PISA : la France a aussi instrumentalisé ses résultats

Fabienne Guimont et Mathieu Oui
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Le « choc PISA » censé s’être produit sur les politiques éducatives, en Allemagne et en Suisse notamment, suite aux mauvais résultats annoncés par l’enquête de l’OCDE sur les performances des élèves de 15 ans a-t-il eu ces effets dans d’autres pays (France, Portugal, Écosse) ? Le chercheur Xavier Pons répond dans son article à paraître dans la span style="font-style: italic;">Revue internationale d’éducation de Sèvres du CIEP et intitulé « Sociologie d’une enquête internationale dans trois pays européens (2001-2008) ».

« [Pendant cette période], PISA n’a pas constitué une source d’apprentissage politique dans les trois pays étudiés, mais un outil de légitimation d’opinions politiques préétablies. » En d’autres termes, PISA, censée servir d’outil d’aide à la décision aux États participants, a davantage été instrumentalisée par les médias ou les hommes politiques. En France, les décideurs politiques s’emparent de ses résultats, surtout à partir de 2005, alors que la presse écrite les traite à partir de 2003. Le discours sur les réformes souhaitables s’est politisé à partir de 2006.

C’est cette année que « Nicolas Sarkozy déclare retenir officiellement de PISA que “les facteurs clés de la réussite d’un système éducatif sont la qualité des enseignants, leur liberté pédagogique et l’autonomie des établissements”, autant de liens de causalité difficiles à établir à partir de la seule enquête PISA », note Xavier Pons. Son ministre de l’éducation d’alors, Xavier Darcos, se sert, lui, des enquêtes internationales pour légitimer la réforme de l’enseignement primaire.

Dans le monde académique, le chercheur note que PISA a suscité peu d’approfondissement au Portugal et en Écosse, contrairement à la France.
La DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance), opérateur de PISA en France et diffuseur de ses résultats, en critique souvent la méthodologie, comme une partie des chercheurs. Les inspecteurs généraux ne s’en sont préoccupés que très tardivement, en 2008.

Fabienne Guimont

7 octobre 2010


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