "Nous avons des questions plus ouvertes pour capter ce qui est en train de s'inventer dans les écoles. Notre souci n'est pas d'évaluer les programmes par rapport à des critères fixés a priori mais de prendre en compte les nouvelles pratiques qui se font jour".

La commission Chanut entend enfin tenir compte davantage du critère d'insertion professionnelle. "Par le jeu des accréditations, l'effort s'est beaucoup porté sur la recherche. Mais ce critère est de moins en moins différenciant entre les écoles", confie un membre de la commission. La CEFDG sera particulièrement attentive à quatre éléments déterminants pour le placement des diplômés : l'accompagnement pendant la scolarité, le suivi de l'insertion professionnelle, le renforcement de l'implication des alumni dans la valorisation du diplôme et enfin la maîtrise accrue des réseaux sociaux professionnels. 

Les patrons d'écoles et de programmes sont prévenus : avant de plancher à l'oral devant la commission, ils vont devoir affûter leurs arguments à l'écrit !


Étienne Gless | Publié le

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Sirius.

Il est sain que l'évaluation se renforce. Il ne l'est pas que la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP) reste passive devant les écoles qui évitent l'évaluation et s'approprient irrégulièrement le titre de Master. C'est pourtant ce qu'à confirmé sa directrice, Mme Bonnafous, lors de cette réunion.