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Baromètre EducPros 2014. Et si travailler dans l'enseignement supérieur nuisait à la santé…

Camille Stromboni, avec Sophie Blitman et Baptiste Legout
Publié le
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Baromètre EducPros 2014. Et si travailler dans l'enseignement supérieur nuisait à la santé © Hervé Pinel
Baromètre EducPros 2014. Et si travailler dans l'enseignement supérieur nuisait à la santé © Hervé Pinel

Si l’impression d’être exploité concerne la moitié des sondés de notre baromètre EducPros 2014 du moral des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche, c’est surtout le manque d’intérêt pour leur bien-être qui fait l’unanimité.

"Avez-vous le sentiment d’être exploité dans votre travail ?" Le mot, fortement chargé symboliquement, divise en deux parts égales la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a répondu à notre baromètre EducPros. Cette impression est un peu plus répandue à l’université (51%  des sondés se disent concernés) que dans les organismes de recherche (46%) ou dans les écoles (42%).

La question de la précarité est, de son côté, plus limitée dans notre panel : seulement 26% de nos sondés s’estiment précaires – les trois quarts de nos répondants sont en effet fonctionnaires ou en CDI.

En revanche, une grande majorité de la communauté (68%) souligne l’absence, de la part des établissements, de souci pour le bien-être des personnels. Cet intérêt apparaît tout de même plus présent en sciences-technologie-santé et parmi les juristes que dans les humanités (ALLSHS – arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales), où seulement un quart des sondés reconnaissent une attention de leurs employeurs envers cette problématique.

Quant à l’impact du métier sur la santé, un peu plus de la moitié des répondants (51%) estiment que l'effet est négatif. Un sentiment, une fois encore, plus fort chez les sondés des ALLSHS (7 points de plus) qu’en droit ou en sciences et technologie-santé. Les enseignants-chercheurs et chercheurs sont, de leur côté, légèrement plus touchés que les administratifs au sens large – près de 54% relèvent cet effet négatif, contre 46% des ingénieurs, techniciens et personnels administratifs et bibliothécaires.

PAROLES DE PROS (témoignages recueillis au cours de notre enquête)
"Je note globalement une dégradation des conditions de travail depuis maintenant une dizaine d'années, due essentiellement à un manque de compétences de certains cadres de l'établissement dans des domaines très pointus comme les finances ou les ressources humaines."

"La source de satisfaction : les étudiants. Les heures complémentaires : nécessaires pour arriver à vivre. Le statut de contractuel : une honte dans la fonction publique."

"Le manque de moyens se répercute gravement sur l'ensemble des personnels avec des conséquences visibles sur la santé des personnels de tous niveaux."

"J'estime être confronté à une très mauvaise gestion du personnel, ce qui se répercute dans le dialogue avec ma hiérarchie, qui n'a rien de constructif."


Camille Stromboni, avec Sophie Blitman et Baptiste Legout | Publié le

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Sandrine.

Je me reconnais entièrement dans la description de la situation par Nicolas, dans un tout autre domaine : enseignant-chercheur dans le domaine des sciences et technologies, 47 ans, 2800€/net par mois (primes comprises), 50 à 70h/semaine pendant 47 semaines/an. En plus, en discutant avec des amis de promo, je constate que les grilles salariales des différentes fonctions publiques ne sont pas du tout les mêmes, celle qui nous concerne (fonction publique de l'état, MESR) étant apparemment nettement inférieure à ancienneté et échelon identiques. Ce serait intéressant de faire l'étude. Je m'interroge...

Martin.

Enseignant-chercheur: un salaire bas pour des personnes qui ont la plus haute qualification diplômante qui soit ; aucune augmentation réelle à apercevoir; des concours à passer tout au long de la carrière pour tenter de voir ce salaire évoluer un peu et ce pour faire exactement la même chose qu'avant !!!, des missions de plus en plus diversifiées (enseignement, recherche mais aussi loin du coeur de ce métier: fonctions administratives, dossiers de plus en plus compliqués à formaliser pour obtenir la création d'un diplôme, un projet de recherche, une aide à la recherche sans que cela soit de l'argent en plus pour l'enseignant chercheur en cause mais seulement pour l'établissement...) des semaines de 70h de travail, l'urgence à tout faire comme quotidien (y compris pendant les "vacances" et "week-end"), un sous-encadrement permanent => des heures complémentaires, de la frustration dans la recherche qui en pâtit... bref aucune considération dans les lois qui organisent les statuts des personnels comme des établissements universitaires pour celles et ceux qui forment les cadres de demain !Tout cela dans l'intérêt général càd de tous aussi et avec la plus grande compétence de personnels qui ont une reéelle vocation pour un métier qu'ils aiment Un juriste, bac +8, 52 ans, 26 ans d'ancienneté, 3100 €/mois (net)pour 60 à 80 h /semaine pendant 50 semaines/an