Newsletter

Yvon Berland (président de l’université d’Aix-Marseille) : "Parmi les objectifs premiers de la fusion ne figurent pas les économies"

Camille Stromboni
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Yvon Berland - président université Aix-Marseille - ©C.Stromboni - décembre 2012
Yvon Berland - président université Aix-Marseille - ©C.Stromboni - décembre 2012

Budget de l’université 2013, poursuite de l’Idex, propositions des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche… Le président de l’université d’Aix-Marseille, Yvon Berland, fait le point sur EducPros.

Le budget de l’université d’Aix-Marseille, annoncé mi-décembre 2012, augmente de 1,83%. Comment voyez-vous 2013 ?

L’année va être difficile. C’est un budget très juste, qui ne laisse aucune marge de manœuvre. D’où les mesures prises sur la masse salariale : nous avons notamment décalé des recrutements, en accord avec les doyens.

C’est la première année que nous établissons véritablement un budget de l’université d’Aix-Marseille, après un dialogue de gestion avec les composantes. L’année précédente, le recteur s’en était chargé en compilant ce qui était prévisible en fonction des trois périmètres des universités d’avant la fusion.

Il représente 657 millions d’euros, dont 479 millions de masse salariale, 36 millions sur les investissements et 143 millions pour le fonctionnement.

Nous avions aussi eu quelques grandes surprises au démarrage de l’université unique, avec le déficit de 26 millions d’euros d’Aix-Marseille 1. En conséquence, le fonds de roulement a été fortement consommé. Nous rétablissons peu à peu la situation. Notre objectif est d’arriver à l’équilibre, c’est-à-dire d’arrêter de piocher dans ce fonds et d’inverser la tendance d’ici à 2014.

Combien de postes devraient vous être attribués dans les 1.000 emplois distribués aux établissements pour la réussite en licence [800 répartis en décembre, 200 restants]?

7 postes. Cette masse salariale supplémentaire qui nous arrive est une bonne chose : elle montre l’attention que l’État porte à ce que nous avons fait. Quant à savoir si cela répond aux besoins de la fusion, évidemment non.

Plutôt que d’économies, faut-il parler pour l’instant des coûts d’une fusion ?

Effectivement, jusqu’ici la fusion représente un coût, que nous estimons à 5 millions d’euros. L’harmonisation des systèmes d’information, de la politique indemnitaire – alignée sur le système le plus favorable –, le changement de nom, les nouveaux brevets à déposer, etc., c’est une addition de coûts.

Mais ce n’est pas une surprise : parmi les objectifs premiers de la fusion ne figurent pas les économies.

«Certaines propositions des Assises m’ont rendu furieux» (Y. Berland)

Où en est l’Idex d’AMU (AMIDEX) ?

Nous avons lancé les premiers appels à projets, début octobre, sur différentes actions : par exemple un appel «Innovation», ou «Etoiles montantes» (pour les post-docs). Les équipes candidatent. Nous avons 17 millions d’euros par an à compter de 2013.

La fusion des trois universités, et le choix d’une fondation universitaire, nous ont permis d’avancer vite. Le comité de pilotage, avec les 8 partenaires, se réunit chaque mois. L’Idex est également en charge des Labex, qui se mettent en place eux à vitesse variable.

Que pensez-vous des propositions issues des Assises ?

Certaines propositions m’ont rendu furieux, précisément la n° 87 du rapport final, incompréhensible ! Cela n’a aucun sens de dire que les élections des vice-présidents CEVU [conseil des études et de la vie étudiante] et CS [conseil scientifique] se feront indépendamment du président d’université. Il n’y aura plus d’équipe, mais trois têtes aux rênes de l’université. Aujourd’hui, nous traçons la stratégie avec mes vice-présidents, qui gèrent ensuite eux-mêmes leur conseil. Nous avançons donc d’un même pas. En cassant ainsi la cohésion, c’est la mort de l’université.

Cela interviendrait en outre au moment où l’université existe enfin : jamais le projecteur n’a été autant fixé sur elle, tous les acteurs veulent travailler avec nous. Il ne faut surtout pas l’affaiblir de nouveau.

Ce qui m’agace aussi, c’est le sous-entendu récurrent d’un pouvoir absolu des présidents d’université, à l’origine de tous les maux, et qu’il faudrait abolir. Venez voir chez nous ! C’est totalement faux.

Qu’attendez-vous de la loi à venir sur l’enseignement supérieur et la recherche ?

Je souhaite qu’elle me permette de poursuivre la mise en place de l’université d’Aix-Marseille. Nous avons fait notre grande université, il me faut juste la latitude pour continuer à l’installer. Cela peut être en outre intéressant de voir quels types de collaborations cette loi pourrait proposer avec les autres acteurs et institutions. Sur ce point, je favorise tout de même le mode conventionnel plutôt que la création de nouvelles structures, toujours coûteuses.


Camille Stromboni | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires