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Baromètre EducPros 2014. L'enseignement supérieur, le mal-aimé de la société ?

Sophie Blitman, avec Camille Stromboni et Baptiste Legout
Publié le
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Baromètre EducPros 2014. L'enseignement supérieur le mal-aimé de la société ? © Hervé Pinel
Baromètre EducPros 2014. L'enseignement supérieur le mal-aimé de la société ? © Hervé Pinel

Un manque de reconnaissance général, particulièrement fort dans les universités : tel est l'un des principaux résultats du baromètre EducPros 2014 réalisé auprès de plus de 2.000 professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Près des deux tiers des professionnels de l'enseignement supérieur et de la recherche estiment que leur travail n'est pas reconnu à sa juste valeur. Au sein de leur établissement et encore davantage dans la société tout entière.

Ce manque de reconnaissance sociale se révèle particulièrement criant dans les universités (70% contre 54% dans les écoles) et parmi les enseignants-chercheurs (73%, contre "seulement" 56% pour les personnels administratifs).

Les humanités à la peine

Côté disciplines, c'est dans le domaine des ALLSHS (arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales) que le manque de reconnaissance sociale se fait le plus ressentir, à 77%, soit 13 points de plus qu'en sciences dures et santé qu'en droit-économie-gestion. 

53% des sondés estiment par ailleurs que leur domaine disciplinaire n'est pas valorisé dans leur établissement. Ici aussi, les écarts d'un secteur à l'autre restent frappants : tandis que les réponses pour le droit-économie-gestion se situent dans la moyenne, dans les sciences dites "dures", seule une minorité est de cet avis (46%). En revanche, les ALLSHS souffrent d'une faible valorisation de leur discipline, pointée par 62% des sondés.

PAROLES DE PROS (témoignages recueillis au cours de notre enquête)
"Je suis dans une université de sciences dures à la base, où les sciences humaines, mon domaine, sont complètement délaissées, voire méprisées, au prétexte que nous sommes minoritaires en nombre et que les entreprises ne nous financent pas. Mais comme l'a dit une collègue à l'AERES, ‘allez essayer de vendre une thèse sur Mallarmé à Veolia’!"

"Je suis enseignant-chercheur depuis peu. […] J'aime énormément mon travail, qui est une passion."

"Je crois que les facs publiques sont un service public très important dans notre société, je suis convaincue de faire un métier utile [MCF], mais je regrette le peu de moyens accordés au service public de l'ESR."

"Pas de reconnaissance du travail des agents, quels que soient les efforts fournis et l'implication. La rémunération est fonction de l'ancienneté. Cela démotive les agents : pourquoi en faire plus que le strict minimum !? Au début de la carrière, on est fort motivé, puis cela disparaît..."

"L'impression d'être un nom dans une case d'emploi du temps, d'être une unité de masse salariale."

"En tant qu'enseignants-chercheurs, nous n'avons aucune reconnaissance de la part de la direction de notre établissement. On nous demande de faire toujours plus avec souvent moins de moyens et surtout pas de rémunération supplémentaire ! Un vrai ras-le-bol."


Sophie Blitman, avec Camille Stromboni et Baptiste Legout | Publié le

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