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Qui sont les profs stars des écoles de commerce ?

Baptiste Legout
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Jean-Luc Arrègle (©EM Lyon), Rodolphe Durand (©HEC), René Garcia (©Edhec) et Louis Eeckhoudt
Jean-Luc Arrègle (©EM Lyon), Rodolphe Durand (©HEC), René Garcia (©Edhec) et Louis Eeckhoudt // ©  IESEG

Décharges de service, primes à la publication, rémunération attractive, encadrement de doctorants triés sur le volet… Les écoles de commerce offrent des ponts d’or aux enseignants-chercheurs les plus en vue pour booster la réputation académique de leurs établissements. EducPros est allée à la rencontre de quatre professeurs stars et de leur directeur de la recherche. Des entretiens qui dessinent la stratégie des business schools pour gagner la guerre des étoiles.

Facile de publier dans les meilleurs journaux ? Loin de là, à en croire Rodolphe Durand, professeur de stratégie à HEC depuis quinze ans. Le chercheur a beau avoir publié de manière répétée dans des journaux d'excellence, il a aussi connu quelques moments difficiles, comme il en témoigne lorsqu'on l'interroge sur son expérience : “Il m'est déjà arrivé d'avoir trois articles rejetés le même mois au troisième tour, c'est dur.”

Avec des taux de rejet allant de 70 à 95% dans les meilleures revues, publier est un sport de haut niveau. “C'est un travail laborieux et artisanal, nous explique ainsi le professeur d'HEC. Si on arrête à un moment, c'est presque impossible de revenir dans la course, car on aura interrompu ce processus de sans cesse relancer de nouvelles idées et collaborations.”

Cette opinion n'est pas un cas isolé. René Garcia, de l'Edhec, la partage. À ses yeux, les chercheurs n'ont rien à envier aux athlètes. “Comme pour Lavillenie, qui essaye de passer six mètres à chaque sortie, cela demande énormément d'effort. Il y a le talent, mais surtout le travail.”

Si on arrête à un moment, c'est presque impossible de revenir dans la course.
(R. Durand)

Une course de fond

Tous les chercheurs sont d'accord : il est difficile de travailler sur plus de cinq ou six articles en même temps. Entre la collecte de données, l'écriture et les nombreux tours de relecture, publier prend toujours énormément de temps, comme s'en amuse Louis Eeckhoudt, professeur à l'Ieseg. “Comme exemple extrême, j'ai publié en 2013 un papier très court de cinq pages que j'avais mis cinq ans à écrire.”

Une durée qui fera sourire René Garcia, habitué aux cas les plus cocasses : “Entre le moment de l'idée du papier et celui de publier l'article, il peut se passer trois ou quatre ans. Mais parfois, c'est beaucoup plus long. Quand j'étais étudiant en thèse, j'ai écrit un article que je n'ai pas réussi à passer et que j'ai dû laisser de côté. Dernièrement, la thématique est revenue à la mode, je l'ai ressorti, retravaillé et enfin publié, plus d'une vingtaine d'années plus tard."

Qui sont les profs stars des écoles de commerce ?

Enseignant 2013 2012 Total École
EECKHOUDT Louis 3 2 5 IESEG
THESMARD David 3 1 4 HEC
ARREGLE Jean Luc 2 2 4 EM Lyon
LELEU Hervé 3 1 4 IESEG
DURAND Rodolphe 1 2 3 HEC
FOUCAULT Thierry 1 2 3 HEC
VIEILLE Nicolas 3 0 3 HEC
LIOUI Abraham 2 1 3 EDHEC
MARTI Ignasi 2 1 3 EM Lyon
ZHOU Wei 2 1 3 ESCP Europe
DUBOIS David 0 2 2 HEC
DUSSAUGE Pierre 1 1 2 HEC
HEGE Ulrich 1 1 2 HEC
PACHECO DE ALMEIDA 1 1 2 HEC
PEYRACHE Eloïc 2 0 2 HEC
ROSENBERG Dinah 2 0 2 HEC
TOMALA Tristan 1 1 2 HEC
VALTA Philip 0 2 2 HEC
BOEHMER Ekkehart 2 0 2 EDHEC
GARCIA René 0 2 2 EDHEC
LOPEZ DE SILANES Florencio 2 0 2 EDHEC
MELLA-BARRAL Pierre 2 0 2 EDHEC
PALOMINO Frederic 2 0 2 EDHEC
MILLER Toyah 2 0 2 EM Lyon
LE GRAND François 1 1 2 EM Lyon
OLIVEIRA Fernando 1 1 2 ESSEC
KRESTENS Kristiaan 1 1 2 IESEG
CAYLA Julien 1 1 2 KEDGE
BEL Roland 1 1 2 KEDGE
BODAS FREITAS Isabel-Maria 2 0 2 GRENOBLE EM
DE BODT Éric 1 1 2 SKEMA
SCHUMACHER Ingmar 0 2 2 IPAG

Nombre d’articles publiés dans des revues de catégories 1 et 1* en 2012 et 2013 par professeur. Données recueillies dans le cadre du palmarès des grandes écoles de commerce de L’Etudiant.

Revues scientifiques : à chacun sa classification
Afin d'évaluer la recherche dans les domaines de la gestion et du management, les milieux académiques ont mis au point des "classements" des revues. En France, les listes les plus connues et utilisées sont celles de la Fnege et du CNRS. Elles comptent chacune cinq catégories allant de la note 4 (la plus faible) à la note 1 (la plus forte) auxquelles s'ajoute une catégorie spéciale, notée 1* ou 1eg, selon la liste, et qui réunit quelques journaux d'excellence. Ces listes sont notamment utilisées par la CEFDG pour attribuer le grade de master, et par les différents organismes de presse pour classer les écoles. À l'international, la liste FT ("Financial Times") répertorie les meilleures publications et est prise en compte pour le classement du journal. Autre classification reconnue outre-manche, celle de la fameuse London Business School.

En France, de nombreuses écoles se servent de ces listes pour attribuer des gratifications financières et des grades à leurs professeurs afin de les inciter à la recherche. Certaines institutions ont même créé leur propre liste, comme HEC, dont les revues cibles sont notées A et A+. L'EM Lyon valorise plus de 700 publications dans des champs autres que le management, telles les très connues "Nature" et "Sciences".

Baptiste Legout | Publié le

Vos commentaires (6)

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Franck Provoc.

J'aimerai pas être la place de SCHUMACHER, dernier de la liste. Liste des meilleur s. Soit. Mais dernier quand même !!!! Il n'a pas encore dû récupérer de son accident. Francki

J-P Nanteuil.

Le tableau joint aurait mérité un commentaire. Quand on additionne les publications classées 1 et 1+ sur deux ans par établissements on constate les résultats suivants : - HEC (12) domine de la tête et des épaules - L'EDHEC (6) confirme que sa stratégie de concentration sur un secteur, la finance, paie. - EM Lyon (4) maintient une bonne place - L'IESEG (3) est à une place qui explique que son irruption récente dans le peloton de tête des écoles est mérité -Kedge (2) vient à une place honorable - Mais le scoop de ce tableau est de voir l'ESSEC (1) et l'ESCP(1) reléguées au même rang que GEM, SKEMA et…l'IPAG avec douze fois moins de publications de premier niveau qu'HEC.

Bourbon.

La gente féminine est bien représentée ! Hallucinant...

Marie.

Tout à fait d'accord avec votre remarque. Ce n'est pas parce que les hommes sont les plus visibles qu'ils sont les plus légitimes. Avec le site Expertes.eu, EducPros, vous n'avez plus d'excuses ! http://expertes.eu

Sylvie Lecherbonnier - EducPros.

Nous avons parlé des Expertes sur EducPros :http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/lancement-des-expertes.html et le fait qu'il n'y ait que des hommes n'est pas une volonté d'EducPros mais le reflet d'une réalité qu'on ne peut que déplorer avec vous. Nous nous sommes basés sur les résultats de production des chercheurs et il n'y a que des hommes dans le haut du tableau.

Givé.

- Récemment, dans une commission de recrutement à l'université, on ne comparait plus les articles publiés (et ce qu'ils contenaient)... mais les revues dans lesquelles ils étaient publiés.. c'est devenu ridicule.... - Comme je le dis à mes étudiants en doctorat, l'important n'est pas seulement d'être publié mais... d'être lu ! Plus important encore de nos jours, c'est d'être répertorié dans les bases de données... Un chercheur intéressé par tel ou tel sujet, ou qu'il soit dans le monde entier, commence par faire une bibliographie à partir de bases de données, pas en compulsant les revues... Ce jeu de comparaison de revues a priori, coagulant toutes les idées reçues et les enjeux de pouvoir, est complètement "out of game" dans le monde actuel...

Thomas.

Quelles sont les revues les plus lues? Les revues americaines de haut de tableau. Du coup elles sont les plus citées et apparaissent donc plus haut dans les recherches google scholar. Le systeme a fait ses preuves...

mercanti-guérin.

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