« Étude de la mondialisation des classements universitaires » (Susan L. Robertson et Kris Olds)

Fabienne Guimont et Mathieu Oui
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La Revue internationale d’éducation de Sèvres du CIEP consacre son numéro de septembre 2010 aux palmarès et classements internationaux en éducation. Du secondaire au supérieur, les contributions d’une dizaine d’experts internationaux puisent leurs exemples en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord. À l’occasion de sa sortie, nous publions en exclusivité un dossier spécial composé de synthèses sur les principaux articles et d’une interview de Jean-Marie de Ketele, consultant sur les réformes des systèmes éducatifs au Nord et au Sud. Dossier de Fabienne Guimont et Mathieu Oui 7 octobre 2010

Selon les deux auteurs, le succès des classements internationaux repose sur trois grandes explications : comme projet intrinsèque visant la responsabilisation et la transparence, comme partie d’un ensemble de stratégies de compétition et transformations des universités, et enfin comme manifestation d’un processus plus large de mondialisation qui affecte l’enseignement supérieur. Ces trois thèses développées plus longuement constituent les trois parties de l’article. C’est dans la dernière partie consacrée à la transformation du savoir au sein de la société que se trouve la réflexion la plus nouvelle sur ces questions.

Les classements : un enjeu économique lourd

Kris Olds y aborde la question de l’enjeu économique de la collecte des données pour les sociétés spécialisées dans la fabrication des classements. Il s’interroge sur le manque d’intérêt général ou d’informations collectées auprès des principaux acteurs des rankings, ceux qui les produisent, à savoir les entreprises privées comme Elsevier (créateur de Scopus), Thomas Reuters (ISI Web of Knowledge) ou encore Quacquarelli Symonds (QS) et TSL Education. Pourquoi ces sociétés introduisent-elles une logique de classement annuel là où les gouvernements réalisent des enquêtes sur des intervalles plus longs ? Réponse de Kris Olds : ces données, de plus en plus nombreuses et lourdes à gérer pour les universités (70 champs de données à remplir pour le classement de QS), nourrissent des bases de données qui peuvent alimenter le développement de services supplémentaires payants. L’objectif des entreprises « consisterait donc à utiliser les résultats des classements internationaux annuels pour mettre à jour des bases de données payantes et consolider l’expertise interne desdites entreprises. »

Émergence de réseaux

En conclusion, les auteurs mettent en évidence l’émergence de réseaux de pouvoir et d’expertise et l’effet de démultiplication de l’influence des classements (ou amplification de la vague pour rester dans le modèle de Walby), dans la mesure où ces derniers rassemblent et connectent réseaux et institutions sociales au sein d’un assemblage nouveau en continuelle évolution.

Mathieu Oui

7 octobre 2010


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