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Aix-Marseille université : un décollage réussi, une vitesse de croisière à atteindre

Camille Stromboni
Publié le
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Aix-Marseille université - Saint-Charles - bibliothèque - décembre 2012 – ©C.Stromboni
Aix-Marseille université - Saint-Charles - bibliothèque - décembre 2012 – ©C.Stromboni

Aix-Marseille université (AMU) a fait ses premiers pas en 2012. Avec une première rentrée en septembre réussie, mais encore de nombreux challenges à relever, et d’inquiétudes à surmonter.

Un an. L’université d’Aix-Marseille, fusionnée au 1er janvier 2012, a vécu sa première année d’existence… sans encombres. «Le chantier était pourtant énorme, assure Yvon Berland, son président. Ce n’était pas juste le rassemblement des trois universités d’Aix-Marseille : nous avons créé, en très peu de temps, une nouvelle université, avec de nouveaux services, des règlements intérieurs, des procédures, etc.»

Résultat : une nouvelle carte des formations mise en place, avec notamment un cursus «sciences» unique (contre trois auparavant) et un cursus d’éco-gestion (contre deux auparavant). Une première rentrée universitaire en septembre 2012 qui s’est bien passée, hormis des problèmes de salle en sciences humaines et sociales. Et surtout : un vaste chantier en cours, connu sous le sigle «Origamu», pour organisation administrative et technique d’AMU.

Aix-Marseille université - Le Pharo - décembre 2012 – ©Camille Stromboni

L’organisation administrative d’AMU à définir

Car, si le squelette de l’université unique est fixé, avec trois niveaux (services centraux, campus, UFR), ainsi que les procédures et modes de fonctionnement globaux, tout reste à faire pour paramétrer l’administration de ce mastodonte universitaire. Le service central de la communication est l’un des rares à avoir été pour l’instant véritablement réorganisé et fusionné.

«Jusqu’en février 2013, nous sommes dans une phase de diagnostic, explique Yvon Berland. Viendra ensuite la proposition d’une nouvelle organisation. Nous la diffuserons aux personnels, qui pourront se positionner selon leurs souhaits. Sachant que ceux qui auront besoin de nouvelles compétences seront accompagnés en matière de formation.» Autre assurance faite aux personnels : aucune mobilité forcée n’aura lieu, d’un site à l’autre.

«Nous faisons les choses progressivement, relate Yvon Berland. Plus de 3.000 personnes ont été vues à ce jour, en réunion ou individuellement. Cette phase est nécessaire car il y a toujours des inquiétudes : on se demande si la fusion va bouleverser son quotidien.»

Une phase un peu crispée pour les personnels

«Le climat n’est pas très serein, avec une certaine défiance, estime de son côté Caroline Mauriat, enseignant-chercheur, élue Snesup au conseil d’administration. Les interlocuteurs et les procédures ont changé, avec un circuit de signatures qui s’est souvent allongé, tandis que nous ne voyons pas encore bien les fruits de la fusion. Nous sommes dans une phase un peu crispée, où l’on veut voir si l’on va vivre aussi bien qu’avant. Ce qui s’explique aussi par les restrictions budgétaires.»

Aix-Marseille université - Campus Saint-Charles - décembre 2012 – ©Camille Stromboni

Autre crainte soulevée par l’enseignante : celle d’être quelque peu aspiré par le fonctionnement de l’université de la Méditerranée, dont est issu le président Berland. «La fusion a souvent consisté à généraliser le fonctionnement d’Aix-Marseille 2, souffle Caroline Mauriat. Sur les procédures d’attribution des primes des enseignants-chercheurs, l’organisation du temps de travail ou la communication entre personnels.» Une règle qui a pu avoir ses avantages, reconnaît l’enseignante à propos de l’harmonisation du traitement indemnitaire des IATS sur le meilleur régime, c’est-à-dire celui d’U2.

Faire disparaître les trois anciennes universités

U1, U2, U3… Les trois anciennes universités demeurent en effet toujours très présentes dans le langage des personnels d’AMU. «Nous parlons encore des périmètres 1, 2 et 3», mentionne Caroline Mauriat. Ces derniers existent en effet toujours au niveau des ressources humaines, de l’informatique, etc. Rendre concrets l’identité et le sentiment d’appartenance à la grande université d’Aix-Marseille est un chantier de longue haleine qui ne fait que commencer.

Fiche d’identité d’AMU
• Nombre d’étudiants : 71.000.
• Pourcentage d’étudiants étrangers : 13%.
• Taux de boursiers : 29%.

• Nombre d’enseignants-chercheurs, enseignants, ingénieurs, techniciens et administratifs : 7.500.
• Budget 2013 : 657 millions d’euros (dont 479 millions d’euros de masse salariale).
• 118 unités de recherche.
• 12 écoles doctorales (4.500 doctorants).
• Cinq grands campus : Aix-en-Provence, Marseille-Étoile, Marseille-Centre, Marseille Timone, Marseille Luminy.

Source : AMU, chiffres 2012-2013.

Visionner notre reportage photo réalisé sur le campus Saint-Charles de l'université d'Aix-Marseille.


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