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Baromètre 2015. Moral au bas fixe à l'université

Sylvie Lecherbonnier
Publié le
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Baromètre 2015 - moral en berne
Baromètre 2015 - moral en berne // ©  Hervé Pinel

Le baromètre EducPros sur le moral des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche est sans appel : la communauté universitaire a peu confiance en l'avenir, est stressée par les réformes en cours et mécontente des rémunérations et de l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Retour sur les chiffres marquants de cette édition 2015.

Les universitaires n'ont toujours pas le moral et l'ont fait savoir. Pour la deuxième édition du baromètre EducPros publiée en juin 2015, plus de 2.200 professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche ont exprimé leur malaise. Parmi les chiffres marquants : 70% des répondants ne sont pas enthousiastes pour l’avenir de leur établissement. Et moins d'un tiers estiment que leur travail est reconnu à sa juste valeur dans la société. Des marques d’épuisement s'expriment dans la moitié de la communauté universitaire : le sentiment de démotivation est ainsi partagé par 47% des sondés.

Plusieurs facteurs expliquent ce malaise. Les réformes tout d'abord. Moins d'un tiers des sondés trouvent que les regroupements universitaires en cours sont une bonne chose et 80% y voient une source de stress.

Baromètre EducPros 2015 - Question 22

Les conditions d'exercice du métier ensuite. La moitié des personnels de l'enseignement supérieur ont des difficultés à conserver un équilibre de vie satisfaisant. Un problème qui touche près des deux tiers des jeunes enseignants-chercheurs. Pour eux, "Publier ou procréer" devient une question existentielle mais encore largement taboue qui mine leur moral et leur bien-être.

Les salaires enfin. Le mécontentement des sondés du baromètre Educpros à ce sujet est toujours aussi fort. 72% d'entre eux ne s’estiment pas correctement rémunérés. Près de la moitié des sondés touchent des primes ou des heures complémentaires. Une manière de rémunérer les nouvelles tâches qui leur sont confiées : responsabilité d'un master, développement de l'apprentissage... Modérées, ces bonifications ne suffisent pas à combler l'insatisfaction des répondants.

Un climat difficile qui montre l'étendue de la tâche que devra relever Thierry Mandon, secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la recherche.

Beaucoup de déçus, quelques heureux
Ils sont les gagnants des réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche en place depuis dix ans. Ils sont en CDD ou CDI, occupent des postes de pilotage et ont une vision optimiste de l'avenir de leur établissement. Ce sont les nouveaux membres des équipes de direction de l'université. Un nouveau corps où plus de la moitié des répondants au baromètre EducPros se disent enthousiastes quant à l'avenir de leur établissement.
Méthodologie et résultats complets
 
Plus de 2.200 personnes ont répondu au baromètre EducPros 2015 sur le moral des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche, réalisé début avril et publié en juin.

- Les résultats complets en images
- Qui a répondu ?

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Sylvie Lecherbonnier | Publié le

Vos commentaires (1)

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Benoit.

Ironie du sort, l'enquête a été remplie par 42% d'agents non enseignants-chercheurs mais l'article se focalise comme toujours sur eux. Il ne faut pas chercher bien loin d'où peut bien venir le mal-être au travail des BIATSS et ITA,..

Claire.

Tout à fait d'accord, à quand la reconnaissance des "fonctions support" comme des universitaires à part entière?