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Le placard avant la retraite ?

Olivier Monod
Publié le
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Évolution bloquée, budgets limités, le système n’est pas tendre non plus avec les chercheurs en fin de carrière qui n’ont pas tout sacrifié sur l’autel du nombre de publications.

Que se passe-t-il pour des enseignants-chercheurs quinquagénaires ayant décidé de ne pas sacrifier leur famille à leur carrière ? Quand les enfants gagnent en autonomie, certains aimeraient s'impliquer à nouveau dans leur vie professionnelle, comme cette maître de conférences hors classe titulaire de l'HDR, qui a travaillé toute sa vie dans une université à 200 kilomètres de sa maison, son mari et ses deux enfants. "À 50 ans passés, j'ai de nouveau du temps, mais mon dossier est jugé toujours trop faible au regard de mon âge. C'est à désespérer. J'ai passé ma carrière à assurer mon poste, à faire des allers-retours toutes les semaines, à présenter des concours pour me rapprocher de ma famille tout en développant des projets de recherche, mais pas assez. Maintenant, on me reproche de ne pas avoir fait plus de recherche. J'arrive au bout de mon énergie."

À 50 ans passés, j'ai de nouveau du temps, mais mon dossier est jugé toujours trop faible au regard de mon âge. C'est à désespérer.

Un modèle d'un autre temps

Romain Pierronnet, doctorant en sciences de gestion, élargit le sujet. "La situation est la même pour des personnes qui ont pris des responsabilités administratives pendant plusieurs années. Elles savent qu'elles ne pourront pas revenir à la recherche. Il est peu admis que les chercheurs aient des baisses de régime en termes de publications, que ce soit pour enseigner, prendre des responsabilités ou s'occuper de sa famille."

Pour Barbara Schapira, maître de conférences à Amiens, mariée à un professeur de Rennes et mère de trois enfants, le dilemme est prégnant : "La situation dure depuis 2011. Normalement, un poste de maître de conférences devrait être ouvert pour moi à Rennes cette année. Mais je postule aussi sur des postes de professeur dans des villes avoisinantes. Le choix pourrait donc être : maître de conférences dans la ville de ma famille ou professeur ailleurs... Au final, ceux qui s'en sortent sont les célibataires ou ceux dont le conjoint peut suivre. C'est un modèle d'un autre temps !"


Olivier Monod | Publié le

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