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Université d’Aix-Marseille : la fin des doublons dans l’offre de formation

Camille Stromboni
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Université d’Aix-Marseille : la fin des doublons dans l’offre de formation

Nouvelle université, nouvelle et unique carte des formations. Les cursus de l’université d’Aix-Marseille, dans leur version fusionnée, ont pris corps à la rentrée 2012. Au premier rang des disciplines concernées : les sciences et l’économie-gestion.

Une première rentrée sans doublon. La fusion des trois universités d’Aix-Marseille, réalisée au 1er janvier 2012, est devenue palpable à la rentrée de septembre 2012. Terminé les trois licences de biologie, ou de chimie et de mathématiques… qui rendaient la communication envers les lycéens souvent bien compliquée. Il n’existe plus qu’une seule faculté des sciences, contre trois auparavant, et une fac d’économie-gestion, contre deux.

Aix-Marseille université - Thierry Paul - vice-président CEVU - décembre 2012 – ©Camille Stromboni«On en rêvait… on l’a fait, sourit Thierry Paul, le vice-président CEVU d’Aix-Marseille université. Et cette première rentrée s’est très bien passée, avec désormais 40 mentions de licences et 80 mentions de masters.» Seule anicroche : la rentrée en licence de SHS (sciences humaines et sociales), qui a connu d’importantes difficultés de salles pour les étudiants. «Mais cela était sans lien avec la fusion et la nouvelle carte de formations», explique le vice-président.

La fin des doublons…


Un travail de simplification reconnu dès 2011 par l’AERES. «Le projet de fusion des trois universités a entraîné une véritable réflexion sur la cohérence de l’offre licence et un travail considérable aboutissant au regroupement de mentions. […] Les redondances qui avaient cours dans la configuration des trois universités disparaissent», écrivait l’agence.

Tout en nuançant. «D’une manière générale, la lisibilité des parcours laisse à désirer, ainsi que le jeu des options au sein d’un parcours», ajoutait l’AERES.

«Sur les licences, nous n’avons plus de grandes marges de manœuvre, estime le vice-président CEVU, seulement des ajustements. En master, on peut encore faire des efforts de lisibilité sur le nombre de spécialités.» «La carte n’est pas totalement satisfaisante, reconnaît le doyen de la faculté nouvelle d’éco-gestion, Pierre Granier. Nous pouvons encore affiner et consolider. Mais nous sommes tout de même très contents du travail accompli.»

… n’a pas été un long fleuve tranquille


Un travail qui ne s’est pas réalisé sans difficultés, d’autant plus que la nouvelle carte des formations a été dessinée… quand les trois universités étaient encore séparées !

«Nous avons essayé d’élaguer le plus possible, en limitant le nombre de parcours au sein des mentions, souligne le vice-président CEVU. Il a fallu convaincre les collègues. Cela a été un vrai combat !»

Aix-Marseille université --- Campus Saint-Charles - décembre 2012 – ©Camille Stromboni

«Cela n’a pas été un long fleuve tranquille, admet le doyen de la fac d’éco-gestion. D’autant plus chez nous, qui étions issus d’une scission datant du début des années 1970, avec des différends d’ordre politique. Bien que cette opposition initiale droite/gauche n’existe plus depuis longtemps, nous avions tout de même deux cultures très différentes, par exemple sur la place de la recherche.»

Avec un sujet particulièrement sensible : la réaffectation des enseignements entre enseignants. «Nous étions attendus au tournant», raconte le doyen d’éco-gestion. Une plate-forme a été mise en place, où chacun pouvait faire ses vœux. «Finalement, ça s’est bien passé, se réjouit-il. Mais nos équipes ont fourni un travail colossal, avec la refonte de tous les emplois du temps. C’est grâce à l’implication des personnels que nous avons réussi dans les temps. Tout le monde est sous pression, et un système qui repose sur la bonne volonté des gens, sans gratification, ne peut perdurer éternellement», alerte-t-il.

L’importance de la symbolique

Quelles ont été les autres clés de la réussite jusqu’ici ? Un long travail de discussion, pour écarter les peurs. «Si au départ certains collègues avaient le sentiment d’une fusion-absorption, les réunions et le travail en commun ont permis de surmonter les méfiances. Nous avons aussi adopté les bonnes pratiques des deux côtés», explique Pierre Granier.

Aix-Marseille université - Jean-Marc Pons - doyen de la fac de sciences - décembre 2012 – ©Camille StromboniUne attention toute particulière a été donnée à la représentation des différentes universités d’origine dans les instances. «C’est un effort dans la symbolique qui est très important, note le doyen de la faculté de sciences, Jean-Marc Pons. Je viens d’U3 [Aix-Marseille 3], mes deux vice-présidents viennent d’U1 et U2. Sur la question de l’emplacement du siège de la fac également, nous avons été attentifs. Nous nous sommes installés à Saint-Charles, centre de gravité facile d’accès et siège historique des sciences.»

«Cela a fonctionné aussi parce que tout le monde était convaincu de la nécessité de cette offre unique pour les étudiants», relève le VP CEVU.

Prochain chantier : réduire le nombre de sites pour une même formation


Reste la question délicate du nombre de sites où se déploient ces formations uniques… Car si la carte des formations semble quasiment aboutie, ce n’est pas le cas de la répartition de l’enseignement d’un même cursus entre les nombreux sites de l’université. La question se posant principalement pour la licence.

«On constate généralement une persistance de l’offre sur les sites des anciennes mentions avant leur regroupement, comme si ce regroupement n’avait été que partiellement effectué. Il s’ensuit une dissémination de l’offre», prévenait l’AERES dès 2011.

Un challenge que doit relever au premier titre la fac de sciences, issue des trois universités. «Notre offre reste très fortement multisites, peut-être trop, reconnaît son doyen, étant donné nos effectifs de licence limités. Nous devons réussir à réduire le nombre de sites par licence, ce qui permettra aux collègues d’avoir plus de temps pour s’investir dans d’autres projets. C’est le chantier des deux années à venir.»

«Cela explique la difficulté d’avoir de véritables équipes pédagogiques par mention, quand on est réparti sur de nombreux sites», note Caroline Mauriat, enseignant-chercheur en physique, élue Snesup au conseil d’administration. Une question centrale donc.

Un seul IUT depuis janvier 2013

Si les deux écoles d’ingénieurs ne font déjà plus qu’une depuis janvier 2012, les trois IUT des ex-universités d’Aix-Marseille ont, eux, fusionné en janvier 2013. La nouvelle structure compte ainsi 5.200 étudiants, 23 DUT et 45 licences professionnelles, répartis sur trois campus (Aix, Marseille Étoile, Marseille Luminy) et cinq sites (Arles, Dignes-les-Bains, Gap, La Ciotat, Salon-de-Provence).

Camille Stromboni | Publié le

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